ACTE TROISIEME
seront pas détruites, le malheur ne sera pas dt-finitivement écarté de nous.
LE PRÉSIDENT MARTIGXY.
Elle ne vous a toujours rien avoué ?
MONSIEUR L E M E R C r E R .
Rien. Ah! surtout, mon Dieu, qu'elle ignore, au moins pour quelque temps, que je sais ! Elle ne veut plus demeurer dans ce pays, et je l'en approuve. Je compte l'emmener avec moi en Afrique. Là-bas, il est probable qu'elle se détendra et qu'elle voudra soulager son cœur en me faisant le douloureux aveu... Je saurai la consoler, et peut-être réussira-t-elle à oublier, à refaire sa vie. [A Martigny.) Vous aller causer avec elle, n'est-ce pas ?
MARTiGNY, Se défendant.
Je vous en prie...
MONSIEUR L E M E R C l E R .
Oui... Vous lui en voulez d'avoir été obligé de mentir pour elle... Allez jusqu'au bout de votre sacrifice, je vous en supplie : laissez-lui croire que vous avez été sincère et que vous êtes convaincu de son innocence... Faites un effort... Ce sera la dernière fois que vous la verrez .. Nous partons ce soir même pour Bordeaux. Vous l'avez si bien défendue !... Vous avez si fortement montré tout l'excès de ses souffrances... que moi-même, je lui ai tout pardonné... tout ce qu'elle a pu faire.. Je vous sais un gré infini de l'avoir soustraite au châtiment, je vous suis plus reconnaissant encore de m'avoir rendu la possibilité de l'aimer sans arrière-pensée. Serez-vous seul impitoyable ? Recevez-la, comme je vous le demande.
LE PRÉSIDENT
Mais oui. C'est ton devoir, mon enfant. D'ailleurs tu as ces papiers à lui remettre.
Eh bien... soit... Mais tout à l'heure.
LE DOMESTIQUE, annonçant, M. du Coudrais...
MONSIEUR L E M E R C I E R
Il vient apporter... les lettres.
MARTIGNY
Peut-être... {Au domestique.) Faites entrer.
Après un long moment de silence, entre M. du Coudrais.