‹ L'aveugle drame en cinq actesChapitre 46 sur 85 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

ALBERT

Je suis sans famille, et le nom que je porte est celui de ma , mère...

LOUISE

Je le savais.

ALBERT

Je n'avais qu’un seul protecteur, un seul ami, monsieur Duperrier, qui m’avait accueilli dans'sa maison ei confié sa caisse... Dieu sait combien j’étais heureux et fier de sa confiance... combien je lui étais dévoué... (a»ec emouon) combien je l’aimais!... lui!... lui!... Eli bien! un jour, Louise, un homme, dont je n’ai pu voir le visage qu'un instant, s'élait introduit dans la maison... je voulus le poursuivre, il avait disparu, et quand je revins à ma caisse, elle était forcée... cet homme avait soustrait quarante mille francs. Monsieur Duperrier m'accusa de ce vol...

LOUISE

Vous?

ALBERT

Oui, moi, moi, son... Ah! vous ne pouvez pas comprendre, Louise, tout ce qu'il y avait d’affreux, de déenirant pour moi, dans cette horrible accusation.

LOUISE

Je le comprends, Albert.

Vainement je l’implorai, je le suppliai de m’entendre... Vainement ma fierté se révolta, rien ne put le persuader, le convaincre, rien ne put toucher son cœur... ce cœur, le dernier qui eût dû m’accuser! voilà pourquoi je suis sorti, voilà pourquoi je suis allé m’agenouiller sur la tombe de ma mère, voilà pourquoi j’ai voulu mourir! >

LOUISE

Pauvre Albert !

ALBERT

Monsieur Duperrier m’a promis de garder pour lui seul l’indigne soupçon dont il in’a accablé... Celte promesse... oh ! je sais qu’il la tiendra, mais je ne pouvais pas, je ne devais pas, moi, accepter le bonheur que vous m’offrez sans vous avoir fait cet aveu. Louise, l’homme qui vous parle, et dont la main serre la vôtre, peut marcher le front haut,càr cet homme n’a commis ni lâcheté ni bassesse, li vient de vous ouvrir son cœur, il met sa destinée dans vos mains... Cette vie que vous avez sauvée, vous pouvez d’un mot la lui conserver ou la lui reprendre, et quel que soit votre arrêt, il s’y soumettra sans se plaindre.

L’AVEUGLE

LOUISE

Albert, vous êtes innocent, je le crois. (Mettant i. mais «ur *>■ eœor.) Je le sens et je vous aime.

ALBERT, tombant à genoux.

Louise! oh! tous mes malheurs sont évanouis, toutes mes souffrances sont oubliées! je suis aimé de vous, Louise : qui peut se dire maintenant aussi heureux que moi?

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