‹ L'eau de jouvence: suite de CalibanChapitre 25 sur 92 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE PAPE, tout bas.

Si pourtant c'était vrai !...

LE CLERC, reprenant.

«... Toutes choses qui, si elles ne sont pas mensongères et ne constituent pas ceux qui les disent à l'état d'imposteurs, marquent l'intervention certaine des esprits du mal.

« Nous omettons de vraies folies, des contes que de vieilles édentées peuvent seules accepter. A entendre ceux que cet homme dangereux a ensorcelés, l'eau en question serait capable de prolonger indéfiniment la vie, de ressusciter les morts, et ils content à ce sujet des fables que les hommes sin>ples répètent, si bien que ces fables sont pour les uns un objet de crainte, pour les autres un objet d'espérances, également malsaines. Il est écrit : Statutum est homini semel mori* et aussi Dissipabitur capparis. S'il vient un jour où la câpre

est' Sans effet... (Le pape fait un mouvement d'attention), c'est

30 v L'EAU DE JOUVENCE.

que Dieu a voulu que le vieillard ne fût pas distrait par les soucis du jeune homme et n'eût plus de pensée que pour ce qui doit l'occuper toute l'éternité. Ibit homo in domum œternitatis suœ. Or il serait absurde et téméraire et malsonnant de dire que la femme est destinée à occuper l'homme de toute éternité. »

LE PAPE

Arrête-toi. De pareilles idées sont tristes ; ces sorbonnistes n'ont jamais le moindre mot pour rire. Cet Arnaud m'est connu par mon cher fils le roi de Sicile, sur qui il pratique des médecines merveilleuses, et qu'il sauva de la mort. Il n'est, quoi qu'on en dise, ni de Villeneuve, ni Catalan. Continue.

LE CLERC

«... Tel est cet Arnaud que les ignorants admirent, et ils s'en vont racontant qu'à son appel les morts s'éveillent et qu'on n'a qu'à lui dire qui Ton veut revoir pour que le mort reparaisse. »

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