FILS DE DAVID, ROI DE JÉRUSALEM
[Yanité absolue de toute chose. Le monde est un cercle où les faits se répètent
sans résultat ni progrès.]
Vanité des vanités, disait Cohélet ; vanité i, 2. des vanités ; tout est vanité !
Quel profit l'homme retire-t-il des peines 3.
qu'il se donne sous le soleil? Une génération 4. s'en va ; une génération lui succède; la terre
cependant reste à sa place. Le soleil se lève ; 5.
i. Voîrintrod., p. lOetsuiv.
le soleil se couche ; puis il regagne en hâte 6 le point où il doit se lever de nouveau. Tantôt soufflant vers le sud, ensuite passant au nord, le vent tourne, tourne sans cesse> et revient éternellement sur les cercles qu'il a
7. déjà tracés *. Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne regorge pas, et les fleuves reviennent au lieu d'où ils coulent pour couler encore ^.
8. Tout est difficile à expliquer ; l'homme ne peut rendre compte de rien ; l'œil ne se rassasie pas à force de voir ; l'oreille ne se remplit pas à force d'entendre.
i. Tous ces exemples de forces naturelles agissant d'une façon circulaire prouvent que rien n'est nouveau, et aussi que tout est vain, puisque tout se répète en pure perte. Comparez Sénèque : Nullius rei finis est, sed in orbem nexa sunt omnia. Omnia transeunt ut revertantur; nil novi video, nil novi fado (Epist. 24).
2. L'auteur suppose sans doute que les sources des fleuves communiquent avec la mer par des conduits souterrains et sont, selon l'image orientale, « des yeux: de la mer ».
Ce qui a été, c'est ce qui sera ; ce qui est 9. arrivé arrivera encore. Rien de nouveau sous le soleil. Quand on vous dit de quelque 10.
chose : « Venez voir, c'est du neuf, » n'en croyez rien ; la chose dont il s'agit a déjà existé dans les siècles qui nous ont précédés. Les hommes d'autrefois n'ont plus chez nous il. de mémoire ; les hommes de l'avenir n'en laisseront pas davantage chez ceux qui viendront après eux.
[Première expérience de Fauteur. Vanité de la science.]
Moi, Cohélet, j'ai été roi sur Israël, à Jéru- i, 12. salem. La première application que je fis de 13. mon esprit fut de rechercher et d'examiner avec soin tout ce qui^se passe sous le soleil. J'arrivai bientôt à reconnaître que c'est la
pire des occupations que Dieu ait données aux i4. fils d'Adam pour s'y user. Ayant vu, en eflfet, toutes les choses qui se font sous le soleil, je n'y trouvai que vanité et pâture de vent.