THÉRÈSE, CHRISTOPHE
CHRISTOPHE
Quelle brute ! quel crétin! quelle guimauve! quel parapluie!
THÉRÈSE
Qu'est-ce qui te prend donc, Christophe?
CHRISTOPHE
Ce qui me prend?... une si belle, uno si superbe femme... Oh!
THÉRÈSE
Parlera»* tu ?
CHRISTOPHE
Oh ! si j’avais été b sa place!
THÉRÈSE
Tu étais donc lb?
cnniRTOpnB.
Oui, oui, oui, j’étais lb !
TnfiRÈSE.
Et, b sa place, qu'aurais-tu fait?
CHRISTOPHE
A »a placo ! j’aurais dit qu’il n’y a pas votre pareille à la rondo pour les yeux, le nez, la bouche... ri...
THÉRÈSE
Christophe !
Christophe, lui caressant le bras.
Une peau de satin, quoi I (Lui prenant la taille.) Une taille!... oh! rien que d’y toucher... ça me fait comme si j’avais un feu d’artifice après moi ! ça me brûle, ça m’enflamme, ça mo calcine ! paro b vos joues, bourgeoise! gare h vos... (Il r embrasse, puis s’écrie a rtc force.) Ça m’a échappé t
tiiérêse, à demi fâchée.
Comment, monsieur Christophe!... vous qui paraissez si doux, si tranquille...
CBMSTOME, pleurant.
Pardonnez- moi, mademoiselle Thérèse; jo n’étais plus maître de moi, et c’cst mon inllrniité qui m’a pris.
THÉRÈSE
Sou infirmité?
CHRISTOPHE
Ah!... le maître d’école avait bien raison, c’csl ça qui devait * me perdre; et... b présent, me voilà perdu !
THÉRÈSE
Perdu?
CHRISTOPHE
Oui... l'aspect de vos épaules... Ah! ah ! v’Ib quo ça me prend encore. (71 I entoure de ses bras et l'embrasse beaucoup plus fort et beaucoup plus longtemps que la première fois.)
THÉRÈSE
Ah ça, monsieur, utes-vous Tou y... voulez-vous finir I... je vais appeler du secours.
CHRISTOPHE
Eh bien oui, au fait, appelezt vous aurez raison! il faut faire un exemple! («S’animant.) Je vais moi-méme rassembler tous les gens du village, et jo leur dirai : « Monsieur le mairo, je de- » mando qu’on me îasso soigner aux frais do la commune... jo » suis malade ! voici la bourgeoise, qui ne m’a aulorisé en rien » h lui manquer d'égards, car enfin... vous no m’avez pas aun torisé... ch bien ! jo viens do lui sauter au cou, et jo l’ai em- » brassée vingt fois! b deux reprise» differentes! ce n’est pss p naturel, je suis malado ! je demande un médecin ! (Criant.) Jo » demande un médecin, na ! »
THÉRÈSE
Voulez-vous vous taire!... un scandale pareil... Mais comment avez-vous entendu co quo je disais b Janvier ?... vous écoutiez donc, monsieur ?...
CHRISTOPHE
Dame! bourgeoiso, c’est quo j'avais prié Janvier de parler pour moi.
THÉRÈSE
Pour vous?
CHRISTOPHE
Oui, jo l’avais chargé do vous dire quo je voudrais bien ôtro postillon... mais, à présent, il n’y faut plus songer... après l’injure que je vous ai faite; après la colère où vous voilà ; après vous avoir...
THÉRÈSE
C'est boni
CHRISTOPHE
Embrasséo.
THÉRÈSE
C’est bien, monsieur, jo vous défend» d’en diro davantage... une pareille conduite; vous devriez rougir.
CnRISTOPIIK.
) Ah! j’en rougis, bourgeoise, j’on rougis beaucoup!... mais...
ï:é<;hkm,e de femmes.
si je me retenais pa*... je crois que jo recommencerais. (// fait un pas vers elle )
' tiiéiiùse , s'éloignant.
Voulcz-vous bien finir, h la fin ?
CHRISTOPHE
Oui, bourgeoise, jo m’en vas. (// s’avance encore.) Jo m*on... Thérèse, r<r;i/anf. •
Mais pas par ici... par lh... allez h la grange, monsieur, ranger le loin qu’on y a ramené tantôt... j'irai roir, plus tard, quand vous serez plus sage, si tout est on ordre, (^t«c plus de douceur.) Allez, mauvais sujet.
CHRISTOPHE
Oui, bourgeoise. [A part.) Tiens! c’est drôle, elle n’est pas si fâchée quo j’aurais cru.
ENSEMBLE
Air : Pat det statue i ((telle c«s cheveui a* or).
O surpris! 1 J EUe semble iailécisr.
Ms teuJreïse Lui plaît, riuteresv.
Sa colire Est tegèro Et son cœur
Pardonne à mon ardeur.
THÉRÈSE
De surprise ,
Oui, je semble indiciel 1 }
Sa tendresse Me platt et m'intéresse ;
Ma colère Est légère Et mon cœur Pardonne à son ardeur.