‹ L'aveugle drame en cinq actesChapitre 80 sur 85 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

DUPERRIER, bat,.

lin sacrifice!...

ALBERT

Il m’accusait d’une faute que je n’avais pas commise, d’un crime dont je ne m'étais pas souillé; et, pour qu’il me rouvrit ses bras, il fallait m’en avouer coupable!... Il voulait bien me rendre sa tendresse, mais il fallait la payer d’une honte!... Est-ce que c'était possible, dites?...

LOUISE

Albert!... mon ami...

ALBERT

Oh! je ne peux pas lui en vouloir. Un concours de circonstances incroyables, les preuves les plus accablantes, tout me condamnait. Je ne pouvais invoquer que vingt-quatre années d'une vie irréprochable; je n’avais, pour me défendre que des protestations et des larmes...

DARCY, lion de loi.

Et il a pu ne pas vous croire !

ALBERT, avec dignité.

Il a fait ce qu’il devait faire, mon ami. Persuadé, convaincu de mon crime, il m’a offert un pardon en échange d'un aveu! Dites-moi donc quel cœur eût agi plus noblement?

DUPERRIER, bat et tendant le» maint vers Albert.

C’est lui qui me défend encore!... Oh! c'est bien, mon fils, c’est bien !

Depuis ce temps, le malheur a épuisé toutes nos ressources, toutes mes forces, tout mon courage. Et, bien qu’il m'ait chassé, lui, c'est en lui seul que j’espère. J’irai, maintenant que je ne peux plus voir la colère dans ses yeux, j’irai frapper humblement a sa porte, j'irai m'agenouiller devant lui, et je lui dirai : « L'aveu quie j'ai refusé de faire autrefois, je le fais aujourd’hui! Eh bien! oui, j'étais coupable! eh bien! oui, j'ai volé! Mais j'ai une femme, un enfant; ils sont innocents ceux-là. Montrez- vous sans pitié pour moi, mais soyez charitable pour eux!... »

DUPERRIER, ôcUtint.

Ah ! c’en est trop, Albert !

DARCT.

Monsieur...

ALBERT

Cette voix!...

DUPERRIER

Albert! Albert! mon enfant!

L’AVEUGLE

Mais c'est...

DUPERRIER

Laissez-moi! laÎ86ez-moi! docteur.

ALBERT

Mais c'est mon père !

LOUISE et GENEVIEVE,

Son père!

DUPERRIER

Oui! oui! ton père, qui t’ouvre ses bras...

ALBERT , tombant 4 genoux et tendant le* main* comme pour Chercher Doperrier.

Ah!.„ mon père! mon père!...

DARCV.

Au diable mes prescriptions! Vous avez joliment travaillé, monsieur. >

DUPERRIER, «pii a relevé Albert et qui l'embrasse.

Oh ! soyez sans crainte, docteur, ce n’est pas dans les bras de son père que Dieu viendra le frapper d’un nouveau malheur.

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