‹ L'aviationChapitre 9 sur 81 · II · texte numérisé non relu

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reil fonctionnait donc pendant un temps a] ciable en utilisant une force motrice emportait avec lui; c'est ce qui différencie nettement l'expérience de Penaud des expéric antérieures, dans lesquelles on n'avait ré qu'une chute plus ou moins heureusement a tie par la résistance de Tair. Ces expérie antérieures pouvaient être utiles pour faire naître les propriétés des surfaces portant pour instruire les pilotes ; elles n'en concern pas moins des appareils d'une nature essent:

ment différente de ceux qui pourraient perm un jour le vol artificiel. Ce n'est point volei se laisser glisser sur une pente aérienne en dant constamment de l'altitude.

Au contraire, et il n'est pas inutile d'ins sur ce point, l'aéroplane-joujou de Pénau( véritablement un appareil qui vole. Ce se pour des fourmis capables de s'en servir, X\ plane parfait. Il leur permettrait de franchi: dizaines de mètres, c'est-à-dire plusieurs mi] de fois la longueur de leur corps. Il suffirait ces fourmis soient assez ingénieuses pour giner un système d'engrenage, par lec déployant une force très faible pendant un te plus long, elles réaliseraient la tension du re de caoutchouc.

Que faudrait-il donc pour que l'aéroplan Penaud put servir à l'homme et non pas si ment à la fourmi ? Simplement que la puiss du moteur (le ressort de caoutchouc) puisse augmentée dans les mêmes proportions qu dimensions de l'aéroplane et le poids à

LA PÉRIODE SCIENTIFIQUE

terV C'est donc le problème du moteur léger qui se pose. C'est de lui et de lui seul que dépend l'avenir de l'aviation et si Penaud, au lieu de mourir à trente ans, avait vécu jusqu'à l'invention du moteur à quatre temps, on peut penser avec certitude qu'il aurait réalisé l'aéroplane actuel.

L'effort de Penaud ne fut, du moins, pas inutile. L'intérêt éveillé désormais par l'aviation était suffisant pour ne pas cesser de préoccuper avec passion un groupe d'initiés dont nous retrouverons les noms parmi les précurseurs immédiats du mouvement actuel. Avant d'y arriver, nous devons saluer la mémoire d'un des plus grands parmi les héros et les martyrs de l'aviation : l'allemand Lilienthal. Penaud avait démontré qu'un appareil volant, bien équilibré, reste bon planeur, moteur éteint. Le moteur léger n'étant pas trouvé et la réalisation effective de l'aéroplane à moteur n'étant pas possible, l'étude de l'aéroplane sans moteur était la seule voie ouverte à l'expérimentation. Dès 1891, Lilienthal étudia réquilibre, la gouverne, l'atterrissage d'un planeur moteur. Il se tua à sa 2.000*' glissade aérienne, le 9 août 1896, victime de sa magnifique hardiesse.

Penaud avait prouvé qu'une hélice, mue avec une force suffisante, pouvait propulser un aéroplane et Lilienthal, qu'un pilote habile pouvait diriger le planeur propulsé, et atterrir sans un trop grave danger. Les difficultés essentielles du

I. Pour formuler ce problème sous une forme mathématique précise, il faut faire intervenir les considérations sur Vhomothétie en mécanique dont nous dirons un mot plus loin. (Note II.)

problème de Taviation, celles qui étaie'nt inhérentes à sa nature particulière, étaient élucidées; il ne restait plus qu'à résoudre un problème essentiel : la réalisation du moteur léger et à surmonter les difficultés qui séparent toujours la conception scientifique de la construction industrielle.

La période industrielle.

Cette période commence avec la construction des premiers aéroplanes de grande dimension, à la fin du xix° siècle. Nul n'ignore plus qu'un aéroplane, c'est essentiellement un plan légèrement incliné vers le haut (de l'arrière à l'avant) et dont l'envergure, à droite et à gauche, l'emporte beaucoup sur sa largeur dans le sens transversal. Si, par exemple, il a six mètres à droite et six mètres à gauche, sa largeur de l'arrière à l'avant n'est que de deux à trois mètres. A ce plan incliné, est fixée une hélice d'axe horizontal, qui tourne très rapidement dans l'air sous l'action d'un moteur. Cette hélice propulse l'appareil en avant, exactement comme une hélice marine, tournant dans l'eau, propulse un navire. Imaginons l'appareil, fixé sur un châssis léger d'automobile, propulsé par une hélice ; il se met en marche et roule d'abord sur le sol comme une automobile, avec une vitesse croissante. L'air souffleté par le plan incliné, qui s'avance rapidement, lui résiste par en dessous, tend à le soulever tout en s'opposant à sa marche, et le soulève, si la vitesse devient suffisante.

La résistance de l'air croît en eflfet très rapidement avec la vitesse. Far exemple, admettons

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