UN CLERC
Deux lettres, venant toutes deux de Milan, pour Sa Sainteté.
LE PAPE
Lis.
LE CLERC
(( Les soussignés, nobles de la cité de Milan, informés par des nouvelles certaines, se permettent de remontrer humblement à Votre Sainteté le péril qu'elle fait courir au bon droit et à la justice en couvrant de sa protection l'imposteur Prospero, dit Arnaud, lequel, suivant son naturel ambitieux, n'a près de Votre Sainteté qu'une occupation, c'est d'obtenir une bulle qui le rétablisse sur son trône de Milan. Faisons savoir à Votre Sainteté que ledit Prospero a perdu tous droits au duché de Milan
par son refus absolu de suivre sa noblesse et de défendre sa prérogative, si bien que tous ses artifices pour remonter sur le trône de Milan ne sont plus que manœuvres de séditieux. Votre Sainteté, gardienne du droit des princes, doit le traiter comme un des pires fauteurs de l'hérésie dangereuse qui met l'origine de la souveraineté dans le peuple. Et, pour l'empêcher de nuire au peuple chrétien, Votre Sainteté remplira son devoir en le faisant renfermer dans une étroite prison. »
Suivent les noms,
« La cité libre de Milan est informée par des messages certains qu'en ce moment se trouve près de Votre Sainteté un homme de naturel ambitieux et remuant, nommé Prospero, qui cherche par tous les moyens à regagner le trône de Milan, qu'il a justement perdu.
» Considérant que ses partisans cherchent ici par tous moyens à troubler l'ordre établi, et que certainement son séjour près de Votre Sainteté n'a