SCENE XVI
HARIETT, avec une ironie froide.
Un amour!., l’amour, mon cher Monsieur, est un petit bonhomme en marbre... *
JEREMY, avec douleur.
Hariett!..
HAR1ETT, toujours ironique.
Vous avez quelque chose à me dire ?
JÉRÉMY, arec entraînement.
J’ai à VOUS dire, Hariett... (Rencontrant le regard glacé d’Harietl, il reprend arec calme.) J ai à vous dire que moi aussi je pars... je pars... pour un long voyage !
HARIETT, indifférente.
Ah!
JÉRÉMY.
Connaissez-vous la falaise qui domine la mer, à deux lieues d'ici?
HARIETT.
J’y ai passé ce matin en venant dans cette ville... Je me souviens que je chantais.
JÉRÉMY, simplement.
Kii bien, je vais me jeter dans la mer, du haut de cette falaise.
HAHIETT, de même.
Pourquoi faire?
Pour me noyer.
HARIETT, après un court silence.
Sérieusement?..
JÉRÉMY, simplement.
Non, gaiement... en calèche... J’ai fait construire une voiture exprès, et me suis muni d’un vieux cheval désillusionné comme nous... Robinson m’accompagne!
HARIETT, souriant.
Pauvre bète!.. (Après un moment de silence.) C’est drôle tout de même!
JÉRÉMY, avec une gaieté froide.
C’est extrêmement comique.
HARIETT, simplement.
Pouvez-vous disposer d’une place dans votre calèche ?
JÉRÉMY.
Une place? pour qui?..
HARIETT.
Pour moi.
JÉRÉMY, tressaillant.
Pour...
* Jérémy, Hariett.
l’avocat do diable.
HARIETT.
La mer me sourit... et puis... c’est une conclusion !
JÉRÉMY.
Vous voulez?..
HARIETT.
Vous yous êtes fait mon guide... i! faut me conduire jusqu’au boutl
JÉRÉMY.
Hariett !..
Je le veux !..
HARIETT.