DUPERRIER, DARCY, LOUISE, GENEVIÈVE
DARCY, bat A Louise.
Le voilà, allons, du courage...
LOUISE, t’approchant.
J’en aurai, grâce à vous, docteur, grâce à Geneviève que la Providénce amène ici en même temps que nous.
GENEVIÈVE, allant à Duperrier.
Monsieur Duperrier. ,
DUPERRIER
Ah ! Geneviève, vous êtes venue ! ç
GENEVIÈVE
Oui, monsieur, je vous savais souffrant, mais je ne suis pas venue seule.
DUPERRIER
Que me voulez- vous? (n 1ère le» yeux sur Louite et la regarde arec douleur.) Louise!... vous aussi, Louise!
■ LOUISE
Oui, monsieur, la fille de votre ancien ami.
DUPERRIER
Est-ce bien vous, mon enfant, vous que j’ai vue naguère si * rayonnante de jeunesse, de bonheur! Ah! nous avons bien souffert, l'un et l’autre.
LOUISE
Oui, j’ai beaucoup souffert, mais j’ai beaucoup prié, monsieur, et la Providence semble m’avoir exaucée, puisque je soys près de vous.
Chère enfant ! ton pauvre père !... ah! c’était une âme généreuse et noble. 4
L’AVEUGLE
LOUISE
Le ciel a été miséricordieux pour lui, il l’a rappelé avant que le malheur ne se fût appesanti tout entier sur. nous. Mon père est mort sans avoir été le témoin de notre ruine, de notre misère.
DUPERRIER
Sèche tes larmes, Louise... tu as retrouvé la tendresse d’un père, tu peux compter sur moi. (Regardant Darcj, po» Louise. ) Et ton enfant, pourquoi n’est-il pas là?
DARCY. r . >'■ 1
Parce qu’elle a aussi son mari, avec qui est la petite.
DUPERRIER
Amenez-les donc...
LOUISE
Oui, monsieur, oui, mais...
DARCY
Mais... pas tous les deux à la fois.
Si fait... je le veux...
DARCY
Vous voulez! encore? Je suis médecin, monsieur, et je règle les doses. Je vais d’abord chercher l’enfant, (Allant h n porto du fond.) Viens, petite, viens! i
JULIETTE, entrant.
Me voilà, monsieur!
LOUISE, la conduisant auprès de Duperrier.
Ma fille, monsieur !
DUPERRIER, la prenant dans ses bras.
Chère petite, comme elle est jolie! (il l'embrasse.)
JULIETTE
Merci, monsieur.
DUPERRIER , la regardant attenti rement.
Oui... très-jolie... C’est... c’est singulier... jç retrouve dans ses traits comme un vague souvenir. (Darcj et Louise se pressent la main.) Oui, une ressemblance étrange!
DARCY, doucement.
Monsieur... Vous dites... - -,
DUPERRIER, étonné.
Ces yeux... ce regard...
DARCY
Et la bouche et le nez aussi ; ressemble beaucoup à son
père, (il remonte doucement.)