ACTE PREMIER
en était capable. Mais demander de la sagesse à tout un parti ! . . .
PROSPERO
Il ne dépend de personne de me faire sortir de mon caractère.
GONZALO
Oh ! sans doute. Mais il dépend de vos prétendus amis de vous compromettre, et ils n'y manqueront pas. Votre séjour ici va devenir impossible. Vous vous rappelez cette intrigante, la baronne de Saint-Cerbonet ?
PROSPERO
QuoiJ cette vieille folle, qui destitue le bon Dieu quand il n'est pas de son avis. Je l'ai connue ; oui, je l'ai connue. Est-il possible que ce soit là ce qui mène le monde ?
GONZALO
Oui, c'est elle qui vous perd ; car, en intriguant
n L'EAU DB JOUVENCE.
auprès du pape pour votre restauration, elle irrite les Milanais. La femme est, dans les choses de ce monde, l'ennemi de la raison.
PROSPERO
Le repos ne sera donc jamais fait pour moi. On ne se soustrait pas à sa destinée. J'avais rêvé d'échapper par mon génie à la fatalité de ma naissance, mop parti me tient à la gorge, et de temps en temps secoue ma chaîne pour me faire souvenir que je suis esclave . Dire que je courrai peutêtre longtemps le monde avant de trouver une protection qui vaille pour moi celle de Caliban!
GONZALO
Grande dérision des choses humaines ! A notre âge, on cesse d'en rire.
PROSPERO
Eh bien, Hilarius, prenons l'habit de notre profession, allons nous escrimer en Garlande. Je ne m'appelle plus Prospero, je suis un maître