‹ L'avoué et le normand, ou, Fin contre finChapitre 4 sur 22 · L'AVOUÉ ET LE NORMAM · texte numérisé non relu

L'AVOUÉ ET LE NORMAM

■ IllI'POLYTE.

Vraiment!

PAQUETTE, mysléiieuscment.

Mam'spllf n'a pas l'air... mais il est bien visible qu'elle a iléja (|uelque chose pour vous.

HIPPOLÏTE.

Tu crois ?

PAQUETTE

Ca saute aux yeux.

IIll'POLYTE.

Est-ce qu'elle le l'a avoué, beln?

PAQl'ETTE.

Au contraire... mais c'est justement ça. Vous n'avez pas remarqui' hier?

lUPPOLTIE.

Hier, ma *'oi non... elle ne m'a pas adressé une parole.

PAQUETTE

Précisément !... et tout-à-l'heure quand elle vous a entendu venir... pst!... elle s'est ensauvée tout de suite... Encore une preuve... D'ailleurs je lui parle toujours de vous , je lui dis ça : « Mon Dieu , mam'selle allez-vous être beureuse de vous voir la femme d'un gentil monsieur qui liabite Paris, qui a la barbe pointue et des manchettes!»

HIPPOLTTE.

Et que répond-elle?

PAQUETTE

Ca la fait rire.

nUHARAIS.

Allons , je suis content ; je vois que ma grosse raquette a tidélement suivi mes instructions, et qu'elle a envie d'aller h Paris avec ma pupille.

PIQUETTE

Moi! monsieur Dumarais, c'est-.i-dire que j'en meurre, j'en desséche; c'est une envie de naissance... On dit que c'est si beau, si («rand , si superbe !

.\ih : \ <.il.i 1.1 iii.inicH-,

On dit qu' les houliqiics

.*^ont tierces par-loul ,

l,cs rues maQiiiHqui's ,

On n'en voit pas l'iiom

Pierre qui veut m'y m'iicr Dit qu'on ii'vcil qu' IkiIs cl cmiieilics,

gunn n'a q,,';. s' promener I.rs alloiiellcs vous tombent tout' rt'ilies.

Quelle vie joyeuse

On tloil m'ticr par li. !

.le n' sui.s pas curieuse ,

Mais j' vomirais voir.;».

Om voit des parures.

Des schals, îles liijtiux ;

On s' cane en voiliues,

Çn vous coût* six sous;

Veut-on mi mari.

Vil' dans un bureau l'o.i voMS m; lie ,

C'est loul d' stiile liiii , Vous choisisse/, dans un* doii/aine.

Qu'une fdic est heureuse

Dans rc pays h"! !

Mais

us pas t votidiai

niPPdLïTE, riant.

Pourvu que le cousin Niçois de Falaise ne vienne pas déranger tous nos projets!

nUMAHAIS.

Le Niçois! fi donc!

IIII'POLVTE.

Il est le plus âgé, ce sera à lui de choisir le premier, et s'il s'avisait de prendre la porcelaine, voilà mon mariage cassé !... Sentez-vous le trait, avoué?

DDMAnAIS.

Je m'en charge, mon cher client.. .Quand je me mêle d'une affaire!... Le cousin Niçois aura la bicoque de la rue Basse, et il ira vendre son cidre à Falaise... Un balourtl... qui n'connaît que .ses pommes, (à pan.) et ladre avec cela, qui n'avancerait pas vingt-quatre sous pour avoir la meilleure part !

HIPPOLYTE

Et vous me répondez que la manufacture vaut bien mieux que la maison et toutes ses dépendances?

lïUMAÏlAI.'i.

Dix fois mieux. ( Bas. ) J'en atteste les cinq pour cent que vous savez.

PAQl'ETTE.

Je crois bien ! Le notaire nous disait, quelques jours après la mort de M. Eertauil , que la fabrit|ue et les magasins valaient plus de deux cent mille francs.

HIPPOLTTE.

Comment ! et vous me parliez de cinquante à soixante.

DUMAI\AIS.

Sans doute. A cause du cousin, il faut estimer le moins possible.

HIPPOLYTE, à part.

Diable ! cinq poiu- cent que j'ai promis , c'est considérable. (Haut.) Pourquoi donc mon onrie Bertaud semblait-il mettre tant de prix à cette maison de la rue Basse? jusqu'il recommander que celui de ses neveux t|iii l'aura en partage , ne puisse pas la vendre avantdix ans.

Ut'MAItAIS.

Que vouliz-votis! idi^e île vieillard et de propriétaire; le boidionune l'a b.àtie , il y a demeuré vingt ans, il y est mort, il désire, autant que possible, voir sa maison rester dans sa famille.

PAQUETTE

oh t;a... il aimait sa maison comme ses yeux.

IIIPPOI.ÏTE.

Autre réflexion , papa Dumarais.... Ne trouvez-vous pas comme moi que mon oncle Bertaud, veuf, sans enfants, qui vivait de fort peu avec une jolie aisance, aurait tli'i laisser bit^n plus «l'argent comptant qu'on n'en a trouvé chez lui ?

miMAHAIS.

Parbleu! c'est la première reui.uquc que j'ai

faite quand on a mis les scelles ; j'en fus même tellement supris , qu'avant l'arrivée du juge-depaix, me souvenant que, du temps des cosaques , il avait caché une somme assez tonde avec son argenterie dans sn cave, nous avons cherché, nous avons fouillé dans cette cave, et même dans le petit caveau , nous n'avons trouvé que des bouteilles vides.

HIPPOLTTE.

C'est inconcevable !

DOMAP.AIS.

C'est égal !... il f.iut que j'aille tantôt chez le notaire pour les acceptations, je le ferai encore causer...

HIPPOLTTli.

Faites-le horriblement causer, mon cher... (Bas.) Vous savez, cinq pour cent?... (Haut.) Pendant ce lemps-là... moi , je vais faire un tour à la manufacture... ça me fera plaisir de voir mes ouvriersVt mes magasins... J'étais né pour être un {jros manufacturier...

DDMARAIS.

C'est cela... mon cherchent! cela laissera .'i notre nigaud le temps d'arriver, et aussitôt qu'il sera déijart|ué, j'en fais mon aff.iire.

PAQDtTTE.

C'est fameux !.... j' suis d' la conspiration , moi I...

rois.

Air de la Pauvre fille.

C'est bien arrête.

C'est bien concerte ;

Kl l'affaire Ira bien, j'ispère.

Vraiment, C'est charmant, C'est double .igrémcnt , Pour nous, d'attraper im Normand.

PAQUETTE, contrefaisant le patois de la Normandie. Allais , marchais, soyais tranquille.

Fiez NOUS à moi , J* vous en {Jonii' ma foi.

Vol' Niçois sera ben habile .S'il obtient seulement Gros d' ça d'.scnliment.

J* vas ^i fort lui chaufifer la bile , Que d' Gisors il faudra qu'il Kle I.c nez Ion;; couime ra.

Ças'lrouv' l.cn, oui'dâ.

On dit qu'il n'en a guère dtja,

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