IMPORTANCE DE L'AVOINE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC
Il se cultive plus d'avoine que de toute autre plante, dans la province de Québec, à l'exception du foin; il n'est pour ainsi dire pas de cultivateur qui n'ait un champ de cette récolte. Il n'y a pas à douter non plus que l'avoine se maintiendra à ce haut rang pendant bien des années, parce qu'elle s'accommode parfaitement des conditions que présente cette partie du Canada.
Le climat lui est favorable. — L'avoine exige moins de jours et moins d'unités de chaleur pour arriver à maturité que le blé de printemps. Il est généralement admis qu'elle s'accommode mieux des régions froides que l'orge.* Le climat frais et généralement humide de la plus grande partie de la province de Québec convient tout spécialement pour la production d'avoine de bonne qualité.
L'avoine se prête à différents emplois. — L'avoine se cultive seule ou en combinaison avec d'autres grains pour la production de la graine mûre, mais elle peut aussi servir à d'autres emplois. Lorsque l'herbe est détruite par l'hiver, l'avoine peut servir à faire du foin; mélangée avec des pois de grande culture elle peut être coupée comme fourrage vert ou ensilée ou encore laissée à mûrir sur pied après que l'on a pris la quantité que l'on désire pour l'utilisation comme fourrage ou pour l'ensilage.
L'avoine est bonne pour le bétail. — On trouverait difficilement un meilleur aliment que l'avoine pour la nourriture du bétail. C'est le plus sûr de tous les grains pour les chevaux de tout âge; rien n'est préférable pour les vaches laitières que l'avoine sous forme de moulée, si les prix sont raisonnables; pour les moutons, et surtout pour les brebis portières, c'est le grain modèle lorsqu'il est mélangé avec du son; l'avoine "ronde" jetée sur le plancher encourage les cochons à prendre de l'exercice pendant l'hiver; l'avoine qui n'est pas "retraite" ou raccornie peut former une partie de la ration des poules pondeuses; l'avoine moulue peut être employée dans la pâtée ou pour les poussins, à condition que l'on enlève les baies au tamis.
L'avoine rend plus que les autres céréales. — Des essais soigneux effectués à la station expérimentale de Cap-Rouge pendant treize années, sur un sol sabloargileux de fertilité un peu supérieure à la moyenne, ont fait voir que l'avoine rapporte un peu plus de grain par acre que ne font l'orge ou le blé de printemps. Un autre fait très important également au point de vue du nourrissage, c'est que l'avoine fournit plus de principes nutritifs digestibles par acre que l'orge ou que le blé.