‹ L'aveugle drame en cinq actesChapitre 29 sur 85 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

SUZANNE

Oh ! que non.

' , LOUISE

Nous nous étions arrêtés, mon père, Geneviève et moi dans un village à quelques lieues de Nimes, c'était là que l’onde de Geneviève devait venir la prendre, et comme il n’était pas encore arrivé, mon père décida que nous y passerions un jour ou deux à l'attendre Le soir, nous allions nous séparer, lorsqu’on apporta à l’hôtel un jeune homme qu’on avait trouvé évanoui, mourant, près d’une tombe dans le cimetière du villâge... On se mit en quête d’un médecin, il s'en trouvait un dans l’hôtel même, c’était le docteur Darcy que des affaires appelaient à Lyon. 11 examina le jeune homme et nous dit pour nous rassurer qu'il répondait du malade bien qu’il eût essayé de s'empoisonner... Pour prévenir la famille de ce malheureux, le docteur avait dû s’informer de son nom, de sa demeure... Il avait récemment quitté Lyon et s’appelait Albert... A ce nom, je pâlis, je sentis mes jambes chanceler, j’allais tomber inanimée... ^changeant de ton.) Tu sais, je connaissais monsieur Albert...

SUZANNE, souriant.

Oui, mademoiselle, oui.

LOUISE

Pendant ce temps, elle, Geneviève était déjà au chevet du malade, lui prodiguant ses soins... Depuis, nous avons obtenu de son oncle et de mon père, que notre départ fût différé jusqu’à ce que monsieur Albert fût tout à fait hors de danger. Nous l’avons veillé l'une et l'autre, mais j’étais si émue, si tremblante, chaque fois que je m’approchais de ce lit de douleur, mon âme 'était en proie à de si cruelles angoisses... lorsque je le voyais souffrir, que je ne savais plus que pleurer et prier, taudis que Geneviève, toujours calme, toujours maîtresse d'elle même...

SUZANNE, «vec intention.

Parce qu’elle ne le connaissait pas comme vous, elle...

LOUISE

Geneviève suivait mieux que moi les prescriptions du docteur, et tu vois que c’est à elle bien plus qu’à moi, que monsieur Albert doit d’être sauvé.

SUZANNE

Excusez, mademoiselle, mais j’ai mes idées là-dessus..-.

LOUISE

Tes idées?...

SUZANNE

Oui, vous ne saviez guère soigner le pauvre malade, c’est possible... mais je crois que vos larmes lui faisaient plus de bien que les meilleures ordonnances du docteur...

L’AVEUGLE

LOUISE, troublée.

Ah ! mais il faut que j’écrive à Geneviève, je lui ai promis, lorsqu’elle nous a quittés, de lui donner des nouvelles d’Albert, il y a quinze jours que nous sommes arrivés à Nimes et je n’ai pas encore rempli ma promesse. Vile, donne-moi ce qu’il faut pour écrire?...

SUZANNE, pré» d’un petit bureau.

Voilà, mademoiselle.

• LOUISE, assise et écrivant.

tf Ma bonne Genevieve. (Geneviève parait à la porte du fond,) Ma » bonne Geneviève, je commence en vous embrassant comme » je vous aime...

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