‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 61 sur 106 · MA II CARET · texte numérisé non relu

MA II CARET

Georges! ce qui fait ma véritable angoisse, ce n’est pas ta colère, c’est ton danger !

Mon danger? non ! point de danger sérieux! Vous avez besoin do votre calme, et hou de votre courage, je vous assure. Pour moi, je me sens à présent tranquille et fort. Vrai Dieu! je ferai ce que nie conseille celle lettre : je me défendrai.

MARGARET

Est-ce bien vrai ?

TREVOR

Oh! oui, je vous en réponds que je ne laisserai pas assassiner mon honneur sans une défense terrible! Ma mère, écoutez reei ; sur mon Ame immortelle, j'ai horreur de l’impie suicide, et Dieu a mis dans mes mains île quoi frapper, de quoi confondre sir Jatlray d’abord, Gilbert Talbot ensuite. Vous croyez à ma parole, n’cst-ce pal?

L’AVOCAT DES PAUVRES

Margaret .

Oh! nui, râon Georges; mais c'est égal! tu me luiiaom ne pas te quitter, lu me laisseras te suivre, devant tes juges, en prison, partout.

TREVOR

En prison! mais il ne s’agit pas de prison ! Vous voyez, voilà encore un jour passé sans encombre. Et là, vraiment, maintenant que vous êtes rassurée, vous devriez aller prendre quelques moments de repos, chère mère.

MARGARET

Ah ! tu veux m'éloiguer de loi !

mm.

Eh bien! non ! ch bien! non! Vous avez raison, au fait, puisue nous avons à nous une de nos bonnes soirées de causerie ou e lecture. Voulez-vous que je prenne votre bible, ma mère? Voulez-vous que Dieu soit do noire entretien?

MARGARET

Oui, c'est cela; oui, mon Georges, tout ce qu'il te plaira, pourvu que je te voie, pourvu que je te garde, (Trcvor pm»d u Bible wr I» ullc, à gauche.)

TREVOR, tiMDt.

« Or, la mère des Machabées, voyant ses sept fils mourir en un jour, souffrait avec constance, à cause de son espoir en Dieu, « Et elle exhortait ses enfants dan* la langue de leurs pères, unissant ta fierté de l'homme à la tendresse de la femme.

« Et elle leur disait : Ce n'est pas moi qui vous ai donné la vie et l'ilroc, c'est le créateur du monde.

« Et il vous rendra l'àme et la vie, parce que maintenant vous ne pensez pas à vous-mêmes en pensant à sa loi... »

MARGARET

Georges! Georges! pourquoi me lis-tu cela, puisque tu dis que je n’ai pas besoin de mon courage?

TREVOR

J'avais ouvert le saint livre au hasard , ma mère. Tranquillisez donc votre âme! ménagez donc vos forces! Puisque nous avons un moment de trêve, reposez-vous, je vous en prie, reposez vous, ne fùt-ce qu’une heure.

MARGARET

Mais toi?

Mbi, ie ne vous quitterai pas! Tenez, je serai près de vous, sur ce banc, et votre premier regard inc retrouvera là !

MARGARET

Alors, mon fils, ta main dans la mienne.

TREVOR

La voici, chère mère, la voici l Enfin, depuis plusieurs nuits, le sommeil vous manque. La fatigue appesantit vos paupières. Pas de danger! pas l'ombre d’un danger! lKmuez tnoi la bénédiction de votre baiser, et puis, a votre tour, laissez mon cœur vous garder, laissez nu voix vous bercer, ma mère!

MARGARET, i'rnd urroint twa\ te regard, a^i» U main deTréior.

Mon Dieu!... veillez... sur n»on fils... bicn-aimé !

TREVOR

Apaise-toi, repose et dors, chère Ame maternelle! (ndgaccaai

doucement «a main ite la main de ta entre. ScpAfC-toi de Mon âlIgOtSàO

et de ma douleur. Adieu ! hisse-moi la souffrance et garde l'oubli. Adieu ! Je les entends, ils viennent nie chercher... Toi rêve ma liberté!

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