‹ L'écho des cœurs [microforme]Chapitre 1 sur 2 · FAR · texte numérisé non relu

FAR

Le fac reprend: Si ma surface A retlité les feux du cicl, Soleil béni, je ‘’en rends grâces :

fe tuis ton miroir éternel,

Le chêne à son tour lui murmure : Ma sève est le sang du soleil :

Sur la Harpe de ma ramure

Je p'eure à téa déclin vermicil,

La nature, en chantant l'astre qui la féconde, La nature voudrait consoler sun awant.

Elle dit au soleil : Rayonne sur le monde.

Répauds la vie ici, la joie au firiiament,

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Oui, chaque âme vers lui se retourne : on devine Quel murmure d'amour va rendre chaque voix.

J'écoute. et pour bénir cet astre qui s'incline, Voici les mille échos qui chantent à la fois.

T'es collèges battus, tourmentés par l'orage,

Pleins d'espoir maintenant, redisent au vicillard :

Si nous avons été préservés du naufrage,

C'est toi qui dissipas les horreurs du brouillard.

L'Eglise et la Patrie ! Elles sont sœurs jumclles : Elles doivent marcher dans un même chemin.

| Grâce à toi, Taschereau, grâce à toi, chantent-elles, Si nous marchons d'accord et la main dans la main.

Dans nos grandes forêts cent paroisses nouvelles,

Ecloses sur le sol au souffle du prélat,

Le cœur plein de son nom chantent dans leurs c! apelles : loire à lui ! gloire à son ardent apostolat !

Il est venu bénir notre foyer rustique,

[l'est venu stcher la sueur sur notre front.

Pour son oreille émue, ah ! la sainte musique, C'était, sous nos grands bois, la hache du colon !

Il avait cct accent qui relève et console :

“ Fiers enfants du travail, oh ! vous avez souffert...” IT nous ennoblissait de cette autre parole :

“ Le premier laboureur fut mon ancêtre Hébert ”

Mais, muse, pourrais-tu, dans un iograt silenc: Oubliant l'éternel l'honneur de ce pasteur, Taire cet hôpital qu’il créa pour l'enfance, Qu'il fit sortir du sol, ou plutôt de son cœur ?

D'un millier d'orphelins j'entends la plainte amère. Anges de pureté, la honte est sur leur front,

Tls demandent les bras et le nom de leur mère :

A leur appel plaintif nul écho ne répond,

Et voici que ces voix, sur l’aile de la brise, Jettent à tous les cieux, la note du bonheur : À toi tout notre amour, Ô prince de l'Église : Nous te devons la vie, et la joie, et l'honneur !

Tu nous as recucillis dans un berceau sublime. Et quand les flots du Nil allnient nous submerger, En laissant rayonner ta fête sur l’abîme,

Tu viens contre la mort, ce soir, nous protéger.

Ton fidèle clergé voulait chômer ta fête, Ton Jubilé sacerdotai,

On voulait couronner ta vénérable tête D'un diadème triomphal,

Jumble comme un enfant, mais voyant la détresse Qui nous jetait sur les chemins

Tu leur dis: êtez moi ; mais que cette allégrese Réchauffe mes chers orphelins !

Répañdre l'or à pleines mains Merci, merci pour moi. Mais si l'on veut, qu'on donne

| | Pour sauver mes chers orphe:in, !

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} Le diocèse entier veut au pied de tou trône |

Il te faudra subir—pour toi dur sacrifiec— Le feu des encensoirs rt des brûlants refrains, | “ Eh bien, je subirai, s’il le faut, ce supplice :

| Mais je veux avant tout sauver mes orphelins | Fe } | il | 11 Et du sein de la tombe—ou plutôt du ciel même— | A ce chant d'orphelins d’autres voix font écho. | Pauvres pestiférés, à votre heure suprême, ° 79 ES | à 0 N'avez-vous pas béni le nom de Taschereau ?

Quand, loin du ciel natal, sans famille et sans prê.re, Perdus sur ce grand fleuve, avec la fièvre à bord, Joyeux comme un ami, vous l'avez vu paraître,

l'our vous, pauvres mourants, il affroutait la mort !

Qu'on célèbre à l’eavi les héros de la guerre : Mais qu'on n’ignore pas ceux de la charité.

Cet homme, il a bravé la mort, ct pour :1r frère, C'est un héros de plus pour la postérite

Qu'on exalte bien haut toute sublime audace. |

Qu'à Short et qu’à Wallick on dresse un monument, |

Mais quand un prêtre aussi brave la mort en fuce, # Qu'on le salue au moins d’un applaudissement ! |

Le fléau l'a blessé ; mais il n’a pu l’étreindre — Par son règne fécond tout s'explique aujourd hui : La mort, en le frappant, ne pouvait pas l'éteindie : Car le Bon Dieu lui-même avait besoin de lui !

Il en avait besoin, pour le mettre à la té.e

D'un grand clergé qu'allait tourmenter l'aquilou— | L'Egl se allait doub'er son Cap de la tempête,

Et lui, nouveau (Gama, devait être au timon,

Balançant sur les flots sa riche cargaison — Fier de son amiral, l'équipage l'admire

y ! EQUIPE ' Et pour lui tous les cœurs battent à l’uni:son—

1 | Aujourd'hui, voyez-le, ce calme et beau navire, |

1! Sous un ciel étoilé comme à travers la brume, Ii voit de loin l'écueil—rocher noir ou corail,

Que la vague sommeille ou que la vague écume.

| On sent qu'un bras d'acicr tient là le gouvernail.

| Et ce soir, officiers, passagers, simples mouss(s, Groupés autour de lui pendant qu'il est à bord, Entonnant +ur le pont leurs chansons les plus douces,

4 Tous l'acclament longtemps avant qu'il cntre au port.

Son siècle n'attend pas qu'à la tombe il descende— Devançant les décrets de la postérité,

{| Il dépose déjà sur son frout la guirlande,

| Dout la fleur croît aux champs de l'immortalité.

} Les héros presque tous sont héros d’un autre âge, Ii faut que la légende—une fée aux doigts d'or — Colore lentement le magique nuage Qui sera, — dans cent ans—leur immortel décor.

Un homme que son siècle a consacré déjà, Avant que c: mortel dans la tombe repose,

: Mais il s’est rencontré, mûr pour l'a pothéose, Ua peuple enticr s’écrie : Il est grand, ec prélat !

Ah ! lui peut se passer des effets du mirage. On l’admire de loin, on le chérit de près,

La légende eût plutôt terni sa noble image :

Aux regards de son siècle il a tous Ls reflets,

Te

Il nous apparaît tel que le verra l'histoire.

Ce grand ecntemporain, son siècle l'a compris, Chose rare : Si l'œil analyse sa gloire, L'ombre qu'on y croit voir en rehausse le prix,

Voyez cette montagne aux allures géautes, Tinposaute et sévère elle apparaît, à bas,

Mais approclez ; marchez sous ses voûtes riuntcs : Des eaux vives—des chants—des fleurs à chaque pas.

La montagne il est vrai de neiges se couronne : Mais son flanc généreux recèle un feu latent.

Qu'importe si la foudre à son heure y résonre : Tous les oiseaux du ciel y vivent en chantant.

Ainsi nous apparaît ce Cardinal austèie :

Pour détruire le mal, il tient la foudre en maius— Pour les mystiques fleurs de son divin parterre,

Pour chaque âme, il devient le plus doux des humains.

Je sonde sa carrière, et tout écho me crie :

Le travail n'eut jamais d'amants plus indomptés. Car dans un demi-siècle, il a vécu la vie

De vingt lutteurs choisis parmi ks mieux trempés.

Un pays s'oriente à son intelligence.

Dans la lutte, il se fait respecter des plus futs. Mais qu'il ouvre son cœur à la naïve enfance : Les eufants, qu'il chérit, l’aiment avce transports.

Car cet homme rigide, à l'œil un peu sévère,

Il a de ecs élans dont on demeure épris.

Fort comme un diamant, tendre comme une mère, Il règne sur les cœurs comme sur les esprits.

Mais silence : il est temps, grand temps que je finisse L'éloge qu'en tremblant ma mus: a bégayé,

Je ne veux pes élouer mon évêque au supplice :

Je sais trop que l'encens l'a toujours fatigué,

Si, faisant violence à mon âme en délire,

Je tais et hozauna dont tous les cœurs sont pleins, Je sais qu'en me tuisant j'accorde ainsi ma lyre

A ses vœux,—lui pour qui les éloges sont vairs,

Eminence, pardonne.—Au réveil dé l'aurore, Quaud l'univers redit son hymne solennel,

Pour répondre à son chant tout le ciel se colore, Et Dicu, pour écouter, se penche au bord du ciel,

El bien, j'ai salué le chef de notre Eglise,

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Et l'Eglise avec nous trcssaille de bonheur.

En écoutau£ ma vo x—ma faible voix—qu'il dise : C'est l'écho dé chaque âme, ct c'est le cri du cœur !

Si la Patrie émue à genoux te vénère ;

Si sa poitrine éclate en hymnes triomphants ; Pardoune À ton pays de v'aimer comme un père, Et laiss: déborder le cœur de tes enfants.

L'Eglise avee amour, l'Eglise avec ivresse,

Rappelant les bienfaits de son royal pasteur,

Pour toi demande au ciel une verte vivillesse,

Pour toi demande à Dieu de longs jours de bonheur !

Le.

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