‹ L'eau de jouvence: suite de CalibanChapitre 21 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

en était capable. Mais demander de la sagesse à tout un parti ! . . .

PROSPERO

Il ne dépend de personne de me faire sortir de mon caractère.

GONZALO

Oh ! sans doute. Mais il dépend de vos prétendus amis de vous compromettre, et ils n'y manqueront pas. Votre séjour ici va devenir impossible. Vous vous rappelez cette intrigante, la baronne de Saint-Cerbonet ?

PROSPERO

QuoiJ cette vieille folle, qui destitue le bon Dieu quand il n'est pas de son avis. Je l'ai connue ; oui, je l'ai connue. Est-il possible que ce soit là ce qui mène le monde ?

GONZALO

Oui, c'est elle qui vous perd ; car, en intriguant

n L'EAU DB JOUVENCE.

auprès du pape pour votre restauration, elle irrite les Milanais. La femme est, dans les choses de ce monde, l'ennemi de la raison.

PROSPERO

Le repos ne sera donc jamais fait pour moi. On ne se soustrait pas à sa destinée. J'avais rêvé d'échapper par mon génie à la fatalité de ma naissance, mop parti me tient à la gorge, et de temps en temps secoue ma chaîne pour me faire souvenir que je suis esclave . Dire que je courrai peutêtre longtemps le monde avant de trouver une protection qui vaille pour moi celle de Caliban!

GONZALO

Grande dérision des choses humaines ! A notre âge, on cesse d'en rire.

PROSPERO

Eh bien, Hilarius, prenons l'habit de notre profession, allons nous escrimer en Garlande. Je ne m'appelle plus Prospero, je suis un maître

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