‹ L'eau de jouvence: suite de CalibanChapitre 34 sur 92 · LE PAPE, LE CLERC, L'OUVRIER · texte numérisé non relu

LE PAPE, LE CLERC, L'OUVRIER

Tons les trois regardent en silence le cercueil debout sur lequel est fixéeune plaque de plomb portant ces mots : Guallherus Brugcnsis.

LE PAPE , à l'ouvrier.

Ouvre,, emploie tes tenailles, ôte les clous, je veux voir.

L'ouvrier force le couvercle. Le squelette de Gauthier de Bruges apparaît menaçant. Clément recule de plusieurs pas.

LE PÀPEy en lui-même.

La cause a été jugée. Ce qui est jugé est toujours bien. L'arrêt a dû être juste.

Il s'approche lentement du squelette, qui le regarde de ses yeux vides. Un bras s'avance. Autour des doigts» sous l'anneau pastoral, s'enroule une petite bande de parchemin. Le pape regarde ce rouleau, effrayé; il le touche, puis recule, le touche encore, puis tire le parchemin. La main crispée du cadavr retient la cédule.

LE PAPE

Quoi ! tu résistes? Mais j'ai le droit d'ordonner. Ne sais-tu pas que mon pouvoir s'étend à tout chrétien, mort ou vivant. L'obéissance n'est-elle pas le premier devoir de l'homme d'église? Nous allons voir si tu es vraiment un saint, comme on le dit. Obéis, cadavre, obéis!

Le pape tire le parchemin ; tous les os de la main se répandent à terre.

LE PAPE lit rapidement.

« Dépouillé indignement, mourant de faim, pendant que mes spoliateurs dépensent les biens de mon Église en orgies, je t'assigne, pape Clément, avant une année révolue, au trône de celui

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