‹ L'Échinococcose secondaire bronchogène de F. Dévé en pathologie humaineChapitre 14 sur 32 · RO TA · texte numérisé non relu

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la greffe hydatique que nous envisageons ici sont ceux qui constituent ce que M. Dévé a appelé le « sable hydatique ». /{ ne saurait étre question, en l'espèce, d'une greffe intrapulmonaire de vésiculesfilles toutes formées (1).

On sait que le « sable hydatique » se compose de deux éléments : 1°des capsules proligères (intactes) renfermant leurs scolex ; 2 des scolex isolés, mis en liberté par l'éclatement de la mince « bulle germinative » qui leur servait de & nid » et par la rupture du frêle pédicule qui les rattachait à la face interne de leur capsule originelle. Or, les deux éléments en question ont une valeur bien différente

au point de vue de la greffe hydatique.

Contrairement à une ancienne opinion, encore soutenue il v a peu d'années par H. Dew, M. Dévé a démontré que les capsules proligères elles-mêmes

n'interviennent pas dans la formation des hydatides

1. Surce point, M. Dévé nous a précisé son opinion dans une note que nous tenons à reproduire: « Les vésioules-filles inter: viennent assez souvent en matière de kystes mullivésiculaires du foie évacués dans les bronches à travers le-poumon droit (j'ai pu en étudier, il y a peu de temps, deux cas personnels restés inédits). Mais ce qu'on observe alors, ce n’est pas le développement de nouveaux « kystes hydatiques du poumon » proprement dits, ce n'est pas une greffe d'hydatides vivantes capables de poursuivre leur évolution dans l'intimité du parenchyme pulmonaire : c’est la formation d’excavations. irrégulières, de véritables cavernes, creusées dans le parenchyme pulmonaire, Sur le trajet de la fistule hépato-bronchique, Dans ces cavernes, à contenu plus ou moins purulent et fétide (fréquemment mélangé de bile), on trouve des hydatides, pour la plupart altérées et flétries. En pareille circonstance, on ne peut vraiment parler d' « échinococcose secondaire ». Un tel precessus, n'a, en tout cas, absolument rien de « bronchogène »,

et par conséquent dans le processus de la greffe échinococcique : « Les capsules proligères sont incapables de se transformer en vésicules échinococciques viables. Elles ne participent pas à la formation des hydatides secondaires » (1).

Seuls, seront donc en cause les éléments les plus petits, les microscopiques scoler. qui mesurent, en moyenne, 120 u. A priori, cette taille minuscule doit leur permettre de s’insinuer fort loin dans le parenchyme pulmonaire.

C’est, précisément, un point qui doit être mis immédiatement en relief. « Le processus pathogène se montre, dès le départ, un processus broncho-alréolaire» (Dévé). En effet, si l’on recherche quelle est la répartition des scolex dans l’appareil pulmonaire dès la deuxième heure après une inoculation intratrachéale de sable échinococcique chez le lapin, on constate que, à côté de scolex demeurés dans les bronches et bronchioles, d’autres ont été transportés, d'emblée et passivement, dans les bronches acineuses et jusque dans les acini voisins (voir la fig. 1 du mémoire de M. Dévé).

Chose remarquable, un certain nombre de scolex pourront effectuer leur métamorphose vésiculeuse dans la cavité méme des bronches. M. Dévé a pu, encore au bout de 4 mois et demi, observer de tels

kystes, parfaitement vivaces, dans la lumière de

1. F. Dévé, « La cuticulisation des capsules proligères échinocociques ». Annales de Parasitologie humaine et comparée, t. V, n° 4, octobre 1927, p 327. k

bronchioles s'étant trouvées ectasiées par eux.

Mais la grande majorité des scolex commenceront leur transformation kystique dans l'intimité du parenchyme pulmonaire. Et ils continueront de se développer en plein tissu lobulaire.

Nous ne nous étendrons passur les phases aujourd'hui bien connues de « l’évolution vésiculaire du scolex » (1), non plus que sur les réactions inflammatoires et nécrotiques que déterminent à leur contact ou dans leur ambiance ces corps étrangers parasitaires, à la fois mobiles, traumatisants (du muins, à la phase tout initiale) et élaborateurs de substances toxiques.

Ce que nous voulons surtout retenir de la récente description de M. Dévé, c'est que les kystes parasitaires qui auront continué d'évoluer seront retrouvés « en grande majorité répartis au voisinage ou au contact étroit des ramifications bronchiques » :.on aura affaire surtout à une «échinococcose centro-pulmonaire, péri ou parabronchique». Une telle localisation des kystes hydatiques secondaires s'explique fort simplement par la voie d'apport « bronchogène ».

Cependant, il faut savoir que d’autres kystes pourront se développer, d'emblée, dans les régions relativement périphériques du poumon. Poursuivant leur accroissement, ces kystes aboutiront à la sur-

1. F. Dévé, « Sur la transformation des scolex en kystes échinococciques ». Société de Biologie, 16 mars 1901 et Archives de Parasitologie, 1902, VI, p. 54-81 (1t figures).

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face sous-séreuse du poumon, par suite de l’atro-

phie de la lame de tissu pulmonaire qui les recou-

vrait primitivement. Finalement, les kystes en ques-. tion feront saillie sous la plèvre ; c’est ce que

M. Dévé à pu voir dans une de ses expériences par-

ticulièrement démonstrative (cf. fig. 17 de son mé-

moire). Cette seconde variété de kystes broncho-

gènes, a priori plus inattendue que la première, constitue l'échinococcose bronchogène cortico-pul= monaire, sous-pleurale, de M. Dévé.

Telle est la disposition des kystes parvenus à leur plein développement. Mais à côté des éléments parasitaires qui ont réussi à poursuivre régulièrement leur métamorphose vésiculaire, soit à l’intérieur des bronchioles ectasiées, soit dans les régions centrales du poumon, soit enfin dans une région sous-pleurale, &/ en est d'autres — et en très grand nombre — qui ont été plus ou moins précocement arrêtés dans leur évolution kystique et qui seront rejetés par la voie bronchique, comme des corps étrangers plus ou moins désintégrés.

Les expériences sériées de M. Dévé lui ont permis de suivre la formation précoce de nodules réaction: nels développés ou non au voisinage des bronches, véritables nodules pseudo-tuberculeux, au centre desquels on trouve des vestiges de scolex ayant subi une involution définitive (granulie hydatique bronchogène de Dévé). Cette involution des scolex surviendra soit d'emblée, avant même que les capitules aient ébauché les premiers stades de leur

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transformation hydropique (elle s’observe déjà à partir du 3€ jour), soit au cours de leur métamor. phose kystique (du 108 au 308 jour), soit enfin après achèvement de cette métamorphose (du 4* au 3e mois). |

Les coupes microscopiques des poumons étudiés aux différents stades du processus montrent l’abondance de tels pseudo-tubercules échinococeiques de guérison qui, chez le lapin, ont souvent tendance à se charger de sels calcaires. Elles permettent de constater, en outre, l'évacuation précoce de ces nodules parabronchiques dans les bronches voisines (voir les figures 9 et 10 du mémoire de M. Dévé).

De semblables lésions marquent bien quelle est l’importance du « déchet » qui se produit parmi les germes ensemencés et même déjà greffés, sans parler, bien entendu, de ceux qui auront été immédiatement rejetés au dehors par la vomique hydatique elle-même ou par l’expectoration plus où moins œdémateuse (en partieanaphylactique) qui aura suivi cette vomique.

D'autre part, il est facile de prévoir que les kystes que nous avons vus se développant dans la lumière des petites bronches seront tôt ou tard expectorés.

Enfin, la plupart des kystes pulmonaires centraux, en poursuivant leur croissance, entreront en contact chaque jour plus intime et plus étendu avec la canalisation bronchique. On peut dire que tous les kystes affectant de tels rapports sont destinés à

y évacuer leur contenu (une des micro-photographies

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