‹ L'Eau de Mer en Ingestion dans les Dyspepsies: Son Influence sur la Sécrétion Gastrique et l'Excrétion UrinaireChapitre 33 sur 37 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

In Thèse MaRtoN.

Dyspepsie chez un scrofuleux. — Eau de mer pure. — Amélioration.

sp 27 ans, garçon à bord du Maréchal-Canrobert.

Habitus scrofuleux. Ecrouelles. Eczéma rebelle à marche lente au ‘bras droit. Catarrhe nasal chronique. Fonctions digestives très irrégulières.

TRAITEMENT. — 300 grammes d’eau de mer. À été observé durant trois MOIS.

Résultats : Santé générale meilleure. Régularisation des digestions.

Barrère 8

Disparition complète de l'eczéma qui n'a été traité localement que par quelques applications de poudres adoucissantes.

. OBsErvarioN XX V (personnelle).

Recueillie dans la clientèle M. le D' H. LAMARQUE.

Dyspepsie chez une tuberculeuse à la seconde période. — Eau de mer coupée. — Amélioration.

Me C..., 52 ans, rentière.

Soignée pour tuberculose pulmonaire, à forme torpide, extrèmement lente, s'accompagnant de troubles digestifs très rebelles.

CommÉmoraTirs. — 1° Antécédents héréditaires : Père mort d'un ramollissement cérébral. Mère vivante et bien portante.

2 Antécédents personnels : Réglée à 13 ans, normalement; pas de maladies, si ce n’est des rhumes presque continuels l'hiver.

3° Histoire de la maladie : Après son mariage et à la suite de la naissance d’un enfant, M"° C... prend un refroidissement qui détermine une pleurésie droite, dont elle ne s’est jamais remise entièrement. Cependant, durant quelques années, sa santé s'est maintenue à peu près et elle eut un second enfant. A la suite de ce nouvel accouchement, elle est restée très faible, toussant toujours un peu, se nourrissant mal, ayant enfin des troubles de l'estomac et de l'intestin sans constipation. Il y a treize ans, en 1893, séjour d’un mois à Salies. Le traitement, fait dans de mauvaises conditions, amène la suppression des règles qui ne sont jamais revenues depuis. Dès cette époque la toux persiste plus ou moins forte. La malade va passer ses étés à la campagne, ce qui lui permet de manger un peu mieux et d'engraisser pendant trois mois, tous les ans. L'hiver, dès qu’elle revient à Bordeaux, elle remaigrit, reste presque toujours enfermée, mange à peine, tousse et ne se maintient qu’au prix de grands ménagements.

ETAT ACTUEL (au 20 novembre 1906). — £'tat général : Malade affaiblie et amaigrie, santé chancelante, femme chétive. Pas de céphalée, pas de fièvre.

Appareil respiratoire : Inspection : Crache et tousse un peu. Thorax amaigri.

Percussion : Submatité en arrière au sommet droit; à peine, en avant.

Auscultalion : À droite, respiration amoindrie, quelques frottements, quelques râles muqueux, petits craquements humides.

À gauche, respiration complémentaire, quelques râles muqueux.

Appareil digestif : Anorexie. Léger dégoût des aliments. Langue assez bonne. Gêne au niveau de l'estomac. Renvois insipides. Pas de vomissements; pas de constipation.

Inspection : Ventre ballonné.

Palpation : Sensibilité modérée. Pas d'induration.

Percussion : Sonorité exagérée. L'estomac est légèrement dilaté. Rien du côté du foie. l

Urines : Ni sucre, ni albumine.

TRAITEMENT. — Après maintes médications infructueuses, on essaie l’eau de mer.

24 novembre 1906 : 100 grammes à prendre, 50 grammes avant chaque repas, avec autant d’eau d’'Evian.

27 novembre : Nous élevons la dose quotidienne à 200 grammes.

4° décembre : Déclare à notre arrivée que le traitement fait merveille, stimule son appétit et facilite sa digestion. Pas de fièvre, pas de diarrhée. Elle est enchantée !

15 décembre : On note une augmentation de poids de 300 grammes, ce qui n’arrivait jamais à la malade pendant l'hiver! L'appétit est revenu et reste excellent. Il y a moins de gêne au niveau de la région épigastrique. Les selles sont régulières, une et quelquefois deux par jour, demi-molles, M®° C... dit se trouver très bien de son traitement; il lui semble avoir plus de forces. Enfin, chose excellente au point de vue moral, elle affirme « commencer mieux l'hiver que les années précédentes ». La malade étant levée, l'examen n’est pas pratiqué.

7 janvier 1907: La malade mange très convenablement de tout. Langue excellente. Elle n'accuse plus de gène épigastrique. Peu de renvois. Selles régulières. Ventre normal; il n’y a plus de sensibilité. La toux ne persiste que le matin et bien diminuée,

Me C... dit, avec plaisir, « qu'elle se maintient bien et que si cela

continüe, elle n'aura pas à se plaindre cette année ! » On interrompt le traitement pendant une huitaine de jours.

OBsErvATION XX VI (résumée).

Due à l’obligeance de M. le Dr J. CaRLEs.

Dyspepsie dans un cas de tuberculose pulmonaire au deuxième degré. — Eau de mer pure. — Amélioration.

M. D..., 31 ans, manœuvre aux chemins de fer du Midi.

Erar ACTUEL (au 12 octobre 1905). — Craquements humides au sommet droit, hémoptysie, toux incessante. Amaigrissement, perte de forces, quelques sueurs noctures, anorexie complète.

TRAITEMENT. — D'octobre à février, le malade est traité par des vésicatoires, de la viande crue, arsenic, thiocol.

Janvier 1906 : Poids stationnaire, 56 kilogr., sous l'influence du traitement indiqué. Toux incessante, perte progressive des forces et de l'appétit, nouvelles hémoptysies, vomissements.

À ce moment ingeslion d’eau de mer pure (1/2 verre) une demiheure avant chaque repas, ce qui détermine une diarrhée assez fréquente les premiers jours. Le malade en prend trois litres successivement, Sous l'influence de ce nouveau traitement, on note surtout une modification marquée de l'expectoration qui, de verte et profuse, devient jaune et moins abondante. Mais aussi grande modification de l'appétit, qui se relève et reste ensuite très bon. Diminution de la fréquence des vomissements. Le malade se sent surtout plus fort et reprend son travail.

Mars-avril: Continuation du traitement, Poids stationnaire de 56 kilogr. Continue à travailler.

Fin avril: L'eau de mer est suspendue. Immédiatement diminution de l'appétit, qui reparait à la suite de la reprise de l’eau de mer.

Mai : Toux beaucoup moins fréquente. Hémoptysie légère. Expectoration jaunâtre.

Le malade n'a plus été revu de tout l'été. Au commencement d'octobre, il revient à la consultation et dit avoir suspendu tout traitement depuis sa dernière visite, Il a beaucoup maigri., Gargouille-

ments au sommet droit; laryngite tuberculeuse légère. Nouvelles hémoptysies. Sueurs abondantes, Reprend l'eau de mer, mais n’a pas été revu depuis lors.

OBSERVATION XX VII (résumée).

Due à l'obligeance de M. le Dr J. Carues.

D yspepsie dans un cas de tuberculose pulmonaire au deuxième degré. — Eau de mer pure. — Amélioration et même guérison presque complète.

Madeleine G..., 24 ans, ouvrière.

COMMÉMORATIFS. — Pas d'antécédents. Maison saine.

Tousse depuis trois mois, laryngite, amaigrissement, pâleur, perte d'appétit.

ETAT ACTUEL (au 2 novembre 1905). — Craquements au sommet droit, en avant; premier degré en arrière, à droite, dans la région du hile. Pas de fièvre. Anorexie, nausées, dégoût des aliments.

TRAITEMENT. — Injection de plasma de Quinton : 20 centi-cubes tous les deux jours. On fait douze piqüres. Fièvre, agitation toute la nuit. À l’auscultation, diminution des craquements. Crache la moitié moinsettousse moins; pas autant d'étouffements. Petite hémoptysie après la deuxième piqûre.

Les dernières piqüres ne déterminent plus d'agitation, ni d'hémoptysie.

En janvier 1906 : Augmentation de poids (93 à 94 livres et demi).

5 janvier : Eau de mer en ingestion : deux verres par jour. La malade en prend un litre. À la suite se sent plus forte; mange beaucoup pendant tout le temps qu'elle prend l'eau et se trouve mieux qu'avec les piqûres. Petite hémoptysie (quelques filets de sang). Pas de diarrhée sous l'influence de l'eau de mer. Poids : 95 livres.

25 janvier : Deuxième et troisième litres d'eau de mer. Continuation de l'appétit. Amélioration des lésions.

Février : L'eau de mer est suspendue, Le poids retombe à 93 livres,

mais l'appétit se maintient bon.

Mars : Quatrième et cinquième litres d'eau de mer. Toux moins fréquente ; les craquements ont disparu.

17 mai : Sixième et septième litres. Un peu de diarrhée ; appétit énorme, fringale. Ne tousse plus, ne crache plus. On ne trouve plus de craquements, ni de râles au sommet.

En juin : Pèse 99 livres et prend son huitième litre.

En juillet : Continuation du bon état et neuvième litre d'eau de ner.

… Octobre 1906 : Très bon état. Madeleine G... travaille sans fatigue, a repris des couleurs et se déclare guérie.

A l'auscultation, légère diminution du murmure vésiculaire en avant. Rien en arrière, Ne crache pas du tout.

La malade n'a jamais pris d'autres médicaments, sauf au début, pendant les injections : viande crue, arsenic, codéine.

OBSERVATION XX VIILT (personnelle).

Recueillie dans le service de M. le Dr ARNOZAN.

Dyspepsie dans un cas de tuberculose pulmonaire au second degré. — Eau de mer pure. — Amélioration.

Jean C..., 29 ans, charron. Salle 14, lit 16.

Entré le 17 septembre 1906 pour congestion pulmonaire et violent point de côté.

COMMÉMORATIFS, — 1° Antécédents hérédilaires : Père vivant, bien portant. Mère souffre de l'estomac (49 ans) depuis dix ans; elle a

des vomissements et ne prend, presque, que du lait. Aurait une gastrite? Tousse beaucoup.

2° Antécédents collaléraux : Frères et sœurs tous morts jeunes : 6 ans, 8 ans, 2 ans!

3° Antécédents personnels : Peut-être fluxion de poitrine tout jeune. Fièvre typhoïde à 16 ans. Influenza en 1893, alors qu'il était en Amérique du Sud.

4° isloire de la maladie : I y à un an et demi, C... a commencé à -tousser. Ge rhume, accompagné de fièvre et de céphalée, s'est éter-

nisé. Un jour, après une quinte de toux, sensation de douleur très

vive au côté gauche, à la base du poumon. Depuis cette époque, la douleur n'a pas disparu ; de passagère, elle est devenue continuelle.

GC... entre à l'hôpital fin juillet 4905, chez le docteur Arnozan; on fait le diagnostic de tuberculose au début; vésicatoires, ventouses, potions, etc. De là, il va un mois au sanatorium de Pessac, puis rentre de nouveau à la salle 14, plus malade qu'au départ. Fièvre très forte; plus d'appétit. Il reste à la diète lactée pendant cinq mois, recommence à manger, puis retourne au sanalorium, où il séjourne deux mois.

Voyant qu'il n'allait pas mieux et craignant les froids, il revient définitivement dans le service le 17 septembre.

EraT ACTUEL (au 20 octobre 1906). — £{at général : Pas de sommeil; pas d'appélit, anorexie complète; fièvre presque continuelle, frissons, grand affaiblissement qui empêche tout travail et fortes transpirations. Poids stationnaire depuis plusieurs mois : 58 kilogr. Douleurs névralgiques sur tout le thorax. Céphalée continuelle. OEdème des membres inférieurs à la moindre marche.

Appareil respiratoire : Tousse aux changements brusques de température, mais pas continuellement. Crachats peu abondants, blancs, muqueux, filants, aérés; jamais de filets de sang ni d'hémoptysies, Rien au larynx.

Inspection : En avant, creux sus et sous-claviculaires prononcés. Partout thorax amaigri.

Palpation : Vibrations thoraciques augmentées en arrière, à droite.

Percussion : En avant, submalité très nette au sommet droit.

En arrière, matilé à droile, en haut; submatité au sommet gauche.

Auscultation : En avant, à droite, expiration prolongée et soufflante. Rien à gauche.

En arrière, à droite, obscurcissement de la respiration, Légers craquements.

Appareil digestif : Langue chargée, anorexie, renvois, quelques vomissements après le déjeuner du:matin, non consécutifs à la toux. Dégoût de la viande rouge et de la graisse. Pas de brülure, ni de pyrosis. Constipation opiniâtre.

Inspection : Ventre souvent ballonné.

Palpation : Défense musculaire. Pas de douleur vraie,

Urines : Pas d'albumine, pas de sucre.

TRAITEMENT. — 27 octobre 1906 : Le malade est mis au régime régulier de l'hôpital. En même temps qu'une potion pour la toux, l'on donne l’eau de mer pure à partir du lendemain : 100 grammes par jour. Cette administration est continuée pendant seize jours, et détermine au début une diarrhée très nette (sept ou huit premiers jours).

13 novembre : Augmentation de la quantité d'eau de mer : 200 grammes pure, par moitié avant chaque repas.

20 novembre : Etat général bien meilleur. Légère augmentation de poids. Douleurs thoraciques moins fortes et surtout moins continuelles. Maux de tête pour ainsi dire abolis dès le début du traitement. Plus de frissons, ni de fièvre.

Appareil respiratoire : Toux comme par le passé, crachats pas aussi abondants. Mêmes signes à l’auscultalion et à la percussion.

Appareil digestif : Bouche bonne, renvois assez nombreux mais très faibles et sans goût. « Grande augmentation d'appétit » maintient le malade malgré nos tentatives de dénégation. Plus un seul vomisssement. Constipation légère, faisant suite à la diarrhée passagère du début. Ventre encore ballonné.

On cesse l'eau de mer. Poids : 59 kilogr. 125. Gain : 1 kilogr. 495.

21 novembre : Aussitôt un vomissement dans la nuit suivante, qui est mauvaise! Et pourtant l'appétit se maintient augmenté.

OBsERvaTtoN XXIX (personnelle).

Recueillie dans le service de M. le D' ARNOZAN.

Dyspepsie dans un cas de tuberculose pulmonaire au premier degré. — Eau de mer pure. — Légère amélioration.

Madeleine D..., 23 ans, couturière. Salle 5, lit 7.

Entrée le 17 avril 1906 pour troubles pulmonaires et disparition de l'appétit.

COMMÉMORATIFS. — 1° Antécédents héréditaires : Sa mère est morte à 48 ans, presque subitement ; elle avait toujours été malade durant

sa vie. Père pas bien portant, tousse et crache beaucoup, sueurs abondantes; il a actuellement 58 ans. Oncle mort de la poitrine.

2° Anlécédents personnels. — Eut une maladie à 11 ans avec beaucoup de fièvre et de délire? À 13 ans, apparition de règles irrégulières, assez abondantes, douloureuses. À 20 ans, ovariolomie (kystes de l'ovaire). Depuis cette époque, douleur au niveau de la fosse iliaque gauche. Maux de têle, cauchemars fréquents, bourdonnements d'oreille, brouillards devant les yeux, tendance à l'évanouissement; quelques crises de pleurs. L'année dernière, pleurésie droite qui guérit assez vite, laissant un point douloureux.

3° Aistoire de la maladie : Depuis trois mois, la malade tousse, expectore de pelits crachals consistants et parfois striés de sang, mais non purulents, Il y à trois ans, elle fut soignée pour une dilatation d'estomac par le D' Sabrazès. Depuis cette époque, perte d’'appétit; la digestion se faisant mal, lentement. Renvois acides aussitôt après le repas, mais parfois durant toute la journée. Goût particulier pour certains aliments, surtout épicés, salade. Estomac assez intolérant; parfois vomissement du repas. Au réveil, la malade a souvent la bouche pleine d'eau. Amaigrissement depuis deux mois.

EraT ACTUEL (au 21 avril 1906). — £'{at général : Assez peu brillant. Affaiblissement et amaigrissement. Muqueuses décolorées. Céphalée et vertiges.

Appareil digestif : Les symptômes persistent tous. La langue n’est pes sale ; parfois, sur le trajet de l'æœsophage de même qu'à l'épigastre, sensation de brülure. L'estomac semble paresseux. Après le repas, la malade est obligée de se lever pour résister au sommeil. Selles normales jusqu'à aujourd'hui. Appétit nul.

Inspection : Ventre un peu ballonné. Pas d'ondulations.

Palpation : La pression est douloureuse, surtout à droite, et semble localisée au pylore ; la fosse iliaque gauche est également sensible. Le ventre est souple. Clapotage plusieurs heures après le repas.

Percussion : Pas de tympanisme, mais estomac notablement dilaté.

Appareil respiratoire : La malade se plaint toujours d'une douleur dans la région axillaire droite et jusqu'à l'épaule, augmentée par la respiration profonde et la toux. Celle-ci est assez fréquente; quelques crachats.

A la percussion, légère diminution de la sonorité en arrière et à droite. À gauche, sonorité normale. Rien à la palpation. En arrière, à l'auscultation du sommet droit, une respiration un peu soufflante, expiration légèrement prolongée; pas de râles, mais obscurité dans tout le poumon droit. À gauche, rien d'anormal.

Petite quantité d'une urine trouble, avec sédiment abondant. Traces très sensibles d'albumine, avec cellules épithéliales assez nombreuses et oxalate de chaux. L'urée et l'acide phosphorique total sont diminués, tandis que le NaCI est un peu fort. Poids : 51 kilogr. 600.

TRAITEMENT, — 21 avril 1906 : La malade absorbe un plein verre d’eau de mer pure. Le soir, coliques et diarrhée, Dimanche, lundi et mardi, mêmes phénomènes.

23 avril : On diminue la dose : 100 grammes avant chaque repas. Le soir, les selles sont un peu moins abondantes.

24 avril: La température normale 37° est montée de trois dixièmes à partir de lundi. L'appétit a reparu ; la malade demande à manger. Disparition des renvois; pas de tendance au sommeil. Du côté du poumon, pas de modification; la douleur persiste à droite.

28 avril : La malade a peu de douleur de tête, devient moins rouge après son repas. Disparilion de la diarrhée; la veille, pas de selle. Tousse toujours un peu.

1 mai : La douleur axillaire va en diminuant. De nouveau, quelques selles diarrhéiques.

4 mai : Maux de tête. On cesse l'eau de mer au bout de quatorze jours. Poids : 53 kilogr.

7 mai : La malade s'est enrhumée, tousse davantage, La diarrhée a reparu un peu.

11 mai : La malade part pour Pellegrin. Depuis la cessation de l'eau de mer, l'appétit a beaucoup diminué; les renvois aigres ont reparu. La malade tousse toujours, mais son poumon va mieux qu'au début, pas de râles. La submatité a presque complètement disparu.

Augmentation de poids : 1 kilogr. 400.

OBSERVATION XXX (personnelle).

Recueillie dans le service de M. le D' ARNoOZAN.

Dyspepsie dans un cas de tuberculose pulmonaire au second degré. — Eau de mer pure. — Amélioration.

Aline C..., 17 ans, domestique. Salle 5, lit 21.

Entrée le 10 avril 1906 pour douleur au côté droit et toux.

COMMÉMORATIFS. — 1° Antécédents hérédilaires et collatéraux : Nuls.

2 Antécédents personnels : Rougeole à dix ans avec angine et laryngite. Réglée irrégulièrement à 16 ans (8 jours).

3° Histoire de la maladie : I y à cinq ou six ans, pesanteur d’estomac, ballonnement après le repas, gargouillements, envies de dormir; signes de dilatation et d'atonie neuro-motrice. Il y a quelques semaines, céphalée assez marquée. À son entrée à la salle 5, un peu de congestion pulmonaire, avec submatité, qui dure cinq ou six jours.

EraT ACTUEL (au 20 avril 1906). — £'tat général : Faible. Pâleur générale des téguments, muqueuses décolorées, règles suspendues. Poids : 51 kilogr. 700 Température, 370.

Appareil respiraloire : Douleurs vagues, à droite de la poitrine particulièrement. Pas de toux. Ne crache pas. À la percussion, submatité de toute l'étendue du poumon droit, plus accentuée au sommet. Rien à gauche. L'auscultation montre quelques râles sibilants et muqueux à la base droite. À la fin de l'inspiration, au sommet, quelques râles humides; expiration prolongée et obscure; pas de craquements. À gauche, expiration prolongée.

Cœur et vaisseaux, rien. ;

Appareil digestif : Langue un peu blanche. Appétit capricieux, très peu marqué, avec préférence pour les mels vinaigrés. Pyrosis et renvois acides vingt minutes après le repas. Envies de dormir après manger. Vertiges, bourdonnements, brouillards. Constipation qui dure deux ou trois jours.

Inspection : Ventre non ballonné. Parois peu amaigries.

Palpation : Pas de défense musculaire. À peine une légère sensi- .bilité au creux épigastrique. La pression un peu forte détermine des renvois.

Percussion : Pas de dilatation marquée.

Rien du côté de l'abdomen.

Urines : 1 litre 500 environ, limpide. Ni sucre, ni albumine. Urée et acide phosphorique presque normaux. NaCI en quantité très normale. Pas de désassimilation.

TRAITEMENT, — 91 avril 4906 : On a commencé, la veille, à donner l'eau de mer pure à la dose de 200 grammes, avant chaque repas L'appétit a augmenté aussitôt. Pas de fièvre, mais de la diarrhée.

2% avril : Quelques maux de tête. Appélit maintenu. Bouche mauvaise le matin. La malade tousse toujours.

27 avril : Tiraillements à l'estomac. L'appétit continue. Pas de diarrhée. Rien de modifié au poumon.

4er mai : L'appétit se maintient. Lourdeur à la tête. Céphalalgie.

3 mai : La malade ne se plaint plus de douleurs d'estomac. Les aliments lui font plaisir. Le pyrosis a disparu.

4 mai : On supprime l'eau de mer après quatorze jours.

7 mai: Apparition de nouveaux phénomènes pulmonaires : congestion de la base gauche, râles sous-crépitants fins. Appétit toujours bon, mais douleurs augmentées au ventre et toux fréquente. Poids : 52 kilogr.

11 mai : L'appétit s'est maintenu, quoiqu'un peu diminué, depuis le 7 mai. Mêmes signes aux deux poumons.

Augmentation de poids : 300 grammes.

OBSERVATION XXXI (personnelle).

Recueillie dans la clientèle de M. le Dr H. LAMARQUE.

Dyspepsie dans un cas de tuberculose pulmonaire au premier degré. — Eau de mer pure. — Amélioration.

Me B..., 49 ans, ménagère.

Soignée pour tuberculose au début, avec phénomènes dyspeptiques prédominants,. |

COMMÉMORATIFS. — 1° Antécédents personnels : N'a jamais été malade à proprement parler, mais s'est toujours enrhumée facilement l'hiver. Réglée depuis l’âge de 13 ans, normalement; le mois dernier, pour

la première fois, les règles ne sont pas venues. Elle attribue cela à sa faiblesse croissante. Trois enfants ; accouchements normaux,

2° Histoire de la maladie : Me B... fut, cet été, à Arcachon, chez une parente, où elle s'est considérablement faliguée, Puis elle a pris froid et a commencé à tousser. Chose remarquable à noter : dès ce moment perte absolue de l'appétit, amaigrissement considérable, faiblesse et sorte de cachexie.

ETAT ACTUEL. — La malade est vue à son retour d'Arcachon, le

25 octobre 1906.

Etal général : Amaigrie; pas de forces; insomnie complète, état subfébrile surtout vers le soir. Décoloralion des muqueuses, Ce qui domine la scène, ce sont les maux de tête et les douleurs d'estomac avec irradiation inlercostale gauche.

Appareil respiratoire : Pas d'hémoptysies. Rien au larynx. Petite toux quinteuse avec expectoralion peu fréquente, souvent muqueuse, parfois muco-purulente. |

Inspection : Côtes saillantes, dépressions intercostales, Creux susclaviculaire prononcé, surtout à droite. |

Palpation : Vibrations thoraciques augmentées, en arrière, au sommet droit.

Percussion : Submatité légère à droite, surtout dans les fosses sus et sous-épineuses; peu perceptible en avant. A gauche, sonorité assez normale.

Auscultation : À droite, respiration rude, expiration prolongée, quelques rares craquements qui ne sont pas toujours perceptibles,.

A gauche, respiration un tant soit peu soufflante, expiration saccadée.

Appareil digestif : Anorexie complète; dégoût pour tous les aliments. Quelques renvois. Pas de régurgitations. Ni nausées, ni vomissements. Langue très saburrale. Constipation extrême, qui oblige à donner différents laxatifs.

Inspection : Parois très amaigries. Ni ondulations, ni contractions. Ventre un peu excavé.

Palpation : Grande sensibilité de toute la région épigastrique, se propageant le long des cartilages costaux. Pas d’induration. Légère

défense musculaire.

Percussion : Estomac légèrement dilaté. Foie normal.

Rien au cœur.

Urines : ni sucre, ni albumine.

TRAITEMENT. — Après Téchec d'une quantité de médicaments: cachets digestifs, pepsine, maltine, noix vomique, amers, et l’état de la digestion paraissant dominer la scène, nous donnons :

19 novembre 1906 : quotidiennement, 100 grammes d'eau de mer pure, 50 grammes une demi-heure avant chaque repas.

22 novembre : 200 grammes, toujours par moitié et pure.

23 novembre : La malade déclare que l’appétit est sensiblement augmenté et que les douleurs ont à peu près disparu. Depuis le deuxième jour du traitement, elle va deux fois par jour à la selle sans diarrhée, mais mou.

29 novembre : L'état s'améliore encore. M" B... mange de grand appétit. Ce qui frappe surtout, c'est la modification dela physionomie.

Appareil respiratoire : Ne s'améliore guère; cependant toux moins fréquente et expectoration moins abondante.

Appareil digestif : Langue moins chargée. On ne trouve plus de douleur nette à la palpation.

5 décembre : Continuation des mêmes améliorations. L'appétit se maintient bien et les selles restent régulières. Peu de changements du côté de la toux.

16 décembre : Même état satisfaisant. Beaucoup moins de sensibilité à la palpation du ventre. Pas de défense musculaire. La malade se déclare satisfaite, dit qu'elle va mieux et qu’elle mange plus que suffisamment; elle prétend même qu'elle ne tousse guère, mais en réalité la toux persiste surtout le matin, avec expectoration seulement muqueuse et peu abondante. L'état pulmonaire n’a pas sensiblement varié.

Fin janvier : Broncho-pneumonie grippale; la malade suceombe.

OBSERVATION XXXII (personnelle).

Recueillie dans le service de M. le D' ARNOZAN.

Dyspepsie dans un Cas de tuberculose pulmonaire probable. — Eau de mer coupée. — Amélioration.

Joséphine G..., 29 ans, domestique. Salle 5, lit 16.

Entrée pour fatigue générale et faiblesse de l'estomac.

ComMMÉMoRATIFS. — 1° Antécédents héréditaires : Père mort d'urémie. Mère morte après une opération au cou.

2° Antécédents collatéraux : Quatre frères, trois sœurs, aucun n’est malade, ni ne tousse.

30 Antécédents personnels : À trois mois, variole; à huit ans rougeole et coqueluche. Jusqu'à vingt ans est devenue de plus en plus anémique. Elle avait continuellement des tournements de tête, des vertiges et surtout des faiblesses d'estomac qui allaient jusqu'à l'évanouissement; palpitations de cœur. Pertes blanches abondantes, à seize ans, accompagnées de violentes coliques.

Réglée à 20 ans, très irrégulièrement (trois semaines, deux mois, cinq et six mois). Sang rouge, mais peu abondant. Pas d'enfant. Tumeur blanche, au genou gauche, à 23 ans. Le Dr Lanelongue fait une résection en 1902. Huit mois après, début d'une bronchite suspecte pour laquelle Joséphine G... entre chez le D' Arnozan en 1903. On fait le diagnostic de pleurésie, mais une ponction ne donne issue à aucun liquide (température 41°). Retour chez le D' Lanelongue qui ampute la malade. À Pellegrin, puis chez ses patrons elle recommence à tousser et crache du sang. Elle revient, en mars 1904, salle 5, et depuis ne quitte l'hôpital que trois ou quatre fois momentanément, ne cessant de tousser, de cracher un peu de sang et de beaucoup maigrir.

4 Histoire de la maladie : Au mois de mai 1906, ictère qui dure deux mois. Début, à cette époque, de phénomènes du côté de l'estomac, consistant en sensation de gonflement après manger (une ou deux heures), douleur sourde au niveau épigastrique, brûlure et nausées suivies parfois de vomissements, renvois et régurgitations

comme du vinaigre, En même temps diarrhée abondante et séreuse, sans glaires ni sang.

On n'institue aucun régime spécial et la malade continue à manger un peu de tout, surtout de la viande saignante. Inutile d'ajouter que l'état persiste tel quel et que Joséphine G... est toujours aussi souffrante de l'estomac.

Disons qu'au mois de septembre elle fut envoyée à Arcachon, où elle prit des bains de mer. Elle prétend en avoir retiré beaucoup d'avantages et mangeait alors très bien.

Érar ACTUEL (au 31 décembre 1906). — Ætat général : Affaiblie, très amaigrie, assez de forces non pour marcher mais pour se trainer. La station verticale est rendue difficile par des tournements de tête, des vertiges. Quelques migraines et quelques accès de fièvre vespéraux. Poids : 58 kilogr. 150.

Appareil respiratoire : En avant, à l’auscultation, respiration soufflante, râpeuse, à gauche.

En arrière, à gauche et en haut, expiration très prolongée; audessous, respiration soufflante; enfin, en bas, râles sous-crépitants.

En arrière, à droite, expiration encore prolongée, mais respiration moins soufflante, quelques râles sous-crépitants.

La percussion dénote de la submatité en haut, à droite et une légère matité en haut, à gauche.

Appareil digestif : Bouche plus ou moins mauvaise, suivant les moments. Langue bonne. Dents très abimées. Pyrosis. Douleur sourde, au niveau de la région épigastrique, qui fait place à de la pesanteur après avoir mangé; celte pesanteur est très forte et dure facilement vingt à trente minutes. Régurgitations fréquentes. Quel- ‘ques renvois. Souvent des coliques et presque toujours de la diarrhée, sans glaires ni sang. Pas de gaz.

Inspection : Ventre normal. Quelques contractions.

Palpation : Douleur au niveau de l'épigastre. Clapotage. Succussion hippocratique, à jeun.

Percussion : L'estomac commence à deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic, Foie normal.

TRAITEMENT. — Joséphine G..., qui est de retour à l'hôpital depuis une huitaine de jours, suit le régime régulier de la salle. Elle prend

à chaque repas : un morceau de pain, un verre et’demi de’vin, un morceau de viande de volume à peu près égal et une soupe. Un demi-litre de lait dans la journée, ;

Il n'existe aucune médication. On fail un repas d'épreuve.

2 janvier 1907: 100 grammes d'eau de mer, coupée avec aulant d'eau d'Evian afin de ne pas déterminer une aggravation de la diarrhée.

4 janvier : Bouche aussi mauvaise. La sensation de brülure persisle telle quelle. La douleur épigastrique parait, au contraire, un peu plus forte. Il n'y a plus de diarrhée ; les matières sont demi-molles, Pas de coliques. La palpation resle sensible. En somme, aucun symptôme n'est encore calmé, mais il semble y avoir un peu plus d'appélit.

5 janvier : On augmente la dose et l'on donne 200 grammes.

7 janvier : La bouche devient meilleure ; mais toujours du pyrosis. La douleur gastrique a complèlement disparu depuis deux jours ; enfin,après le repas, la pesanteur n’est pas si forte. Quelques renvois sans goût. Vers trois ou quatre heures de l'après-midi, quelques régurgitations, acides maintenant. La diarrhée est toujours calmée ; la malade va une fois à la selle par jour. Beaucoup plus d'appétit. Elle sent qu'elle mangerait avec plaisir, si les mets lui plaisaient davantage.

9 janvier : Appétit très augmenté. Le pyrosis persiste ; peu de renvois. Mauvaise bouche, le matin à jeun seulement. Selle quotidienne demi-dure. Les forces semblent revenir un peu et la malade nous accueille très gaiement. is

13 janvier: Bouche sans mauvais goût, Le pyrosis augmente. Douleurs épigastriques supportables, deux ou trois heures après le repas de midi surtout. Quelques renvois acides et quelques régurgitalions. Réapparition de légères coliques et de diarrhée abondante depuis deux jours environ. Beaucoup d'appélit.

16 janvier : Langue rose, bouche un peu amère. Pyrosis peu violent. Ni douleur, ni pesanteur. La diarrhée à cessé une seconde fois : une selle journalière accompagnée de légères coliques. Appétit encore très augmenté. La malade aurait mangé, hier soir, deux portions de l'hôpital.

Barrère 9

Salle 5, lit 16. — Durée du traitement : 14 jours.

ÉLÉMENTS DOSÉS

Aspect Acidilé lolale.. . . .

CIDRE Me CN

Chlorures fixes. . . .

Chlore Lolal Rapport Rapport %

Acide lactique. . ..

Acide acélique. . .

Acide bulyrique. . .

Peptones

sfr ions de ie CA CAD EN

Dexlrinés Sr e

Sucre réducleur. ..

Volume (24h)...

Densilé à + 159...

Réaction Aspect

Urée Ril)e Pre, Phosphales (24h). ,

Chlorures (24h)...

Albumine

ue ll ire es

AVANT L'EAU DE MER | APRÈS L'EAU DE MER | DIFFÉRENCES

———— | eme CONTENU STOMACAL 100 ce. 120 cc. + 20 cc.

jaune pâle jaune très pâle "fade normale + normale normale normale —= mat. assez bien divis.|matières bien divisées| + digéré 1,460 1,967 + 0,507 0,730 1,310 + 0,580 0,657 0,584 — 0,073 2,403 2,121 — 0,282 3,190 4,015 + 0,225 1,00 2,00 + 1,11 ad — traces faibles 0 —— 0 0 0 0 0 0 abondants très abondants + erylhro : abondants | id. il.

acroo : présence 9,80 8,66 — 1,14 URINE 1.500 1.300 — 1.018 1.020 + hypoacide acide + acide louche louche — normal normal = 24,000 21,900 -L 8,900 1,500 1,630 4. 0,130 16,140 17,480 -+ 1,340 0 0 0 0 0 0 traces traces —— POIDS 58 kil. 150 60 kil. 150 + 2 kil. 000

Palpation : Pas de défense, ni de douleur ; seule une légère sensation de sensibilité épigastrique.

Percussion : Estomac moyennement dilaté. Clapolage peu nel à jeun.

On cesse le traitement et l'on fait, après vingt-quatre heures d'attente, un nouveau repas d'épreuve.

$S IV. Dyspepsies gastro-intestinales.

OBSERVATION XXXIIL (résumée).

Due à l'obligeance de M. le D' J. CARLES.

Dyspepsie gastro-intestinale ; entéro-colite muco-membraneuse. — Eau de mer pure. — Grande amélioration.

Me H..., 25 ans, couturière.

ETar ACTUEL (mai 1906). — Depuis un mois, nausées continuelles, pas d’appétit, pesanteur après le repas, beaucoup de gaz. Constipation légère; glaires constantes dans les matières fécales et pelites peaux blanches. Langue bonne. Toujours un peu essoufflée, pâle, mélancolique. Ne tousse pas. N'a jamais eu d'enfants et n'a jamais fait de fausses couches. Rein mobile au troisième degré, avec le signe de Glénard très net.

Antécédents éthyliques : Chargés. Beaucoup de vin blanc et d'absinthe.

TRAITEMENT. — Eau de mer et bande Velpeau autour du ventre, Cessation complète de tout alcool.

Huit jours après la malade se sent très bien. Bon appétit et même fringale ; selles très régulières, sans glaires; pas de diarrhée à aucun moment. Se déclare enchantée et se promulgue guérie.

Juillet : Depuis le mois de mai, ni médicaments ni eau de mer. Appétit excellent; selles régulières. Pas de mélancolie.

La malade a supprimé l'alcool et, certainement, c'est une cause à faire intervenir à côté du traitement marin qui se trouve ainsi un

peu masqué.

Ossenvarion XXXIV (personnelle).

Recueiilie dans la clientèle de M. le Dr H. LAMARQUE.

Entéro-colite muco-membraneuse chez une névropathe. — Eau de mer coupée. — Amélioration remarquahl”.

M'e S..., 24 ans, sans profession.

En traitement pour une gastro-entérile muco-membraneuse,

Commémorarirs. — 1° Antécédents héréditaires : Père rhumatisant, qui a une dilalalion d'estomac. Mère neuro-arthrilique.

2 Antécédents collatéraux : Un frère qui se porte bien.

30 Antécédents personnels : Réglée à 13 ans, régulièrement, mais avec dysménorrhée. Soignée, à plusieurs reprises, pour troubles nerveux, phénomènes du côlé de l'estomac et petite toux spasmodique.

4° Histoire de la maladie : Au mois de mai 1906, M''° S... est prise de maux de tête violents avec constipation opiniâtre et douleur au niveau de la fosse iliaque gauche ; celte douleur Ss'irradiait, par moment, dans tout le ventre. Insomnie. On institue un premier traitement composé de calmants et de purgations. Les douleurs de tête cessent, mais celles du ventre s'accentuent et s'exaspèrent dès que la malade fait des efforts pour manger, d'où nécessité de prescrire le régime lacté qui est seul supporté.

L'insomnie persiste, ainsi que la constipation qui, maintenant, s'accompagne de glaires. Série de purgations répétées et de laxatifs : sulfate de soude, calomel, scammonée, cascara. La malade est vue en consultation par M. le professeur Arnozan qui ordonne l'eau de Châtel-Guyon, quelques lavages de l'intestin et des aliments légers qui ne peuvent être supportés; retour au lait. L'état, grâce à ce lait et à la belladone, s'améliore lentement, mais le ventre reste sensible et la constipation persiste toujours, avec des glaires parfois sanguinolentes.

Erar ACTUEL (au 2% novembre 1906). — £tat général : Amaigrissement nolable, mais non excessif. Forces diminuées. Muqueuses légèrement décolorées. Humeur changeante et inégale. Toujours une légère insomnie et quelques maux de lête. Pas de fièvre.

Appareil respiratoire : Rien à noter. Rien non plus au cœur,

Appareil digestif : Langue saburrale. Appétit très restreint. Ni renvois, ni vomissements. Constipalion extrême.

Inspection : Ventre légèrement ballonné.

Palpalion : Sensibilité légère à l'estomac, nulle au niveau du foie, appréciable dans la fosse iliaque droite et surtout dans la fosse iliaque gauche; pas de corde colique. Pas de dilatation exagérée de l'intestin.

Percussion : Une (rès légère dilatation de l'estomac.

Rien du côté des urines. Règles loujours accompagnées de dysmenorrhée très violente.

TRAITEMENT. — L'équilibre alimentaire de la malade se trouve assuré, puisqu'elle ne prend que du lait et des œufs, aussi :

2% novembre 1906 : Nous prescrivons 100 grammes d'eau de mer avec parlie égale d'eau d'Evian.

27 novembre : Nous! portons la dose journalière à 200 grammes, avec toujours eau d'Evian. \

29 novembre : M! S... se sent beaucoup plus d'appétit; elle trouve ceite médicalion « très bonne » et la prend avec grand plaisir ! Elle a quotidiennement deux selles pâteuses, ce qui la ravit; mais il lui semble être plus énervée la nuit.

8 décembre : Quelques coliques; mais c'est le moment des règles qui sont toujours douloureuses. L'énervement a cessé ; le sommeil est revenu. Elle ne va plus qu'une fois à la selle, mais loujours pâteux, moulé; encore quelques glaires, mais rarement. L'appélit reste augmenté. Il ne paraît pas y avoir d'augmentation de poids, cependant la physionomie est meilleure.

18 décembre : Continualion de l'amélioration. Selles toujours régulières, alors que la malade avait une constipalion intense. Enfin, on commence à augmenter et à varier son alimentation.

Nous cessons l’eau de mer pour quelque temps.

29 décembre : La malade vient à la consultation du D' Lamarque parce qu'elle ne va plus aussi bien depuis trois ou quatre jours. Elle ne peut plus manger, « son estomac s'est fermé ». Enfin, elle ne va pas à la selle et la constipation, qui la Lerrorise, s’est installée de nouveau, Son unique préoccupation est de recommencer l'eau de mer.

5 janvier 1907 : Depuis qu'elle a repris l'eau salée, l'appétit a

reparu plus fort que jamais. Elle se trouverait admirablement si elle n'avait attrapé un refroidissement. Selles de nouveau régulières et satisfaisantes, sans glaires.

16 janvier : Bronchile grippale ayant évolué normalement. Cessation, pendant ce lemps, de l'eau de mer. La langue est devenue saburrale; l'appétit ne se maintient pas et la constipation a Lendance à revenir. À recommencé l'eau de mer depuis hier.

3 mars : L'amélioration s'est installée définitivement chez cette malade qui commence à vaquer à ses affaires, sans éprouver ni fatigue, ni troubles intestinaux.

OBsERVATION XXX V (personnelle).

Recueillie dans la clientèle de M. le Dr H. LAMARQUE.

Dyspepsie gastro-intestinale. Entéro-colite muco-membraneuse. — Eau de mer coupée. — Amélioration.

M°e R..., 34 ans, sans profession.

A fait appeler le docteur pour troubles de l'estomac et de l'intestin.

ComMÉMoRATIES. — 1° Antlécédents hérédilaires : Mère rhumatisante. Père dyspeptique et obèse.

Pas d'antécédents collatéraux.

2° Antécédents personnels : On ne relève aucune maladie dans l'enfance. Réglée à 15 ans, normalement, et depuis les règles sont demeurées régulières, mais toujours douloureuses; quelques pertes blanches. MR... a eu un enfant en 189%; elle n'en a pas eu d'autres et n'a jamais fail de fausses couches. Il faut noter déjà des vomissements quotidiens au cours de la grossesse. En effet, la malade a toujours souffert un peu de l'estomac. C'étaient d'abord des envies de vomir, le malin au réveil, et il ne se passait guère de mois sans que ces envies fussent suivies, au moins une fois, de vomissements bilieux. Puis du pyrosis surtout après ingestion de graisse; des aigreurs, deux heures après avoir mangé; du ballonnement du ventre. Quatre ou cinq heures après le repas, elle avait encore le goût de ses aliments. Tous ces phénomènes s'accompagnaient de lassitude

générale, d'énervement, sans que le sommeil fût modifié. Les selles élaient toujours régulières, plutôt un peu diarrhéiques. La malade a remarqué « qu'elle se portait toujours mieux de septembre à mai, période pendant laquelle elle mange, deux ou trois fois par semaine, des huîtres bien fraiches! »

Pollakiurie ancienne, en rapport avec une antéflexion utérine. Quelques varices depuis son accouchement.

En 1899, influenza à la suite de laquelle persistèrent des sifflements bronchiques ; el, depuis, tous les hivers, M"° R... a dû être soignée pour un peu de bronchite emphysémateuse. Elle présente actuellement un Lype arthritique très net : douleurs intercostales, lumbago, douleurs aux genoux et aux épaules.

3° Histoire de la maladie : En somme, malgré ces multiples indispositions, l'état de M®°R... restait compatible avec une santé passable. Nous arrivons ainsi au 15 juillet 14906; à ce moment crise caractérisée par des vomissements et de la diarrhée avec glaires en quantité. Elle reste huit jours sans manger avec des douleurs de ventre très violentes, puis s'en va à Arcachon, en pleine crise. Dès son arrivée dans celle stalion, l'état s'améliore presque instantanément. Elle mange beaucoup d'huiîtres et même des crevettes qu'elle digère fort bien. Puis elle prend des bains de mer et comme elle est excellente nageuse, dans ses évolutions il lui arrive d'avaler quelques gorgées d'eau salée. Ces jours-là, elle avait un grand appétit, le soir.

Dès son retour à Bordeaux, M"° R... se trouva beaucoup plus mal. Les selles revinrent fréquentes, diarrhéiques, glaireuses, sanguinolentes, s'accompagnant de coliques. Mise au lait, les glaires et le sang diminuèrent un peu. [l n'y avait plus de vomissements, mais à mesure que l'intestin s'arrangeait, la malade trouvait que le lait n'allait pas à son estomac et l'empêchait de saliver. Depuis le commencement de la maladie, la langue est affreuse. L'examen pratiqué au début (fin août) a montré : une dilatation notable-de l'estomac qui élait très sensible au palper, une douleur au niveau du foie, de la succussion hippocralique; le ventre élait plutôt rétracté. Le traitement par le lait a amené une amélioration sensible des phénomènes intestinaux, mais depuis plus d'un mois l'état reste stationnaire.

L'amaigrissement, assez considérable, n'augmente pas, et le poids demeure le mème avec plutôt tendance à faiblir. C'est alors que nous nous décidons à essayer l'eau de mer. :

Erar AcruELz (au 10 décembre 1906). — Ætat général : Femme amaigrie, affaiblie, fatiguée facilement, un peu pâlie. Pas de fièvre, pas de céphalée. Poids : 57 kilogr.

Rien aux différents organes. |

Appareil digestif : Très légère douleur au niveau de l'estomac et du foie, simulant plutôt de la pesanteur. Ni régurgitations, ni renvois. Langue blanche. Haleine forte. Anorexie, Les dents sont en excellent état. Allernatives de conslipalion et de diarrhée avec glaires.

Inspection : Ventre normal, toujours un peu rétractlé.

Palpation : Sensibilité encore notable, à la pression, au niveau du creux épigastrique. Le palper du foie n'est plus douloureux. Un peu de clapotage et de succussion.

Percussion : L'estomac est moins tympanisé et moins dilaté qu'au début.

TRAITEMENT. — On inslilue un régime composé de : purées, nouilles, viandes. blanches, légumes, lait et laitages, puis on fait un repas d'épreuve dont nous consignons plus loin les résultats.

15 décembre : 100 grammes d'eau de mer pris quotidiennement avec autant d’eau d’'Evian.

18 décembre : La dose est portée à 200 grammes.

19 décembre : La digestion est notablement activée. Il y a bien de la pesanteur, pendant les deux heures qui suivent le repas, mais ensuite elle fait place à une sensation de grande faim que la malade n'avait jamais éprouvée. Il n'y à pas de diarrhée, plutôt une tendance à la constipation. L'urine est sensiblement diminuée et conlient, depuis les premiers jours, une grande quantité de sable rouge. Les yeux sont un peu bouffis. Elle a mangé dimanche trois huitres qu'elle a très bien digérées.

2% décembre : La douleur, ressentie dans la région de l'estomac et du foie, sous forme de pesanteur, à complètement disparu. Pas de renvois. Langue plus propre et haleine moins mauvaise. La tendance à la constipation parait avoir augmenté, mais cependant la

Re

M'° R... — Durée du traitement : 25 jours.

ÉLÉMENTS DOSÉS

Aspect ne ler sl. Acidilé totale. . . ..

HCI libre

Chlorures fixes . . . .

Chlore total. 1% Rapport — Rapport Acide laclique . . . .

Acide acélique.

Acide bulyrique . . .

Peptones

eee Lie (60 0

Bexirines 2 37 2

Densilé à + 159. ..

Réaction Aspect Sédiment ter Urée (241) Phosphales (24h). .

Chlorures (24h). . .

Albuminem tem.

CSC OCR

AVANT L'EAU DE MER

CONTENU STOMACAL

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