‹ L'aveugle drame en cinq actesChapitre 62 sur 85 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

ALBERT

Je sais d'avance ce que. vous allez me dire, ce que vous voudrez faire, et moi qui pour mes deux anges, n’hesiterais pas à tendre cette main qui ne peut plus travailler, j'accepterais votre cordial appui ; mais vous comprenez qu’avant d’avoir recoure même à vous, mon ami, je dois épuiser toutes mes ressources personnelles.

DARCY

Oui!... oui... je comprends cela. „

ALBERT

Eh bien, il m'en reste une... oui, par moi, ma femme, ma fille, peuvent encore être riches... j’ai un père qui ne peut pas les abandonner.

DARCY

Un père !

A qui la loi humaine n'impose aucun devoir, mais à qui la loi divine commande de donner du pain à l'enfant •qui lui doit la vie. Cet homme, d'ailleurs, a lecœur noble, généreux. 11 a été bon pour moi, il m’avait ouvert sa maison, confié sa fortune, qu’il m'offrait de partager avec lui ; la fatalité a fait de moi pour cet homme un fourbe, un voleur.

DARCY

Un voleur, vous !

ALBERT

Oh ! vous ne le croyez pas !

DARCY, lui serrant les deux mains.

Non, certes.

ALBERT

11 a pu le croire, lui. Pour aller trouver mon père, sans que Louise puisse soupçonner le but de mon voyage, il me faut un guide, et j’ai compté sur vous, docteur. Vous me conduirez à Lyon,- n’est-ce pas 1 • •

darcy.- ,

Je le veux bien, je lui parlerai, moi, à votre père.

ALBERT

Nous partirons Èientôt?

DARCY

Demain, si vous voulez. Je vais courir chez moi commander une voiture, des chevaux, puis je reviens vous trouver." Dans ' l’état d’exaltation où vous êtes, je ne veux pas vous quitter. (Revenant sur ses pas.) 11 est bien entendu que vous me laisserez parler à votre père, j’y tiens. A propos, comment se nomme-t-il?

L’AVEUGLE

Duperrier, de Lyon.

ALBERT

DARCY

Duperrier. (U regarda l'adresse de la lettre qu’il tient à la main.) C’est bien

cela.

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