ACTE IV
ALBERT
Je sais d'avance ce que. vous allez me dire, ce que vous voudrez faire, et moi qui pour mes deux anges, n’hesiterais pas à tendre cette main qui ne peut plus travailler, j'accepterais votre cordial appui ; mais vous comprenez qu’avant d’avoir recoure même à vous, mon ami, je dois épuiser toutes mes ressources personnelles.
DARCY
Oui!... oui... je comprends cela. „
ALBERT
Eh bien, il m'en reste une... oui, par moi, ma femme, ma fille, peuvent encore être riches... j’ai un père qui ne peut pas les abandonner.
DARCY
Un père !
A qui la loi humaine n'impose aucun devoir, mais à qui la loi divine commande de donner du pain à l'enfant •qui lui doit la vie. Cet homme, d'ailleurs, a lecœur noble, généreux. 11 a été bon pour moi, il m’avait ouvert sa maison, confié sa fortune, qu’il m'offrait de partager avec lui ; la fatalité a fait de moi pour cet homme un fourbe, un voleur.
DARCY
Un voleur, vous !
ALBERT
Oh ! vous ne le croyez pas !
DARCY, lui serrant les deux mains.
Non, certes.
ALBERT
11 a pu le croire, lui. Pour aller trouver mon père, sans que Louise puisse soupçonner le but de mon voyage, il me faut un guide, et j’ai compté sur vous, docteur. Vous me conduirez à Lyon,- n’est-ce pas 1 • •
darcy.- ,
Je le veux bien, je lui parlerai, moi, à votre père.
ALBERT
Nous partirons Èientôt?
DARCY
Demain, si vous voulez. Je vais courir chez moi commander une voiture, des chevaux, puis je reviens vous trouver." Dans ' l’état d’exaltation où vous êtes, je ne veux pas vous quitter. (Revenant sur ses pas.) 11 est bien entendu que vous me laisserez parler à votre père, j’y tiens. A propos, comment se nomme-t-il?
L’AVEUGLE
Duperrier, de Lyon.
ALBERT
DARCY
Duperrier. (U regarda l'adresse de la lettre qu’il tient à la main.) C’est bien
cela.