SUSAN N A
Ah! pauvre cher homme !
TREVOH, se levant.
Eh bien! qu’est-ce que nous faisons donc? Est-ce qu’on n’est plus des hommes?
BERTHEL
Ah! trédame! écoutez , quand ou voit souffrir comme ça une personne comme vous!
TREVOR
Allons! cela m’a fait du bien d’épancher devant vous mon cœur. Mais c’est fini, et voilà maintenant où je voulais en venir.
TOUS
Ah ! voyons, voyons.
TREVOR
Mes bons enfants! à la souffrance que j’éprouve, je vous l'assure en toute vérité, ni votre argent, ni môme votre amitié n’y peuvent rien.
TOUS, avpc regret.
Ah!
Non, cela est* au-dessus de l’homme, au delà de toute richesse et de tout dévouement. Mais, écoutez, il y a d’autres douleurs plus faciles à secourir et à consoler. Chacun de vous aurait été heureux de me voir accepter ce qu’il aimerait le mieux pour son compte; eh bien! de même, je profite, moi, de votre bonne
6i L,’ AV OC AT DES PAUVRES.
amitié pour me réjouir par le contentement de quelques-uns d’entre vous. Je sais une pauvre famille bien cruellement frappée : en la consolant, vous me consolerez aussi. Je serai toujours moins triste et moins accablé si j’abrite une infortune et si je soutiens une faiblesse. Amis, mon désir et mon choix, le voilà : je vous demande en présent une bonne action. Puisque ma joie ne dépend de vous ni de personne, faites-moi cadeau de la joie d’autrui. Puisque vous ne pouvez me donner le bonheur, donnez-moi des heureux.
OB ADI AH
Mais ce n’est plus du tout la même chose.