SCÈNE XXII
JOLLIVET, GÉDÉON, DUCROC, PÉLAGIE, puH ' EUDOX1E.
ducroc, accourant.
Cousine, la toiture est en bu... dépèchonanous.
GÉDÉON
C'est inutile, mon cher; ou n'a plu, besoin de trous!
DUCROC.
Qu'est-ce qu’il dit l'aveugle?
JOLUVET.
Aveugle!... il ne l’est plus!... mon élixir a fait sou effet !
DUCROC.
U y voit!
gédéox, l’examinant.
Mon Dieu, oui... Vous n’étes pas beau, vous... vous (les petit, vous êtes laid. ..vous étiez mieux quand je n’y voyais pas.
DUCROC.
Il y voitl
gédéox.
Comme vous dites, cousin.
DUCROC.
Cousin!
GÉDÉON
Puisque j'épouse votre cousine.
Vous ! ( Montrant Pélagie.) Elle !
JOLLIVET
Elle!... non, c'est moi !
GÉDÉON
Elle ! non, c'est lui!
DUCROC.
Lui!... Et vous?
GÉDÉON
Moi, c'est la jeune... Eudoxie.
DUCROC.
Eudosie I
PÉLAGIE
Mais c'est d'une effronterie !... Et vous avet pensé que je consentirais...
GÉDÉON
C'est la volonté de mon oncle, et vous avex toujours été si bonne pour luit PÉLAGIE.
Le pire Gloussard ?
GÉDÉON
Gloussard est une chimère 1... (Bas.) Voici le seul et unique...
Hector!
GÉDÉON
Duclivet!... qui m'a déshérité pour une personne... {Eudoxie entre.) La voilà qui eutret
PÉLAGIE
Ma nièce !
GÉDÉON
Non pas votre nièce... Toire...
Pélagie, lui mettant la main nir la bouche.
Silence, malheureux 1
GÉDÉON
, J'en étais sûr 1
ducroc, revenant à Gidion.
Et tu crois, misérable, que ça va se passer comme ça?
GÉDÉON
C’est juste!... je te dois une revanche!... Tu vas te crever les yeux, et je mettrai un foulard...
PÉLAGIE
Mon cousin, ces jeunes gens s'aiment, et des circonstances particulières...
Pendant qu'ils parlent ensemblent, Gédéon, qui cherchait son foulard, le voit dans la poche de Ducroc, et le lui enlève.
DUCROC.
Comment, vous aussi, vous approuvez!... Ah!
je n’y comprends rien... je n'y vois plus clair !
MAGASIN THEATRAL
iollitot, M présentant un flacon.
Voulei-Toiu de mon élixir?
ddchoc.
Allez au diable! C'est un duel qu'il me faut. (A Gédéon.) Monsieur, je roua attends!
GÉDÉoy.
Où çà?
DDCROC.
A Alger, où mon devoir me réclame; la France ne doit pas souffrir de mes haines particulières.
Gtoéo*.
C'est juste : la patrie a besoin de muleta ; aller la servir.
nucitoc.
Hein!... Ah! farceur! il n'y a pas moyen de se Acher avec lui... je devrais vous tuer, mais bath! j'ai fait mes preuves.
GÉDéox.
Ob ce 1... j’en suis une.
nucaoc, d part.
le tlcberai d'épouser la tante.
Généox.
Et vous, Eudoiie, êtes-vous Achée que ce ne soit pu monsieur qui...
Eunoni.
Oh t non, mais vousn’éles plus aveugle, et c’est dommage.
GdnioN.
Soyer tranquille, ça reviendra quand nous serons mariés. •
Chœur final.
Oublions infortune, son '
Non, plus de crainte importune ;
Quel bonheur inouï I
Pour toujours jf JJ" guéri.
C’est vraiment un phénomène, il v°Jis *P rt * Un * dt Couronner ™° n aroour;
Pour £>ux c’est un beau jour.
GfcDÊon , au public.
Air : Vos yeux disaient tout le contraire.
Messieurs , b votre humanité Un aveugle se recommande;
Mais ce n'est pas la charité Qu'aujourd’hui sa voix vous demande.
De vos gros sous je no veux rien ;
A votre argent bien loin que je m’adresse ,
C'est au contraire moi qui viens Vous prier d’accepter la pièce.
C'est au contraire moi...
S* interrompant.
Après ça, messieurs, si toutefois vous le von* lez bien, c'est à charge de revanche... Aujourd'hui, nous vous offrons une pièce ; demain, en retour, vous nous en apporterez d’autres, de vo» tre poche... c’est un échange... pièce pour pièce; seulement... Ah I puisque nous voilà sur ce chapitre, je vous remercie de m’avoir mis sur la voie ; permettez-moi de vous déclarer que nous ne recevons que de bonnes pièces... ( Comme si quelqu’un allait V interrompre.) Oh! je sais que vous allez me dire qu’il vous semble cependant... (fifanr.) Oui, vous avez raison... au théâtre ou reçoit quelquefois des pièces qui ne sont pas trèsbonnes, c’est vrai... [avec force) mais au bureau. .. jam&ia!... Enfin, pour aujourd'hui, c’est moi qui commence.
Chanté.
C’**t moi qui viens Vous prie» d’accepter la pièce.
Repriee.
Oublions, etc., etc.