AVRIL 4Q
„«, «t ^-^J!^-^ «-mille eri^ït - .^Voos, Cadet: . t^^ »^'t -
^ît\ire avait m^ Pas.
^avoitvi* *L ralenti t>oii,-
p,sécr^--'-*°'^t ce monde j""
àe«^ tetnmes se regardèrent
passage, et e„ ce court insL """
U tout de suite, „.,i, dan' '
,,... tara, .ui ..,,,-; un
temps à la réflexion de naïf.
passa sur leurs traits, tanÏÏ ^^•v^n mouvement spontané ?«' jetait ïune vers rautre, toutes surpnses et craignant de s'êt trompées. Le cocher fouetta se'^^ chevaux, et Mme Rugies, déià loin, se disait : -■
.Maisjeconivais ces yeux je connais la couleur et rexpress'ion de «syeux,jeVaconnaismêmetrès bien, mais qui ça peut-il être ? ..
La preuve qu'elle ne se trom-
L'AVK/i-
pait pas, c'est que '^^^ %^^ l'avait aussi dévisagée com^. ^^ ^lle allait lui parler, P^^\% l'avait-elle reconnue tout de SUi^^ ^oins heureuse, Mme Rugles ^^erchait, et Ja certitude sur la- ^^eUe elle ne pouvait mettre un ^^m la tenaillait, aiguë et doulou- ''^^se, comme dans les rêves où /^'^e impossibilité vous paralyse, . '^^t près qu'on est d'atteindre le ^ "^f- Elle fouillait le passé, évoj. y^it des amitiés récentes, des .S|. ^^ions mondaines, jusqu'à des Cj Guettes d'indifférentes, et au ^ il ^^ répondait à ce visage et Pi^ ^^Ut à ce regard. Car comment ^^ ^^'^it-elle expliquer que ce re- J;^ ^^ iui fût connu, cher et famijv lîjéme en sa douceur bleujj^ ^^éc, et que le visage la laissât }[^ ^'^"ise, ég-arât ses inductions au
de les préciser?
q Comment s'appelle cette ^^le .^ - Le cocher dit :
• Madame Ferrier, son mari est un colonel d'artillerie en retraite.
Ils habitent Saint-Frégrose depuis cinq ans. »
La perplexité de Mme Rugries
s'accrut : Ferrier, ce nom ne lui
rappelait rien. E:t tout à coup u"
cri lui échappa : « Noémie ! » ^»
fort qvie le coclier se retourna.
^Qèmie Crozette, une amie de
couvent, perdue de vue depuis
^^ïigt ans, jamais oubliée, tou-
i^^rs regrettée, avec l'espoir de
îa rencontrer 4 ^j^ tournant de la
Vie, quelque jq^^. Comment ne
^'^y^HW^ pag reconnue tout de
i^i^ . c^s yeux bleus bien-
AV'-**< #^, ne s-adapta.t plus
^"^^^ Z: » V'' .iffre de jeune
su d^ ^l'Ve "'l <rardé le sou-
e\Ve-,\»*^^W^'>:f" elle paraissait
j^AYJift-
qu'on ^c rcprù^^ni^ ,^^^ ;,,,^^^^ qLril.4 ùmient h^r^q\^^ ^^>0;...^ ''^^^^^.
Its voir, sensaiion ^^
i^nmic
mvuK^jcmps un plai^^ir -^ "^'^
Vassaillaient en foule, visions de jeunesse, intérieur du grand couvent d'Mx entouré de jardins paisibles, et d'autres figrures déjeunes filles, mais aucune aussi clière à son cœur. Comment avait-elle pix rester tant d'années sans nouvelles d'elle, comment avait-elle pu se faire à cette douloureuse et résignée accoutumance, qui ne nous montre plus les absents Que perdus dans des limbes, vivants, on l'espère, heureux peut-être, malades ou morts, qui sait ? Ati !
combien l'existence de chaque jour tourne en meule, use le cœur, pulvérise les vieilles tendresses ; et qui sait, après l'élan ému qui unirait leurs mains et leurs lèvres si, passé si longtemps, différentes dans leur manière de vivre et leur façon de sentir, elles trouveraient quelque chose à se dire, pourraient encore fraterniser, n'éprouveraient pas l'affreuse stérilité de
Iz»
iQ qui s^
cœur des anciens^^ ^^ ^.^^,,„.
tutoient dans geutquedesnens. .^,ro.s
bien que <^ ^!,'; „ait rejoindre la dernière. E»« .^" ^t depuis.
sonpèreenAmenaue,^^.^^ ,,.
r.oi.ne.ent, mo„^^^^^^„, re
g-oïsme, an • femme Q"'
goïsme d'une J^"°^ fa„ts, les aime son mari, puis le ^^^^^ ^.^ g^
soucis, tout...! '^'""P âge, on tort. Quand on avance en B ^^^
reconnatt ^^^^''^0^^^^^^ meilleures amitiés, u ^^^g
ment de fortune en a ^^^p.^^^ d'une à l'épreuve! » i^" ^^^ ^ j^ et toute sa pensée remo
f>tire, à la belle illusion des^^.^^ M-ons de jeunesse, alors ^ ,^^g res et charmantes, appnj ^^^^^ ^i-ir l'autre, le bras à la^^^ ^^ :omme deux soeurs, ^^ ^ ^ ^g
Ile regardaient la ^^^^"^^ gou- "^aux yeux confiants ei
ei
rires de dominatrices ing-énues.
Oh! les rêves d'alors, l'espoir, la liberté, la puissance ailée, rintime séduction de leur grâce par laquelle elles opéreraient des miracles, comme c'était loin, tout cela!...
• Voyez, madame, on aperçoit d'ici les villas de Valençor, cette « bêelle . qui a des piques en or, c'est la propriété de monsieur Essler ! .
Pourquoi ce rappel à la réalité et aux Essler fut-il pénible à Mme Rugles ? Elle ne les connaissait que depuis trois ans, au temps où M. Essler, fournisseur de chaussures pour la troupe, dirigeait une manufacture monstre, à Courbevoie. Depuis, il avait vendu sa fiUe et son industrie à un gendre, s'était retiré et passait leshivers dans le Midi. M. Rugles avait eu d'excellents rapports avec lui, et les familles s'étaient
nii-
~ „,. lesre'^^U^,
liées. Depuis sY;^y,„erav-^V^
continué polies, K ^^
l««rs par la distance. S-a^^^^.^
l'avouer. M^e «"^'".^j d'intir<înouersurrancienP^^.^^^..^^
filé avec eo.v, c» "' ^^ ^^,3 sans mentdeboiisofrices- ^^^j^„jté; «^••oirc manquer ="" ^^.^ ^^e et "s éiaienl si ricW»' ^tè
:::'"-'"^ '■;:::«" UVe et
^•^•C;: roi. - f-tune pass^^c ^""ime encore présente, et rehaus
•^^nt^neet le»^ siens de la consw ^-rlZ a-u. P-ti.e encore
'u 'voiture «■--'^^'»-:;:,t
^niie ri-ou'-'^""'"^"* fermée, ^^i:anrse.pi.-sdont^aJ.erse
^^ prolongeait sur - -"f j/^,
iH-nifs de tessons de ^'f '^^- J^ qu. ,« «cher eut sonné, des abo.s
furieux retentirent où se mêlaient, en un concert horriblement faux, la\oix stridente des danois et le glapissement des roquets, tandis que des bull-dogs mafflus accouraient, grondants.
Une voix de maître domina ce hourvari, et un gros monsieur, tout rouge et tout blanc, gourmandant les chiens qui ne jappèrent plus qu'en sourdine, se montra coiffé de drap, en veston du matin, le sécateur aux doigts.
M. Essler ne reconnut pas tout de suite Mme Rugles et s'excusa sur sa mauvaise vue. Son regard pourtant laissait percer une acuité singulière, il était tenace et réfléchi comme celui des très vieux chats, avec une dureté froide dans l'eau verte à fond de vase de ces yeux trop ronds et trop ouverts.
« Léontine est là, — dit-il, — elle sera charmée de vous voir. .
pourquoi s'imagina-t-elle qu'une
vi^i
long de plates -bandes ^^^^^^
comme un parquet; on ettlavé»^^
pianKis qu'elles n^cusscnip^^^^^^
t^îivcLhlage. D'énormes aîoès h^
fr^rpûrent d'udmitaîhti.devâgue
■^i Milite aussi, redoutâmes qu'ils
^''^hlaic^^^ rigides et fors, épa-
^y^^.^nt en tous s.ns leurs
. ^^ serpents tocu.v, tout
3/ h-^T^^"* ^^J*i brusquement
/îïe/]t 'l'^'"'^^^^^' s^^t't précipitam- "^ontj.^ ^"^ nias=ïlL M. Essler lui tJ/3 /^j /' '^" ^ojgt, sans rien dire, "^■^^.Sïf. ^^^'^PfJ^^e morceau de verre "^^fas i\ ^^" ^iJiSait tache brillante ^^o^j^ ^'^^«^ /^ "homme bc^-aya, se ^^^pii-^^^^^^ prcaquG dans son ^ <:t<;, /^^'^^t^nr à faire disparaître ^^^ Jn.soate; le silence dvi
Vi^
Se
maître bV^^^ mis ^^^^
d'écrasant dans Iq rep,. ^^^ ^^o« . Léontine, -. ^.^ ^""^e-
qui parut seulement se ' "^^^^er,
de Mme Rugles, -. Léonu ^"^^'^'^
aurait répondu, tnais e^ ^^"^
trouvé votre lettre qu'hier Lr''
venant d'un petit voyage 'à BoT ^igl^iére, où elle accompagnait
nos cousins, les Flassmans.!
Il prononça ce nom des célèbres banquiers en souriant, et ce sourire, on le sentait, ne s'adressait qu'aux Flassmans, c'était le salut franc -maçonnique et déférent rendu par la richesse aux Millions.
Il introduisit Mme Rugles dans le salon, où Mme Essler parut, presque aussitôt, en robe die chambre négligée, de vieilles parvtouffles aux pieds, que certainement son amie n'aurait pas mises, toute livrée à. l'abandon qui ga-g^^ tant de femmes riches, en V'ï"*^-
^ .... ...es ^'%<:
10T9<1«* ftijiS^^ ^Ucu»
' i- vous, • 3^^^ ^^^s pas de • ^"^"^ i. vous reçois en peignoir ae toilette. " ^^^^^^ ^^^^^
ayec une inflexion et de protection- ^^^^ ^ s^mt- , Vous yoïlà. ^^ous comptez Fré-ose, cst-^e ^"^ père que la y passer J'^i^'^*" ""^^e ne vous inaantii de votre i^ j^^nt^ Ledocquiètep^ns siii i^use^^^^^^^^^ ^^^^ ï^^r Sarraiïin ^^^ ^-avez consulté
^'t^Jàr^QuVt'il ^'tonnée, lui conta
MincRu^l*^^^^^ ,. nuit, leur des-
J.ur,^|và^d.ins*^^^^.^. L'autre
^^niç ^ r un tel ^^dalisée *• ^'•merro.npit, -^^^ c,ui a pu
^Mai.. ^^-^.!^.estuneauberge,
LAVniL 63
voyageurs. On va au Grand hôtel d'Angleterre ou au Palace Hôtel ?
Vous n'allez pas rester là, je suppose? C'est impossible dans votre situation.
— Mais j'attendais votre réponse, les renseignements que je vous demandais justement dans ma lettre }
— Ah! ma bonne amie, votre lettre!... »
M. Essler intervint, répéta la version qu'il avait déjà donnée, et sa femme avec vivacité s'écria :
« Oui, oui, seulement au retour de Bordighière... lesFlassmans. »
Et elle aussi sourit, comme il avait fait au souvenir des banquiers...
Mme Rugles eut le soupçon qu ils ne l'avaient engagée qu'en l'air à venir hiverner à Saint- ^'"égose, et que peut-être, la voyant se décider, leur peu d'empresse/nent à lui répondre témoi-
^^ .,aVtvte
cia^^
gnait un regret, ^.setv^^^^ç
rendre.Ence ;,à.ra»g^^,.ene fi^repourve»^ .an J .couvent- ^^'*, Saf^^'^re <i*^%\e
<!«'* ,\onn^^' rve *^L ^^*
tunes > *^^.it\e ^ cO^>^^ do^^^ lor.g-. ^f ::; .-t: U< a^^-
vous *"; „ fefn'*"':êcliP'
^neP^^ssVer. dit^t- ca>'
et à la dignité, rassura nn„ «.«^ **» non sans quelque ironie, son amig
.Ah-tantmieux^j;^^„^.^i, -je croyais que vous 3^ig^ été presque complètement ruinée, on me l'avait dit, lej Fi^^smans.., Oh ! tant mieux ! ,,
Et des protestations, des réticences et des insinuations qui amenèrent des explications détail- '*« sur la position réelle de sa ' pauvre amie „ Au fur et à "•«sufe, comme si elle eût espéré P;«. Mme Essler montrait un 'y^ dont le lait tournait de P""* «n plus, prenait une laideur particulière d'âme remuée- E" '^ regardant, alarmée d'un »*'*^^^^ qu'eUe s'expliquait mal, nja>s r^
sentait péniblement, t°"| * ^^°ent AtmeRugleseutunja>»>^ „
de lumière. Elle cofflpnt„ ^ et si tard! -que Lé ^^^^^ ,,„ps de leur mutueUe^ ^,^^^^^^ „avait jamais cesse ^
th
vut^
Hlle comprit, et cet éclair dm Uûlion \u\ dévoila tout ^"^ ^°" de vilenie, quCn, soiis les dexiO de le u r pir èiÊTi du e am i tîé| Léon tifl^ Savait toujours déni^ri^c sourdement, et que cet lajnenient elle avait appris sans chagrin în mort ^'C Ru^jles et IVm barras dans ^<^iJt^i iJ laissait ses .iJfaires. Ce ^"t pour elle une souffrance mor- J laïue, car elle avaft cm à la ^^y^paihi^ cks Esslcr; mais si son jC.ji"'^'*^'^'^^^''^ ^t sa bonté natut/er- ^"^li^rirent, cette brûlure térj\^^ ^^^^e, du moins, lui cau- <^f^s^.^. ^^ ^^"r- Elle se sentit au-
^^^Uî
^■^^vj
sa rivale, re^^rctta seu-
^^'^ivoir cru en elle, et ne
^ î^^s fo moins dn monde,
^^^'S£ de Ja voir tiiomplaer
-<s; ae ja voir j.m.^^y^t'^ — ^^r parla suprématie bête.
^nfl
vaniteuse et tyran r?^9i7e ^ Maintenant cette nis/sQ^j ^^'^^^ey?/.
din l'oppressaient, f^^^^^^Mrmanquait d'air. Dès on'«//^^^ ^ elle se leva. On entendait des aboiements joyeux, et quand elles parurent sur le perron, ]e iîJs Essler, revenu de sa promenade, descendait de cheval, au milieu de sa meute.
« François, madame Rugles. » Il s'inclina, avec une froideur britannique. De près, on lui voyait un teint jaune et fripé, sabré de rides fines, le masque d'un ancien viveur qui meurt d'ennui à la campagne et que le vert ne refait pas.
M. Essler s'avançait, tenant un bouquet de roses-lhè, qu'il vena\t de cueillir « lui-même » et qu'il o^rit à Mme Rugles. EUe consultait « Léontine » sur le clvoix d'une villa et s'interrompit pour le remercier.
vt^^^
* ptoposa^^ ^''^
^"""''fslue^^^^'^^'- r . trois
Quatre miUe pour la
- Ohl - objecta-t-elle embarrassée, — la distance... »
11 répliqua victorieusement.
« Peuh! avec une voiture!
- Mais, mon ami, Us n'ont pas de voiture, et d'ailleurs c'est trop grrand, beaucoup trop grand, — ait Mme Essler du ton dont elle aurait dit — beaucoup trop cher! »
I-es adieux, qu'accompagn^^^^ J^ basse grondante des cUiens, ^"rent contraints; et quand \^ ^r.iie a^^ pointues se re-
ZT^ ^-- ^le et qu eue eut sou-
derrière et comnie v
Av
niers ^^kur défensive, Afm un véritabie s^^"^
"°ïr;'= »>«-
.3 /^«feef
sentir emportée au *^^ «e
dans la fraîcheur f^^^
foisonnant de
^^Of,
Cistes
J'aviti
ques et de romarins r^u '"*
çut alors que la
aper-
M. Essler lui avait peu coûté
car tous les boutons de roses q'; composaient le bouquet étaient piqués, jaunis et flétris. Chose étrange, cela surtout, cela la révolta, en une pudeur intimement féminine -,11 lui en vint des larmes aux yeux. Ahl les amis!... Et dans une injuste défiance et une ombrageuse rancœur, elle souhaita que, contre toute évidence, ce ne fut pas ÎSÎoèmie CroxeVXe qu'elle avait devinée tou-t. ^ l'heure, entourée de ces Y:>ea.wT^ enfants, dans la voiture au. v^*^^^ âne. La reconna\irait-eUe «►e^vvVcment, >ïoémie> Si elle aWs^VX. Vn^
^vt^
lt>
TeWVes etv >^^^
Rien que dJ V it
demander au cocher Su ny^^^.^
pas un autre chemin, s il i^ nécessairement passer devant maison des Ferrier.
Mais déjà, au tournant de la
route, elle apercevait, comme
tout à l'heure, avec Cadet en
; moins, les enfants dans la rue.
Etaient-ils donc postés, la guet-
^^^"^nt-ils? Elle les vit s'agiter,
/ ^^ntrer, appeler quelqu'un, res- /
/ ^^^^^ et la regarder, curieux et
^Souriants. Mme Ferrier sortit /
5^'^^^"^"^ à son tour, et tous lui I
/ -Tèfe^^^^'!^ ^^ passage, les yeux en i
c/e ^ ^ ^'^ttente de quelque chose / -te o^^^^^^' ^e prévu, d'espéré!
/ ^^//o/^'"'' ^« Mme Ru^les s'émut '^
/ «^ -^z-,-^^^^nf. défaillit.
/BlL
\ui ven<
4ait
Pour des-
":ten«ette!Q"^"« bonne sur-
^"ei Mtne Rugles l'embrassa sur ges bonnes joues franches, à bouche et à cœur perdus, en balbutiant :
« AhîNoémie, ma chère amie. »
Depuis cinq semaines, xMinnie ne toussait plus, subissait le réchauffant bienfait d'un hiver <^e soleil, en ce clair pays qui paraissait délicieux à côté du pMteau de Mortefontaine grillé parles premières gelées, jonché de feuilles sèches sur les routes,
d'aVmospUfete craindre
gnsée,etVon avait pu et auv \ que la déprimante langueur Ji^^
5 l'abattait ne devînt une espec
\ sommeil éveillé et morbide, ^^^
\ torpeur aux yeux ouverts qui iâ
l prostrait, sans force, presque
sans souffle, dans Ja grande chaise longue cannée qu'on plaçait pour elle dans un tamise- / "^®"t d'ombre et de soleil, devant
/ ^^ perron de la villa, à l'abri d'un
/ '"'•'««^■f de mimosas.
/ eu à peu cependant, une faible
Jj^ueur lui revenait; si elle perse- Je <Jans ses répugnances pour
*e r^^'^ ""^ ^« ê^ig^ot rouges, elle co/jso ^"^®^^^^^"^' ^" moins, les
«a ^^^J^'^és au jus de viande que
-^e>i7^, ^^i présentait. Symptôme ^
^■»"e ^^^» elje revenait de Vinstinc -"^'ention que leur maus
Av
sade arrivée i^^^ ^
Saint'i^ré^ose ; ^^'^ '^-I^Iréesur encore fane ^^ c^l^^'' ^^^n p,, ce logis nouveau, /^f.^^^'^^^f de hostile des murs 4t d ''^^''^^^'"«'î étrangers, ^épersonnlilsr"''''" leurlocation à tout venant ^'''* elle en souffrait moins, s'y T' gnait avec une demi-indifférence" où entrait, il est vrai, un grand détachement de choses : car Minnie, comme tous les êtres jeunes que quelque maladie paralyse, se croyait plus malade qu'elle ne l'était et tournait au noir ses pensées.
Mais la résistance tenace, \a sève vive couvaient sous ce découragement d'âme et de corps, et c'en était un signe satisfaisarvt., pour madame Rugles qui, A^^'
rs
dv^
ri ère les persiennes closes salon, l'épiait, que de la voir Tes-^ pirer de temps à autre un loowc\we
d'oeillets que leurs vois^^»
\eft
vïi
un peut cYiat noir donne v^^^ Mme Loustigarel et doni suivait, avec un intérêt amUSe, les cabrioles, les torsions d'échinC, les rampements, partant soudain en détente d'arc et en jet de flèche.
Elle l'avait appelé Pierrot et c'est de bon cœur qu'elle riait, en ce Moment, soulevée sur un coude, et admirant cette folle petite vie <^e cJovvn nègre dont les jeux ésordonnés aboutissaient ensuite ^ si paresseux sommeils, sur
/ so^^^ ^u&les soupira et quitta
donn ^*^^*^ d'observation pour et jyr^'^ *^es ordres aux bonnes; /e ct,^^^'^^ fatiguée de regrarder ^
ïv>o ' *^^r tout la fatigruait t>ien
'^''^'t „n „-,.re qui reposait
essaya de Ut.^
sur
Ull€
bj,
Ses
mains s'abaissère^f'^
trop iourd, et la rôver°"^ "^P"''"'
fluide et berceuse '^ ^'^nvabit
en
d'elle-même et
flotta dans la se'^,'-^""^^- -^"^
<ïu décor qui r»„ tourait; elle apercevait la J, descente du jardin jusqu'à i; voie du chemin
par
de fer et, delà, un moutonnement de verdures sombres que sa mélancolie' comparait à des verdures de cimetière, et qui allaient mourir sur la route du bord de mer, où le plein large étalait son azur laiteux et nacré, aussi lisse qu'un miroir et ondulé de moires elliptiques.
A travers ce panorama de clarté que ses yeux embrassaient, eW© se contemplait aussi eUe-naè«ve, comme dans \a transparence ô.'vi^ grlace sans tain, et se voir ^^ ^ ^ sentir vivre et penser lui ^^^^^.^^^^^ douce et sinçjulière . aT\^o\e.
tantôt confuse et tantôt aiguë, parfois rétrécie au fil mince d'une idée fixe, plus souvent fondue et noyée dans l'immensité des choses dont elle faisait partie.
Songeait-elle à cet amour dont elle expiait si injustement l'espoir inavoué, la courte idylle achevée en drame bourgeois ? A quoi eûtelle pu rêver sinon à cela, ou aux tristes et ruminantes pensées de la maladie? Mais elle pensait à cet amour, et à Guy Davenne, comme à quelque chose et à quelqu'un de très lointain, de disparu.
Oh ! ce n'avait pas été sans révolte, soubresauts d'agonie, lutte désespérée d'un cœur aimant pour la première fois, qui se cramponne au possible, à l'improbable, à l'absurde même.
Mais quoi, ayant dû lâcher prise, et ce qui lui avait paru autrement douloureux, voir lâcher prise à l'homme qui aurait dû la défen-
dre, la conquérir et l'emporter de vive force, elle était tombée de si haut qu'elle ne ressentait plus que l'étrange étonnement d'exister encore, qu'on a dans le brisement de tous les membres qui suit une chute en rêve au fond d'un abîme.
Des pas, derrière elle, firent crier le gravier du jardin, elle ne se retourna pas, trop faible, et enlisée dans son anéantissement; deux petites mains s'appliquèrent soudain sur ses yeux et la plongèrent dans une obscurité rose et non sans charme; ces mains d'enfant étaient fraîches et douces. L'on se taisait pour n'être pas trahi par la voix.
« C'est Lucien! • dit Minnie.
Un petit rire tinta; c'était Colette, l'aînée des jeunes Ferrier, et non Lucien ; elle l'avait nommé parce qu'elle le préférait à son frère Jacques. Mais elle aimait
ÎT»
déjà beaucoup ^^^^^ __ dit
Jit son t'^'*^'' :eï r^'^^olis 1"»»=^^ . Vous dort.^ ^^^ 'vgoonne et
. vous >■'" j^t la jeune fi"^' ' .^cC ''^ resté très
ans avai^n' '"^'^n^ ^ vO«* ^^ "^^^ primesautiirc '^ ^t J^
«niant snco^^ visage.
«niant snco^^ ^j visage,
Veillée r . ja- ■:*' „ds cheveux
Minniere^'-^'^^sf^f ^-allait pas
ci^.,eu.f*'*' a^\^rrêta't ^"^Z
ju.,u-. -\;%.f ;u^*"-=^''"