‹ L'éclairage à l'acétylène: historique, fabrication, appareils, applications, dangersChapitre 4 sur 63 · PROPRIETES PHYSIQUES ET CHIMIQUES · texte numérisé non relu

PROPRIETES PHYSIQUES ET CHIMIQUES

suivants : à Paris une explosion se produisit pendant' que des ouvriers Taisaient une brasure à un appareil qu'ils croyaient entièrement purgé de gaz et qui en rontenait encore une certaine quantité mélangée à l'air atmosphérique. A Fécamp, une explosion se produisit dans des circonstances analogues, pendant qu'un ouvrier faisait une soudure sur un gazomètre qu'il n'avait pas pris soin de vider. A Lyon, un cal'é fut détruit par une violente détonation due à l'inadvertance d'un garçon qui avait oublié de fermer un robinet de l'appareil producteur du gaz. A Milan, un inventeur rechercha une fuite d'acétylène dans son appareil au moyen d'une bougie allumée; l'appareil sauta et l'inventeur fut dangereusement blessé. Enfin, à Châteauroux, deux personnes furent blessées par l'explosion d'un appareil qui contenait encore un mélange d'air et d'acétylène et sur lequel on faisait une soudure.

Tous ces accidents sont dus à des imprudences ; il s'en produit tous les jours de semblables avec le gaz de houille; on ne saurait donc se baser sur ces faits pour conclure que l'acétylène est plus dangereux que ce dernier. Comme tous les gaz inflammables, l'acétylène peut évidemment causer des accidents; il faut prendre des précautions dans son emploi et observer certaines règles pour la construction des appareils destinés à sa préparation et à son utilisation. Nous nous occuperons dans des chapitres ultérieurs de ces derniers points; actuellement, nous étudierons quelles sont les propriétés particulières de l'acétylène qui pourraient rendre son emploi dangereux.

5. Explosibîlité. — L'acétylène est un gaz endother--mique, c'est-à-dire que sa formation par la combinais de ses éléments, le carbone et l'hydrogène, absorbe

ai

jiCL.irn.ICE A l. ACÉTrLÈ.XE

la chaleur. Or, on sail ik-piiis les expêriencei M. Berthelot, que les gaz eiiilotheruiiques, lorsqu'ils sp décomposent, dégagent la chaleur qu'ils ont absoilx'C lors de leur formation, et qu'ils jouent le rôle de vèrîtahles explosifs, tout comme la nitroglyeéi-iiie ou le coton-poudre.

Le gaz d'éclairage doit être mélangé d'une certaise proportion d'air ou d'oxygène pour former un produit explosif. L'acétylène et les autres gaz à formation endo^ thermique et à décomposition exothermique peuvent, fin principe, faireexplosionsans être mélangés à d'à titres gaz.

En effet, toutes les fois qu'une réaction exothermique n'est point limitée par la réaction inverse, on conçoit a priori qu'elle doive tendre à devenir explosive. 11 en serait même nécessairement ainsi, si les corps mis en expérience pouvaient être soustraits d'une uianière absolue à l'influence du refroidissement. Dans une telle condition, la chaleur dégagée par la réaction tendrait sans cesse à élever davantage la température du système et, par suite, la vitesse de la décomposition elle-même, jusqu'à ce que celle-ci prit le caractère d'une explosion proprement dite, phénomène qui ne se présente jamais dans une réaction endothermique. Au contraire, celte circonstance se réalise dans un grand nombre de réactions exothermiques.

On pouvait donc craindre que l'acétylène ne fût un explosif, capable de détoner dans tout son volume, si un de ses points était accidentellement décomposé par suite d'une élévation de température suffisante, provenant soit d'un corps en ignition, soit d'un choc, soit de l'explosion d'une capsule détonante de fulminate de mercure. Ileureitsement, il n'en est rien; si l'acétylène i> la pression ordinaire, sans mélange d'oxygène, est décomposé en un de ses points, la décomposition ne se pro])age pas

PROPRIÉTÉS FlirSiqrES ET CIIIMIQVES

\ la masse eiilièrc ; il iiVii r(''sulti', par const'qiifiit, pa»" tPexplosion,

Il m» aulïit pas, en ffl'f I, qu'un ^a/ soit t.'n(lot!i<TmiqiiL' pour qiip sa d^compositinn soit illiiiiiU'c; en prinfipp, il devrait en t^tre ainsi, coniine nous le disions plus haut, mais diirérentes (.ipconstances peuvent s'op|)oaer en pratique à la réalisation de ce l'ait.. M. Bertheliit l'expliquait en ees termes : « La condition d'un rcl'roidissement nul étant impossible à remplir, les réactions cxotlirrmiquos et non limitées ne deviendront pas esi»losivcs toutes les fois que la chaleur dégagée dans un teuips donné sera însulïisante pour compenser les cU'ets du relroidissement. Ces derniers efTets, d'ailleurs, dépendent de la masse des corps mis en expérience, de la masse et de la nature des corps avec lesquels ils sont mis en contact, de la quantité de chaleur (burnie par la source, de rcxi^ès de la teiiipénilure de la soune sur la température ambiante, etc., etc. "

C'est ainsi que « l'acélyléne, le cyanogène, le liioxyde d'azote ne détonent ni par simple échaull'ement, ni par le contact d'une llamme, ni sous l'influence de l'étincelle ou même de l'arc électrique... Ce n'est pas que ces «omposés soient très stables d'une façon absolue : ils se décomposent, en effet, souvent, et même dès le rouge sombre, avec formation de polymères..., mais ils ne l'ont pas explosion, malgré le très grand dégagement de chaleur qui accompagne ces métamorphoses, probablement en raison de la lenleur avec laquelle elles s'accomplissent. Ils ne détonent pas davantage, ce qui t plus singulier, sous l'inlluenee des étincelles élec-

Ësqiies, malgré la température excessive el suliile

lêveloppée par celles-ci. »

l'La lenteur relative avec laquelle s'opère la réaction

Btpliqi

;Ue pourquoi il

xplo:

ACÉTYLÈSE

L'acétylèno changé en benzine dc-gago Sikjoo calorrH" pour 33,6 Htros tlo gaz, soit aiga calories pour i gr. d'acétylène, tandis que i gr. de poudre au chlorate de potasse ne dégage que 5go,6 calories, c'est-à-dire environ 4 fois moins. Pourtant, la réaction est sï lente dans le premier cas qu'il n'en résulte pas d'explosion.

M. Berthelot ne parvint à faire détoner l'acétylène que par l'inflammation d'une capsule de fulminate de mercure et cela en raison des pressions énormes qui résultent de l'inllamniation de ce corps, pressions qui pourraient atteindre jusqu'à gjooo kg : cm'. U employait une éprouvette de ao à aj centimètres cubes et o, I gramme de fulminate de mercure qui était enflammé par un fil rougi par im courant électrique.

Les expériences du grand chîiuîsto disaient donc tout le contraire de ce qu'on voulait leur faire dire. Il en résiille que l'acétylène, à la pression ordinaire, ne fait que très difficilement explosion et dans des circonstances difficiles à réaliser involontairement.

Ces résultats ont été pleinement confirmés par les expériences faites récemment en France et en Angleterre.

Dans une étude que publiait le Gas World au commencement de 1896, M. Lewes déclarait, en effet : « Une forte amorce de fulminate de mercure, en détonant dans l'acétylène, détermine une onde explosive qui ne se propage pas cl s'arrête à faible distance. En pratique, il ne pourrait se produire qu'une explosion d'acétylure de cuivre, et l'expérience nous a appris qu'elle n'entraînait pas celle de l'acétylène, n

MM. Vieille et Berthelot ont reconnu que sous la pression atmosphérique et à pression constante, l'acétylène ne propage pas à une distance notable la décomà position provoquée en un de ses points. Ni l'étincelle, ai

PROPHIETES PlirSIQCF.S ET CHIMIQUES -t-

9 présence (11111 point en iguîtion, ni intime rainoree au

l'iilminate n'exercent d'action au delà du voisinage de

la région soumise directement à rèchaiiffemenl on à la

vompression.

lien est toiitautrenient dès que la condensation du gaz

:cPiie et sous des pressions mipérieiires à deux atmos-

m^phéres. L'acétylène présente alors les propriétés ordi-

Vïiaires des mélanges tonnants. Si l'on excite sa décom-

t position par îgnîtion en un point, à l'aide d'un simple fit

l-tle platine ou de fer porté à l'incandescence au moy*"*

id'un courant électrique, elle se propage dans toute la

sans affaiblissement appréciable.

Ces phénomènes ont été observés sous des longueurs

ï 4 mètres, dans des tubes de ao millimètres de dia-

■inètre. Cette propriété peut être rapprochée de l'abaisse-

E-^ent de la limite de combustibilité des mélanges tonnants

rtous pression : elle est vraisemblablement générale dans

Iles gaz etidothenniques.

Nous reviendrons plus loin (S ga) sur les propriétés xplosives de l'acétylène comprimé ou liquéfié. Nous ferons simplement observer, pour l'instant, que les dani provenant d'une explosion de l'acétylène à faible ision sans mélange d'oxygène semblent devoir être :artés; toutefois, comme le refroidissement dû aux larois joue un rôle important dans ce phénomène, il lerait bon de savoir ce qui se produirait dans tics rllbes de plus grand diamètre et dans des tube.s placés |l«ous terre comme pourraient l'être les canalisations (d'acétylène dans une ville.

Les expériences de SIM. Vieille et Berthelot ont ■iteontré aussi que les effets du choc no sont pas l'i craindre.

6. Mélanges détonants. — Les mélanges d'air et d'acéitylène sont ou ne sont pas explosifs par îiinammation,

suivant les proportions des deux gaz en présence. Voici, d'après M. Gréhant, ce qui se produit lorsqu'on enflamme un mélange d'air et d'acétylène ou d'air et de gaz d'éclairage en proportions variables.

Proportions

du

ni<!'«langc.

Gaz

lO

Acétylène. Gaz dVclairagc.

Observations. Observations.

Flamme fuligineuse. Ne brûle pas.

Détonation ; dépôt de charbon. . . Détone.

Détonation plus forte; sans dépôt. Détone un peu plus.

Forte détonation Forte détonation.

Très forte détonation Détonation moins forte.

Tube brisé , —

Forte détonation —

— — Faible détonation.

— — Plus d'inflammation.

Détonation un peu moins forte. . .

Faible détonation.

Inflammation sans détonation. . .

D'après M. Le Châtelier, les mélanges d'acétylène avec l'air ne commencent à être inflammables qu'à partir de la teneur de 2,7 pour 100 et cessent de l'être au delà de 65 pour 100. Comme terme de comparaison, on peut rappeler que le gaz d'éclairage ne commence à donner des mélanges inflammables qu'à partir de la teneur de 8,1 pour 100. Il suffit donc d'une faible quantité d'acétylène mélangée à l'air pour rendre une explosion possible ; mais il faut remarquer que l'odeur pénétrante de ce gaz permet de déceler une fuite avec infiniment plus de facilité que pour le gaz d'éclairage.

L'acétylène est beaucoup plu8..inflaiximable que les autres gaz < Amegue Thydrogène ; sa tem-

I PROPnifiTÈS PIirSlQLES HT ClIIMIQmS 11,

BérBlitrp d'inllniriiiiatinii cal voisitie cl« ,h>o dttgrés. Un mélange avec l'air, enl'eriné dans un tiil)e à essais, ■enflamme rapidement quand on chaude extérieurement K tiihe sur une lampe à alcool .

I Les jiiélanges les plus ciinibuslildcs, rcnroriuaii( des Roporfiun.s de gaz ci>m|)rises entre ;"» el i j pour loo, ont be vitesse de propag;ation comprise entre 4 Pt 8 mètres. mx delà de s5 pour loo, la vitesse tombe au-dessous le o,4o m. par seconde. Elle n'est plus que de o,o5 m. par Kconde à la limite supérieure d'intlammabilité oorreskndant à la teneur de 65 pour loo.

■ Dans les mélanges à vites.se maxima, correspondani Dix teneurs de 8 à lo pour loo, la flamme remonte à ■avers des tubes de i millimètre de diamètre, mais est Brôtée par des tubes de 5 milliiuètics de diamètre. ftCes données permettent do comprendre quelles pré- Butions il faut prendre dans la mise en a>uvrc de l'acé- Irlène pour éviter les dangers provenant de l'explosion H mélanges tonnants. Elles doivent être prises en consi- ■Ëration lorsqu'on l'ait des mélanges d'air et d'acétylène mpw obtenir une flamme éclairante, comme plusieurs n-enteurs l'ont proposé. Ces mélanges sont laits dans Ks gazomètres avant d'être lancés dans les canalisations b dans des becs spéciaux, au moment même d'être billes. Dans un cas comme dans l'autre, on doit prendre ■te précautions suffisantes pour <|Ue la proportion d'air ftpuisse atteindre la teneur d'un mélange explosif. Biloins encore que pour le gaz de bouille, une fuite ne Htrra être recherchée à l'aide d'une lumière, car il suHit Bue beaucoup plus faible jiroportion d'acétylène que de B pour provoquer une. explosion.

Bi les appareils à acétylène exigent des réparations, on ^rtA lee purger et les nettoyer avec le plus grand soin

bnt de pratiquer sur (

i brasure ni soudure;

J» L-ÉCLAtMAGE A L'ACÉTTLÊyE

retttait. en cffpl.de racétj'léne dans res appareils, 1 m<;langerait arec l'air atmosphérique, el des explostou pourraient se produire lors de rt-chauSemenl produit par l'opération île la •miidure ou de la brasure. Nous avons vu pluK liaul que faute d'avoir pris ces précautions, de» ouvriers imprudents out été blessés.

Enfin, une dernière eonséquence en résulte relative â la roDKtruelion des appareils. Il est assez difQcile ^ehap. Il) I d'obtenir, aveela plupart des appareils actuels, un déjipgement régulier d'acétYlène; le gazomètre trop rdiiplî peut donc parCoîs laisser échapper du gaz dans Tatmosphère, ce qui offre des dangers d'explosion si le local oii est placé l'appareil n'est pas très bien ventilé.

7, Attaque des métaux. — La formation de l'acétylnre lie Liiivre ou de l'acétyhire d'argent est la réaction iaractéri«tiqne servant, dans les laboratoires, à déceler la présence de l'acétylène. On fait pour cela barboter le gaz dann une solution ammoniacale de sous-chlorure de cuivre ; il se forme un dépôt brunâtre qui est de l'acêtylurc de enivre, corps éminemment explosif lorsqu'on le Honmet à l'action d'un choc ou d'une faible élévation de température. Cette réaction est très sensible; elle permet de déceler la présence de 1/200° de milligramme d'acétylène mélangé à l'hydrogène, et 1/100' de milligramme en iirésence de l'air.

Ces acétylurf'B peuvent-ils se former dans les conditions ordihiiires oit Tacètylène est employé dans les appareils actuels? Celte question avait une importance très considérable lorsqu'on craignait qu'une explosion d'acélylure ne fil décomposer tout le gaz contenu dans le» appareils. Elle présente moins de gravité maintenant que celte conséquence sendile écartée. Elle mérite néanmoins de fixer t'altention.

It'

PROPRIÉTÉS l'IlYSIQUES ET CllIMIQrF.S

M. Lcwes a reconnu que le gaz sec et pur est p action sur les métaux, mais qu'étant humide, il attaque vivement le euivre et plus lentement les alliages do cuivre. JI. Bulliei" a fait remarquer que la formation de racélyhire ou acétylénure de cuivre n'est pas aussi simple qu'on semble le supposer; pour que ce corps puisse prendre naissance, il faut que racétyléne se trouve en présence d'un sel de cMiîvre au minimum d'oxydation, c'est-à-dire d'un sous-sel de cuivre, et de plus, en présence d'un excès d'ammoniaque.

« Ce sont là, ajoute le collaborateur de M, Sloissan, des conditions bien dilïiciles à réaliser involontairement. Dans la pratique, les sels de cuivre que l'on rencontre étant toujours au maximum d'oxy<lation, nous n'avons donc rien à craindre de ce côté. » Si ces conditions étaient réalisées, l'acétylénure se formerait aussi bien avec de l'acétylène chimiquement pur qu'avec de l'acé- ■ tylène ordinaire. |

Depuis bientôt deux années, dit le même expérilentateur, j'ai en service dans mon laboratoire de la rue Buffon des appareils en cuivre qui se trouvent en ■ontact direct avec le gaz venant du générateur, ainsi que tonte la robinetterie de cette petite usine, et je n'ai jamais eu à observer la moindre production d'acétylénure de cuivre. Le cuivre se recouvre parfois d'une légère couche brunâtre, surtout quand le milieu ambiant est humide ; ce produit n'est autre qu'un dépôt charbonneux résidtant de Faction de l'acétylène sur des sels de cuivre an maximum d'oxydation, et non de l'acétylénure de cuivre, n

11 est bon, toutefois, de se souvenir que l'acétylure de

livre a été trouvé par Torrey et Crova (S i)dans les Tanalisations de gaz de houille, qui ne contient que de laiblcs proportions d'acétylène ; sa production est donc possible sinon facile.

On peut s'aii'ianrliir cniuplèteinerit de la ri'ainte de l'acélvlun' ([iii, dans les piemiors IcinpH, (Hait, suivant l'expression spiiitiielliî de M. l'Ii. Dolaliaye, le tominencenient de la séeui'ité. Il suffît pour cela de n'employer que des métaux inattaquables par Taeétylène; la plupart des métaux usuels employés dans l'industrie du gaz sont dans ce cas : le fer, le plomb, l'étain, le zinc ; le bronze et le laiton, bien que contenant du cuivre, ne sont pas sensiblement attaqués ; on pounail même, si l'on tenait à s'en servir, les étamci- ou les enduire d'un vernis protecteur.

8. Toxicité de l'acétylène. -— Les dangers qui peuvent résuller de l'inhalation d'air mélangé d'acétylène sont très i'aibles en comparaison de ceux qui résultent de l'inhalation d'air mélangé de gaz d'éclairage ordinaire. Dès que les expériences de Moissan eurent démontré la possibilité du développement industriel de l'éclairage à l'acétylène, les adversaires de ce nouvel illuminant, intéressés pour la plupart dans des industries concurrentes, déclarèrent que l'acétylène est toxique. Ils fondaient cette opinion sur les résultats obtenus par Bistrow ct Liebreicli, qui avaient jadis conclu de leurs expérieiues que l'acétylène se combine avec l'hémoglobine du sang pour former un composé similaire à celui produit par l'oxyde de carbone, qui, chacun le sait, est très dangereux.

Le docteur américain W. H. Birchmore(i . alla ju,s(|u'à déclarer qu'une proportion d'acétylène de i pour loooo lui avait l'ait, en -to minutes, éprouver un violent mal de tête ; pourtant l'odeur caractéristique de l'acétylène n'était pas perceptilile; il resta ensuite dans l'atmosphère

(Oï

n, de Ne»-ïork, ij hovc

PHopniETEs piirsiqcEs

CtirMIQfES

' ainsi contaminée jusqu'à ce que sa vue (ut Iroublêi Il C'était une grave imprutlenrc, ajoutait-il : dans l'espace d'une heure, après avoir quitté le lieu de l'expérience, je respirai dillicilement, et, )>en<lant quelques lieur des nausées, une prostration générale et une sensat d'épuisement qui me l'orea à rester au lit tout le ji suivant, se manifestèrent. Les eQ'ets ressentis n'étaiei^ pas ceux du sommeil, mais, tout au contraire, les efl'eH subjeetils dos narcotiques étliérés : hallucination et phénomènes connexes. Trois jours après, les mouvements du cœur étaient encore si sensibles qu'en essayant de traverser rapidement, à pied, le pont de Brooklyn, ressentis une sensation d'épuisement telle que je dm m'arréter. n

L'exagération même des effets annoncés par le docteur américain les font mettre en doulc. Nous ne suspectons pas la bonne foi de cet expériinenlaletir, mais il faut croire que l'imagination joua i]n grand rôle dans ses

En effet, jusqu'à présent, aucun île ceux qui ont préparé et manipulé l'acétylène ne ])arait avoir été empoisonué par ses émanations. Pourtant, ils sont nombreux et ont respiré bien souvent des quantités d'acétylène beaucoup plus considérables que i pour loooo et pendant plus longtemps que ^o minutes.

M. Gréhant, professeur au Muséum d'Histoire naturelle, a préparé plus de looo litres d'acétylène qu'il a employés à des expériences comparatives ; ces expériences ont été résumées dans une note qu'il a présentée à l'Académie des Sciences, le 31 octobre 1895. 11 en résulte que l'acétylène n'est toxique qu'à une dose Uevée et est beaucoup moins dangereux sous ce rapi

lie le gaz d'éclairage.

L L'action de différents

■èlange!

létylè;

d'air et d'oxygène, renier niant toiijouis iio,8 d'oxygène pour 100, comme Tair atmosphéru|iie, a élu successivement ctudlée.

En faisant respirer à un chien un mélange renfermant ao pour loo d'acétylène, on a constaté que io chien restait calme, que ses moiivemeols respiratoires offraient beaucoup d'amplitude; l'analyse au grîsoiimètre des gaz contenus dans 4^ cm' de sang artériel prélevés 35 minutes après le début de rexpérience a montré que loo cm' de sang contenait lo cm* d'acétylène.

L'n second mélange était formé de 5:) litres d'acétylène, de 66 litres d'air et i6,5 litres d'oxygène (renfermant IO pour loo d'azote), de manière à ce que l'acétylène formât 4» pour loo du volume total. Un chien qui respira ce mélange, après avoir présenté une longue période d'agitation , lit circuler dans les poumons iifi litres du mélange; tout à coup, cinquante et une minutes après le début de i'cxi)érience, l'animal étendit brusquement les pattes et mourut; il y eut arrêt du cœur; on aspira du sang dans la veine cave inférieure et l'on reconnut au grisoiuiiètre, la présence de ao cm* d'acétylène dans loo cm' de sang.

Un autre mélange renfermait ^y d'acétylène et ai d'oxygène. Un chien astreint à le respirer mourut au bout de ^7 minutes. Un cobaye placé sous une cloche où Ton dirigeait le mélange, tomba sur le (lanc au bout de 6 minutes; retiré de la cloche 'S.i minutes plus tard, l'animal se releva et parut rétabli, mais il mourut pendant la nuit.

Pour comparer la toxicité de l'acétylène à celle du gax

d'éclairage, M. Gréhant prenait un mélange de 1 15 litres

d'air, 5, il litres d'oxygène et ao litres de gaz, mélange

■ qui devait renfermer i pour 100 d'oxyde de carbone et

t-0,8 d'oxygène. Un chien astreint a respirer ce mélange

l'nOPIlIKTES PlirSIQlES ET nilMJQrF.S lî

a présenté au bout (l<i trois minutes iino vive agitation, au bout (le six niimilcs, des mouvemenls (l'a^itnlion très violents; on lit, dix minutes après le début de l'expérience, une prise de sang dans l'artére t-arolide el de loo cm', on juit retirer ^7 cm* d'oxyde de carbone; l'animal détacbé resta couché sur le sol, îl était très malade, et si l'expérirnce nvail duré (|uclques minutes de plus, il serait mort; le gaz d'éclairage est donc beaucoup plus toxique que l'arétvlèiic.

A propos de celle note, Jl. Berllirlol a rappelé quelques expériences qu'il a laites, il y a trente ans, avec Cl. Bernard et qui conlirment les résidtats de la non toxicité de l'acétylène a faible dose : des moineaux placés dans l'air contenant quelques centièmes d'acétylène pur TU! paraissaient pas en souffrir d'une manière l^«olabIe.

^^KM. Moissan, de son côté, a déclaré n'avoir jamais été ^^■commodé par la respiration de l'acétylène. ^^ 11 résulte de ces différents travaux qui ont, du reste, été ronlirmés par les expériences de JI. Brocinier (1), ([ue l'acétylène est peu toxique, même après plusieurs lu'urc» d'inhalation, surtout si l'on prend soin d'entre- Icnii' la circidalion <lu gaz alin de iiiainlenir constante proportion d'oxygène et d'éliminer les produits de la iHpiration.

M. Trouvé a été plus loin el a déclaré que ses ouvriers

iroiivaient un sotdagement marqué, en cas d'irritation

voies respiratoires, toux, enrouement, rhiunes, etc.,

sspirer une atmosphère chargée d'acétylène. Tout le

sait que le traitement au gaz d'éclairage a été

pour la guérison de la coqueluche; la mau-

ideur de l'acétylène aurail-ellc la propriété

36 L'ÉCLAIRAGE A L\ACÉTYLÈSE

de tuer les microbes ? Nous n'oserions Taffirmer.

II est, en tout cas, évident que Tacétylène est beaucoup moins toxique que le gaz d'éclairage ordinaire. Celui-ci renferme de 6 à 8 pour loo d'oxyde de carbone, et aux Etats-Unis certains gaz d'éclairage contiennent de 20 à 3o pour 100 d'oxyde de carbone. Les propriétés très délétères de cet oxyde n'ont jamais pourtant empêché l'emploi des gaz qui le contiennent.

Enfin nous verrons dans un chapitre ultérieur que les produits de la combustion de l'acétylène sont beaucoup moins dangereux que ceux du gaz de houille.

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