MAXIMUM DE CONSOMMATION
Lorsque l'on projette la crùation d'une station pour l'éclairage d'une ville, on cherche loutd'abord, naturellement, à se rendre compte des dépenses de premier établissement, des frais d'exploitation et des recettes dont la balance se traduira par un bénélice ou une perte. Mais il est extrêmement difficile de dresser au préalable un état de chacun de ces chapitres dont le total respectif varie avec la latitude du lieu, le chilTre de la population, la nature de cette dernière, et le rapport de l'énergie à produire pour éclairage public à celle nécessaire aux lampes d'abonnés.
Une petite ville très commerçante sera plus avantageuse qu'une ville plus grande et bourgeoise ; par contre, un éclairage public soutenu toute la nuit sera plus rémunérateur qu'un éclairage privé pouvant nécessiter la production d'une plus grande somme d'i'-nergie, car le premier entraîne un service prolongé à pleine charge, tandis que le second n'utilise d'une façon courante qu'une fraction de ia puissance totale de l'usine.
C'est ainsi que certaines stations possédant une puissance de 1 000 chevaux, par exemple, ne marchent en
FONGTIOXNKMkNT n'iîNK StATION CKNTUALK ">lii
moyenne qu'à 250 chevaux pendant 2 heures par jour, à 60U chevaux pendant 2 autres heures et à 1 000 chevaux pendant à peine une heure ; à cette dernière période cor-^ respond le maximum dé consommation sur lequel nous reviendrons. Elles ont donc un matériel très supérieur à la puissance moyenne développée et qui reste inutilisé pendant la plus grande partie de* la journée.
Au supplément de frais de premier établissement qu'entraiue cette situation, viennent s'ajouter, comme charge annuelle, Tintérèt de ce capital inutilisé, Famortissement et les réparations du matériel et de Timmeuble, et les dépenses ihutiles d'allumage et d'entretien de foyers sous les générateurs en attendant la mise en route des dynamos qui ne débiteront que peu de temps.
Indiquer une règle permettant d'évaluer lés conditions d'établissement et de fonctionnement d'une station est donc impossible, et le mieux à faire en pareil cas est de comparer la ville à étudier à une autre déjà éclairée et dont les conditions soient à peu près les mérites.
On pourra, alors, d'une façon plus ou moin& approxi* mative déduire la puissance nominale de l'usine, sa puis-^ sànce moyenne de production annuelle et les recettes : ceci suppose, bien entendu, des cahiers des charges identiques au point de vue de la nature de la canalisation, des^ redevances et des services municipaux à fournir.
Pour établir ces comparaisons, il faut considérer la la durée moyenne annuelle de l'éclairage et la nature de clientèle.
Nous donnons plus loin des tableaux relatifs aux du-^ rées d'éclairage et le résumé des conditions d'établisse-. ment et de fonctionnement d'un certain nombre de sta-i tions centrales ; quelques-ufas sont complets^ mais d'autres
')1G i/kclaiilvge klecthiquk
ne le sont pas, caries Compagaies sont généralement peu disposées à publier ou à laisser publier des documents qui les concernent.
Nous croyons utile de rappeler auparavant la définition de certains termes telle qu'elle a été formulée par M. Hospitalier.
Puissance de production moyenne annuelle de l'usine. -^ Quotient de Ténergie électrique totale sortie de Tusine par le nombre d'heures de marche. Elle s'exprime en kilotvalts-hcure.
Coefficient d'utilisation annuelle. — Quotient de l'énergie vendue par l'énergie totale figurée par la puissance moyenne installée , et fonctionnant pendant 8760 heures par an.
Rendement dune distribution. — Rapport entre l'énergie vendue et l'énergie sortie.
Durée annuelle moyenne. — Quotient de l'énergie vendue pendant l'année par la puissance moyenne des appareils installés. Elle s'exprime en heures.
Durée moyenne annuelle d'éclairge, — On obtient ce chiflre en divisant le total des ampères-heure, pour un an^ qui auraient été consommés si toutes les lampes avaient été allumées simultanément pendant les heures d'éclairage, — par le chiffre réel de consommation en ampères-heure pour Tannée et en multipliant le quotient par 8 7(30.
Variation du coefficient d'utilisation, — Ce coefOcient est très variable d'une ville à l'autre, suivant que l'éclairage public est plus ou moins important par rapport à l'éclairage privé et que la distribution est faite à forfait, (l la lampe-heure ou au compteur d'énergie.
Ainsi, à Newcastlc il est de 8,15 pour cent avec tarili-
JïOHAIRE 1) ÉCLAIUAdK 'il7
caiioQ au compteur et service privé important. II est de 31 pour cent à Chelmsford où Téclairage privé, est au contraire, très restreint.
Suivant M. Picou, on peut compter, en France, sur 11,5 pour cent dans une très grande ville (150 000 habitants) avec abonnements au compteur, et sur 25 pour cent pour la même ville si le service est fait à forfait.
— Dans une ville de province de 100 000 habitants la consommation se répartit comme suit :
Cafés, cercles 2i pour cent
Théâtres, coQcerts 17 —
Fabriques 20 —
Magasins 20 —
Particuliers 7 —
TUTAL KXJ
Horaire d'éclairage.
— Le tableau suivant donne les durées d'éclairage pour une année et pour les différents cas admis dans la pratique :
L ECLAIRAGE KLEGTRIQrE
HEURES d'eCLÀIRAOE PENDANT UNE ANNEE DE 8760 IfEURES
Heurei d'éclairage
îl4
Total par
année
en heares
De mianit à miaait • .
Du lever du sohil à :
8 heures do loir . .
U — — minait
t hearcB du malin .
Matin au lever du soleil: De 4 h<)areB da matin .
— Les chiffres ci-dessous sont empruntés au Formulaire de r Électricien de M, Hospitalier et donnent la durée annuelle de fonctionnement des lampes par catégorie de clients :
Lampe brûlant 24 heures par jour pendant Tannée 8 760 heures
Durée annuelle maxima dans les établissement de nuit de Paris 3600 —
Durée annuelle maxima dans les cafés et restaurants de province 2 800 —
Durée annuelle maxima dans les boutiques . . 1 000 —
Durée annuelle maximu bourgeoise dans le centre 200 à 300 —
Durée annuelle maxima dans IfS quartiers de résidence lUO —
Durée movenne de la consommation totale au compteur 750 à 1 000 —
Durée moyenne de la consommation totale à forfait i . i ; ; i . i ; i « * » i 2000 à 2260 ^a
HORAIRE d'Éclairage 519
— La durée moyenne annuelle de réclairage est variable avec la nature de la clientèle, les mœurs locales, et le mode de tarification.
C'est ainsi qu'un secteur de Paris desservant 43 085 lampes de 10 bougies réparties comme suit :
lo lampes de cercles 1 1S2
2o — d'hôtels 2 307
30 (Je cafés et de concerts 3 2S2
40 — . de magasins 11 521
50 — de bureaux 2 590
6» — de particuliers 23 603
a perçu en moyenne, pour 3 années successives, d'après les indications des compteurs :
Par lampe de cercle 60 francs
— d*hôtel 30 —
— de café ou de concert 50 —
— de magasin 40 —
— de bureau 15 —
— de particulier 8 —
Ce qui, à raison de 12 centimes Thectowatt-heure, correspondrait à des durées d'éclairage pour Tannée de :
500 heures par lampe de cercle 250 — — d'hôtel
417 — — de café 00 de concert
400 — — de magasin
125 — — de bureau
60 — — dé particulier
— Si l'énergie électrique est fournie à forfait, à raison de tant par lampe et par an, l'abonné souscrira moins de lampes que si l'énergie est vendue au compteur, parce qu'il voit dès le premier jour le montant de la dépense à régler.
Par contre, l'abonné au compteur modère sa consom-*