SCÈNE III
ROBINSON, acul, après un moment de silence, et se frottant le dos.
Eh bien, ses arguments m’ont frappé; mais ils ne m’ont pas convaincu... et je doute que la réflexion...- Mais, si,., par hasard... je me décidais, je ne regretterais qu’une chose... ce serait île ne pas voir la figure que ferait Dolly, quand elle apprendrait mon accident... Pauvre petite! je suis sur qu’elle pleurerait... pendant deux jours!.. Mais ensuite? . Pardieu 1 ensuite elle épouserait John Grüe, mon rival, ce bossu de John Grue, l’aubergiste de là-bas, au bout de l’avenue, (il indique au loin l’avenue par la fenêtre ouverte.) que sa tante protège, parce qu’il est riche, et qui se moquerait de moi, en me traitant d’imbécile I.. Cette idée seule m’ôterait tout le charme de mon Voyage à la falaise... (il est tout près de la fenêtre.)
l’avocat du diable.
HARIETT, du dehors.
Monsieur !
ROBINSON, qui n’a pas entendu.
Méchant bossu, va I
HARIETT, du dehors.
Monsieur!..
ROBINSON, regardant par ia croisée.
Une jeune voyageuse, avec une valise! (Répondant.) Qu’y a-t-il pour votre service, Mademoiselle?..
HARIETT, du dehors.
Pourriez-vous m’indiquer l'hôte' des Armes-du-Roi?..
KOBINSON, vivemeul à pari.
Hein?., les Armes-du-Roi? l'hôtel de John Grue!
HARIETT, du dehors.
Savez-vous cette adresse?
ROBINSON, à part.
Elle va encore lui porter son argent!., arrondir sa bosse... non, sa dot!.. Oh! jamais!
HARIETT, du dehors.
Eh bien 1 répondez! cette adresse?..
ROBINSON
Oh! quelle idée 1.. (Répondant.) Vous y êtes, Mademoiselle! C’est ici ! (a part, en fermant la fenêtre, comme parlant à John Grue.) Comme ça, tu ne l’auras pas! (Troublé.) Mais qu’est-ce que je vais en faire?.. Diable ! si mon maître... (il écoute à la porte de la chambre.) 11 dort!., il dort profondément! pour toute la journée...