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Dans ce bref historique nous distinguerons quatre périodes : la période légendaire, la période héroïque mais ignorante, qui se termine vers la fin du XVIII" siècle; la période scientifique, qui se confond à peu près avec le xix" siècle; enfin, la période industrielle, qui commence avec le le XX' siècle. Nous nous bornerons d'ailleurs à décrire les faits tels qu'ils se seraient présentés au spectateur attentif mais non technicien. Les explications et les commentaires seront mieux à leur place dans les chapitres suivants.
La période légendaire.
De tous temps, les hommes ont rêvé d'imiter les oiseaux. Bien que ce rôve parut chimérique à la majorité d'entre eux, il s'est rencontre quelques audacieux ou quelques fous qui tentèrent de . le réaliser. Ces tentatives, vouées à l'insuccès, sont mal connues par des témoignages souvent uniques et parfois suspects, dans lesquels il n'est
& I PAINLLVÉ et liORBL. — X
HISTORIQUE DE V AVIATION
pas toujours aisé de faire la part de la légende et celle de l'histoire. Leur étude critique pourrait tenter un historien et mener peut-être à des résultats intéressants. Une telle recherche est en dehors de notre plan ; c'est du côté de l'avenir que nous voulons surtout regarder ; nous nous contenterons donc de signaler rapidement ces précurseurs légendaires.
Chaque peuple nous offre un dieu ou un héros qui tenta la conquête de Tair.
Dans rinde, c'est Hanouman, le singe dieu qui s'élança jusqu'au soleil.
Les antiques Sagas abondent en merveilleuses histoires de manteaux de plumes qu'endossaient les vierges d'Islande pour s'élancer au-dessus de Tocéan brumeux, comme si les rudes Wikinos, dans leur bataille incessante contre le flot, eussent caressé l'espoir de lui échapper un jour.
Il avait un habit de plumes, le fils de la princesse Scandinave et il volait sur les eaux. Lorsque sa mère le portait en son sein, tandis qu'elle voguait en barque avec son époux, elle fut poursuivie par un monstrueux corbeau qui heurtait l'esquif de son bec, menaçant de le chavirer. Pour sauver son époux, la princesse fit don au corbeau « de tout ce qu'elle avait sur elle » et elle ne songea pas au petit enfant qu'elle allait mettre au monde. Bien plus tard, cet enfant devenu grand, revêtu des ailes que lui avait données sa mère, volait vers sa fiancée au-dessus de la mer du Nord lorsque le monstrueux corbeau le poursuivit et le dévora.
Henri Heine conte comment quelques-unes de ces vierges qui savaient voler s'en vinrent se bai-