‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 49 sur 92 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

GILBERT

Dieu ! mais que m’ordonnez- vous alors?

SIR JAFFRAY.

De fuir.

GILBERT

De fuir?

Sans voir personne, sans parler à personne. Vous allez suivre des hommes à moi qui sont là tout près. Us vous conduiront à la Tamise. Un bâtiment de l’État vous y attend pour faire voile vers la France.

GILBERT

A jamais séparé de Lilias!

SIR JAFFRAY.

La vue de ce portefeuille vous rapprocherait d’elle, n'est-ce pas?

GILBERT

Oh !... je ferai votre volonté. Monsieur.

SIR JAFFRAY.

Et vous ne rentrerez jamais en Angleterre?

GILBERT

Je vous le jure.

SIR JAFFRAY.

C’est bien! (Appelant.) Archibald!

GILBERT, désespéré.

C’est égal! il me semble qu’il y a une lâcheté dans ce que vous me faites faire là.

SIR JAFFRAY.

Qui peut savoir? — Adieu, monsieur Gilbert !

GILBERT, emmené par Archibald.

Adieu! adieu 1 Lilias! (Sortent Gilbert et Archibald.)

SI R JAFFRAY, seul, remontant vers la maison de café.

Et, à présent, vous pouvez venir, maître Trevor ! je vous tiens! Si lord Windall vous edt remis mes lettres, vous vous en seriez déjà armé contre moi, et, d’ailleurs, on les eut trouvées tantôt, dans cette perquisition, plus ou moins légale, à votre inviolable foyer. Je vais donc, de façon ou d’autre, avoir raison, mon

L’AVOCAT DES PAUVRES

maître, de votre altière probité. Puisque Gilbert a laissé dans vos mains cette maudite preuve, il est vraisemblable que vous préférerez le soin de votre honneur au secret de votre client. Mais alors vous ne nous parlerez plus de votre conscience. Maître Trévor, VOUS pouvez venir! (il rentre dans la Maison de C»ré.)

Page 1