SCENE VU
JULIETTE, puis CHRISTOPHE.
JULIETTE
Quoi intérôt si grand (.eusse donc Mathilde h mo demander ce brevet ?...
Christophe, rentrant avec r encrier dans une main et la sablière dans l'autre.
Ah I vous avez promis, madanio la comtesse! nous verrons comment vous tiendrez celte pn>mossc-lè !...
Juliette, s’asseyant.
Je vous remercie, monsieur... De l’encre, s’il vous pbtt... ( Christophe (nid la sablière, Juliette y plonge la plume. ) Mais vous me faites tremper la plume dans le sable!... N’avez-vous pas entendu? c’est de l’encro que je vous demande...
CHRISTOPHE
Oh! mille pardonnes, milady! .. ( Elle en prend et écrit. Christophe lisant par-dessus son épaule. A part. ) Commi ni! c'est le brevet qu’tdlo demande pour un autre... è ma barbe ! avec l'encre que jo lui donne?... c’est trop fort!
JULIETTE
De l’oncre... ( Christophe présente la sablière.) Endbrc !
CHRISTOPHE
Oh I mille pardonnes encore, milady..,
JULIETTE
Vous êtes bien disirait, monsieur... ( Elle continue à écrire.) Voilà qui est fini...
CHRISTOPHE, à part.
Pas toat à fait...
JULIETTE
Du sable... (Christophe renverse Tencre.)
Juliette, se levant.
Mais c’est l’encre, monsieur ! mais c’est l’encre que vous versez sur ma lettre!. ..Vous ôtes d’uno maladresse!...
Oh ! yes! j’étais unogrando petite maladroite; mais il fallait pardonner moi ; j’étais touto biouleversée , parce que ie savais que vous pouvez pas «offrir moi à cause que j’étais Anglais.
JULIETTE
Ah t vous pensez encore...
CHRISTOPHE
Depuis colle mot do vous , il me déplaisait beaucoup mo n ncchione.
Juliette , avec gaieté.
Vraiment...
CHRISTOPHE
Et si je pouvé, j’y renonçai volontüro b mon patrie I... Jo voulais parler commo vous... Jo voulais savoir le nom de touL
JULIETTE
En vérité?
Christophe , lui prenant la main.
Comment vous appel z celle chose?
JULIETTE
Cela ?...
CHRISTOPHE
Ouï. cotte chose...
JULIETTE
Cela s’appelle : une main.
0!i! uno main! Jo oubliais jamais... C’est... (/Vononcanf bien ) unojulie petite main!...
JULIETTE
Mais c’cst cela, ça commence à marcher...
CHRISTOPHE
Y o Irovez... (Avec fin este, à part.) Ça commence h marcher. {Haut.) F.t lorsqu’on approché le lèvres de cette jolie petite main , vô appelez ça ?...
Juliette, gaiement.
R.iscr h main?...
CHRISTOPHE
Baiser la main?... (Jl la lu baise.) Ahl ceci c’était baiser la main... #
JILIETTft.
Juste... mais ça marche à merveille!...
ClttlISTOPIlR.
Oui , jo trouvé que cela marc luit pas mal... Oh ! j’avais pas mal do disposichions... Voyez, Milady. (Lui boisant la main, s animant.) Ceci, baiser la main. . ceci, baiser le bras... (/Ile lui èflise.) Ced, baher... (U s'approche de son épaule.)
Juliette , se fâchant.
Monsieur... monsieur... je vous prie de no plus recommencer.., La leçon est, je crois, suffisante.
CHRISTOPHE
Alors, je emportai moi, milady, jo emportai moi bien loin, parce quo j’etats trop malhourouso de déplaire h vous.
Allons, c’est bien... jo vous pardonne, mon ami !
Christophe, faisant un soubresaut.
Oh!
JULIETTE
Qu’est-co donc ?
CHRISTOPHE
Oh ! mon hami !... vA avez dit ça à moa avec un son de bouche... que co son il avait serré mon quieur... cl coupé h moa le... respircchcnne.
Juliette, à part.
En effet, il a l’air tout ému. (/faut.) Eh bien! oh allez-vous donc?
CHRISTOPHE
Oh I je... je emportai moi.
Juliette , l’arrêtant par la main.
Pourquoi donc?
CHnisTOPiie, soubresautant.
Ohl taouchoz $as ! taouchez pas!...
JULIETTE
Jo vous ai fait mal ?
CHRISTOPHE
Ohî non... mais vous pas pouvoir toucher moi, sans que... Je emportai moi.
Encoro?
CHRISTOPHE
Oh ! c’est quo vo-yez tA, vA êtes si... prolty béaulifull... quo
je regardai longtemps les petits mains, les jolis bras, comme vô disez, si je regardai encore les charmants épaules blancs, relie jolie col de cygne, ces joues si fraîches, celte bouche si gracieuse, et ces beaux yeux si tendres; si jo regardais tout cola, madame, je sons que je deviendrais fou ; et que, dussétje vous irriter encore, mes lèvres plus vires que ma raison leur donneraient mille nouveaux baisers. (Il lui baise Us mains et les épaules.)
JULIETTE
Mais, monsieur, laisscz-moi !
CHRISTOPHE
Ah! vous lo voyez, madame, ma tôto, ma pauvre tête est tout à fait perdue.
JULIETTE
El voire accent aussi , co me semble t
CHRISTOPHE
Mou accent... Tiens !... c'cst vrai !
A» : Envirili.
L'amour vient eufiu d'affranchir DI* langue jusqu'ici rebelle ;
Ma lame, ru roua Tojrmjt *i belle.
C’était trop peu de le sentir.
HU bouche, docile interprète.
Vous a traduit le* deux areux Que d'une voix pour vous muette Lui dictaient mon cœur et nu « yeux.
• JULIETTE
Vous no parlez plus anglais !...
CHRISTOPHE
Je ne lo reparlerai jamais, madame.
JULIETTE, u part.
Quel mystère?... (fiant ) Mais j’y pense... c’est pour tous, monsieur, quo Mathilde sollicitait ce brevet ?...
tnniSTOPiiE.
Oui , madame , votre cousino avait ou la boulé do me faire espérer...
jci.ip.tte, à pari.
Tiens l uno dévote, qui me fait toujours de la moralo t...
CHRISTOPHE
Mais, ce brevet, vous l’avez promis h un autre*, votre parole est engagée... Ecrivez donc, madame, écrivez !...
Ah! vous pensez que jo dois... {A part.) Ah!.. Mathilde!... si je pouvais l’éloigner d’ici , j’en serais enchantée... dans Pintéivl de ma cousine et de la morale. C’est qu'il est très* bien. [Elle U met à écrire.) Allons! {Haut.) Je prio mon mari de mettre sur le brevet qu’il a dans lcsmain3 le nom de monsieur... monsieur... Eh ! mais voilà*qui est étrange ; j’ai oublie lo nom de mon protégé!
Christophe , finement.
En vérité t *
JULIETTE
Voyons donc !... monsieur, monsieur... Mais dites-mol donc des noms, ça me fera peut-être retrouver le sien.
CHRISTOPHE
l)cs noms?... c'est quo je n’en sais pas , moi.