ACTE y
DUPERRIER
Et vous le portez dignement, en effet...
Aussi dignement, je pense, que pourrait le faire un homme., que vous avez, vous-même, accusé... d’un vol, je crois.
ALBERT, hor« de lui.
Monsieur!
DARCT, bas à Armand.
Dites donc, monsieur, vous savez que nous avons un petit compte à régler ensemble?
ARMAND
Parfaitement, (a Albert.) Ce n’est pas moi , monsieur, qui vous accuse. Et, si éloquentes que soient de»,., prières et des larmes, croyez que je serais enchanté de vous savoir quelque autre moyen de justification.
ALBERT
Cette justification, monsieur. Dieu n’a pas voulu me l’accorder, puisqu’il a permis que je devinsse aveugle; puisqu’il n’a pas voulu, si je rencontrais un jour le coupable, que je pusse m’écrier en le montrant du doigt : Le voilà! c’est lui! je le reconnais, car je l’ai vu un instant après le vol.
ARMANP, à part.
Que dit-il?
DUPERRIER
Tu l'as vu?
ALBERT
Oui, mon père. Au moment où il s’enfuyait par la fenêtre de la caisse, la lune éclairait son visage, et ses traits sont demeurés profondément gravés dans ma mémoire. C’était un jeune homme à peu près de mon âge. Sa vue m'avait vivement impressionné; mais, craignant que peu à peu son image s’effaçât de ma mémoire, ou peut-être pressentant le malheur qui devait m’atteindre, quelques jours avant de devenir aveugle... j’ai fait le portrait de cet homme.
ARMAND, ATM effroi.
Son portrait!
DARCT, qui le regorde.
Qu’a-t-il donc?
•DUPERRIER
Ce portrait... tu me le montreras.
DARCT.
Si on l'envoyait chercher à votre ancien atelier?
LOUISE
Oui, je puis à l’instant...
L’AVEUGLE