Chloroforme
On a cité le cas d’une femme enceinte qui, ayant commis l’imprudence de se laisser anesthésier, vit survenir l’avortement (1).
A l’occasion d’une communication de Fehling (2) à la Société gynécologique de Leipzig, il y eut une discussion très animée sur la question de savoir si les narcotiques, et particulièrement le chloroforme et la morphine, employés chez les femmes enceintes, pouvaient avoir une influence fâcheuse sur le fœtus. Il fut prouvé que la chloroformisation de la mère n’avait pas une grande action sur le fœtus, mais que la morphine pouvait lui être nuisible dans certains cas.
Toutefois Melchior(d) a publié deux cas d’accouchement
(1) Amer. Journ. of Med. Sciences , 2e série, 1850, t. XXXI, p. 562.
(2) Fehling, Arch. für Gynük., X, 188.
(3) Melchior, Deutsch. Klinik , 1851, 26. — Schmidt's lahrb., 1851, 72e vol., p. 25.
de mort-nés, c’est-à-dire d’avortement, cinq ou six heures après l’administration du chloroforme pour une extraction de dents. Dans les deux cas, les mouvements du fœtus avaient été perçus avant la chloroformisation.
Zweifel dit avoir constaté le passage du chloroforme dans le placenta du fœtus (1).
Ces faits, il faut le remarquer, datent des premières années pendant lesquelles on a fait usage du chloroforme, et on a sans doute appliqué à cet anesthésique le post hocy ergo propter hoc. Depuis, l’emploi si fréquent de l’anesthésie au moment de l’accouchement a surabondamment prouvé que le chloroforme n’avait aucune action sur les contractions utérines, non plus que sur le fœtus.