‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 44 sur 92 · HABAKUK · texte numérisé non relu

HABAKUK

Mes bonnes dames, vous m’avez dit de vous indiquer le logis qu’habitent la mère et la veuve de Dickson, le voilà.

MARGARET

Allez, je vous prie, avertir ces pauvres femmes de notre venue.

LILIAS, k Gilbert.

Oh ! mon ami, quel grand cœur que Georges ! Les pauvres gens qu’il a défendus et délivrés se concertent et se réunissent pour lui faire aujourd’hui un présent à leur portée, et Georges n’entend accepter leur reconnaissance que pour secourir d’autres douleurs, (a Margaret.) Jusqu’aux bénédictions de ces malheureuses femmes qu’il va sauver, c’est nous que Georges envoie les recueillir. Tout ce que la vie peut avoir de douceur, il le donne; il ne garde pour sa part que ce qu’elle a de peine.

MARGARET

Toute la peine, c’est bien vrai !

LILIAS.

Ah! Georges a quelque chagrin, Georges souffre, n’est-ce pa9 ma mère? Mon Dieu ! je sens parfois qu’involontairement je le blesse. Tout à l’heure encore, il m'a priée avec un accent si douloureux de ne pas le remercier!

MARGARET

Tu le remerciais pour monsieur Gilbert?

„ LILIAS.

Non; pour moi!... Est-ce qu’il douterait de mon amitié? On sait maintenant, c’est vrai, que je suis la fille de lord Windall; mais, enfin, je n’en suis pas moins orpheline, et pas moins pauvre, et pas moins seule. Vous-mêmes vous m’avez forcée d’accepter comme plus convenable l’hospitalité de milady Protec-

L’AVOCAT DES PAUVRES

tricc. .Mais n’ètes-vous donc pas toujours ma mère? Georges n’est-il pas toujours mon frère?

MARGARET

Ton frère! oui, c'est cela, ton frère! Tiens! Lilias, ne cherche plus à le consoler!

HARAKUK , rentrant.

Mes bonnes dames , vous êtes attendues comme la Providence.

MARGARET

Viens, Lilias. (a Gilbert.) Nous vous retrouverons, Monsieur.

LILIAS, la suivant, pensive, à elle-même.

Ne plus chercher à le consoler ! (Elles entrent dans la maison de

Dickson.)

Page 1