‹ L'éclairage électrique. Traité pratique de montage & de conduite des installations d'éclairage électriqueChapitre 98 sur 132 · IK · texte numérisé non relu

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Influence de la coloration de la lumière. — On admet qu'un feu blauc doit être rendu 4 fois plus intense pour conserver sa même portée après avoir élé coloré en rouge, et 8 fois plus intense s'il doit être coloré en vert.

Phares fixes. — Phares tournants, — Phares à éclats. — Les variations d'intensité du faisceau lumineux et ia production des éclats colorés ou non sont dues au passage devant la lampe d'un système optique incolore dans le promier cas, et coloré dans le second.

PHARES ELECTRIQUES

La mise en mouvement de ces organes est due au moteur de la dynamo qui alimente la lampe.

Nous allons indiquer sommairement la composition de la partie optique d'un phare.

Optique des Phares. — Les rayons qui vont du foyer à Fhorizon n'ont pas besoin d'être déviés. Tous les autres doivent subir une déviation d'autant plus grande qu'ils font un angle plus grand avec le plan horizontal.

Tant que cet angle ne dépasse pas 40^, la déviation peut être obtenue au moyen d'une lentille à échelons ayant son foyer principal au foyer même du phare.

Au delà de 40®, et même souvent avant d'avoir atteint cette limite, on se sert de la réfraction et de la réflexion pour amener les rayons à la direction horizontale. Ils subissent une première déviation en pénétrant dans un prisme triangulaire en verre ; ils viennent ensuite rencontrer une autre surface de ce même prisme sous un angle tel qu'ils sont totalement réfléchis et sortent enfin parla troisième surface qui les dévie une dernière fois par réfraction et achève de leur donner la direction voulue. On appelle tambour dioptrique la portion de l'enveloppe lenticulaire qui n'agit que par réfraction, et zones cata* dioptriques les prismes qui agissent par réfraction et par réflexion (Fig. 221).

Le profil calculé pour produire les effets que nous venons de décrire est représenté par des anneaux de forme différente suivant qu'on le fait tourner autour de l'axe vertical ou de l'axe horizontal (Fig. 222).

Dans le premier cas, les rayons sont rendus parallèles dans le plan vertical et divergents dans le plan horizontal.

Dans le second cas, les rayons sont amenés au parallé-

L£G(.AmAOE él^EGTHlQUË

lisme dans les deux plans et forment un faiseeau parallèle ayant le panneau optique pour point de départ. La première iorme est employée dans les phares à feu

Fi^'. 'l'ii, — Oplique du système lentîculaii'e.

(ixe et donne une lumière également visible de tous les points de Thorizon: c'est \e panneau de feu fixe (Fig.223). La seconde forme est employée dans les phares à éclats ou phares lournants ; elle concentre la lumière en un nombre plus ou moins grand de faisceaux séparés par des intervalles obscurs. Les pièces optiques qui composent ces phares se nomment panneauœ annulaires (Fig. 22i),

PHARES ELECTRIQUES

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Il existe un autre moyen de produire des éclats. Il consiste à placer en avant du tambour optique de l'appareil de feu fixe des lentilles verticales qui rendent parallèles, dans le plan horizontal, les rayons déjà rendus parallèles dans le plan vertical. Ces lentilles tournent autour du foyer et leur passage devant le tambour cylindrique, de même que le passage des lentilles annulaires devant le foyer, amène la concentration de la lumière en faisceaux parallèles séparés par des intervalles d'ombre et promène ces faisceaux tout autour de l'horizon (Fig. 225).

Fig. 222.— Proai commun au feu fixe et au feu tournant.

Hi

Fig. 223. ^ Panneau de feu fixe.

Fi;^. 224. — Panneau de feu tournant.

508 L KGLAIRAGE ELECTRIQUE

Usage des réflecteurs. — Quand le phare n'est pas destiné à être vu de tout Thorizon, on place dans l'angle non éclairé des réflecteurs qui renvoient sur les panneaux la lumière qu'ils reçoivent.

Ces réflecteurs sont fails de prismes catadioptriques à

réflexion totale qui donnent une image droite de la flamme.

— L'eflet réel du réflecteur ne répond pas complètement aux espé-

Fig. 225. - Lentille verticale. ^a^^^es : Taugmeutation

d'intensité du feu dans Tangle opposé ne dépasse pas 40 %•

Coloration des feux. — Quand la coloration du feu est totale, une glace de la teinte voulue est placée à demeure devant la lampe ; si elle est partielle, les éclats sont colorés par des glaces de couleur placées en avant des lentilles et tournant en même temps qu'elles.

Disposition mécanique des appareils. — L'armature d'un feu fixe comprend une colonne en fonte surmontée d'un plateau de service circulaire sur lequel reposent la lampe et les panneaux optiques.

L'armature d'un feu tournant comprend, en outre, un plateau mobile à circonférence dentée qui roule sur un chariot à galets en bronze.

Les panneaux optiques qui produisent les éclats reposent sur le plateau mobile et sont entraînés dans le mouvement circulaire que lui communique le pignon denté d'une machine de rotation.

Ils sont maintenus par des montants de forme héli-

PriAtlES KI.EGTRIQI-KS

çoïilale pour éviter l'oi fuiraient des montant faibles dimensions que

Machine de rotation. met en mouvement ]< d'un tambour autour di un poids. Le mouvement du tambour est communiqué simultanément au plateau mobile et à un régulateur vitesse formé d'un régulateur isochrone ! de Foucault, perfectionné par MM. Sautter et Harlé.

La machine de rotation est placée dans le socle des pliares des trois premiers ordres et latéralement dans les pbares des autres ordres,

Lanternes. — Les diamètres mesurés entre les faces int/"rieures de deux montants opposés sont respectivement de l m. , F 3m. 50. 3 m. ,2m. 51, 2 m., 1 m. 80, I m. « 4% 5", 6" et 1" ordre.

I, KGLAIHAr.E electuiqik

r.vi

Paratonnerre. — La lige du paratonnerre est flxée au sommet do la lanlerne. Le câble en cuivre rouge va de la corniche de la lanterne à la balustrade de la plateforme de la tour et descend jusqu'au sol, guidé par des crampons non isolés.

Lampe électrique. — La lampe est du système Serrin avec mouvement de déplacement du point lumineux et allumage automatique quand elle arrive au foyer de l'appareil.

Les cravons doivent être revêtus d'une couche de cuivre.

Comme dans les projecteurs, la lampe peut être inclinée pour démasquer le cratère ; quelquefois elle est verticale.

Nature du courant. — La nécessité d'obtenir et d'utiliser le cratère implique l'emploi de courants continus.

On utilisera donc des dynamos compound à courant continu.

Comparaison entre les éclats des phares électriques et ceux des phares à huile. — La portée du phare électrique de la plus petite dimension est supérieure à celle du plus puissant phare à huile.

Ce dernier équivaut à 10 000 Carcels tandis que le premier peut en représenter de 60 000 à 400 000 ; il est donc naturel que le phare à huile porte moins loin que le phare électrique. Du reste, les phares électriques ont été vus :

61) lois sur 100 ù plus de 20 milles 12 — — — à moins de 20 — 19 — - 15 —

et les phares à huile :

29 fois sur 100 à plus de 20 milles

PIIAIIKS KLKGTRinUKS j)11

43 fois ^ur 100 à moins de 20 milles 28 — 15

Machines motrices. — En Angleterre on donne la préférence aux moteurs à air chaud, et en France aux machines à vapeur demi-fixes à moyenne vitesse avec commande par courroie, ou aux machines à grande vitesse avec accouplement rigide de la dynamo.

On emploie généralement 2 locomobiles de 8 à 10 chevaux chacune, et timbrées à 6 kg pour un feu : ces machines attaquent simultanément l'arbre de transmission qui commande les dynamos. L*un des groupes sert de réserve.

I.a consommation d'eau pour la condensation par surface atteint de 00 à 70 mMres cubes d'eau douce par jour.

Exemples d'installations. — Voici le détail des dépenses d'installation et de fonctionnement de deux.phares éclairés électriquement postérieurement à la loi du 3 avril 1882 qui a approuvé le projet d'éclairage général des côtes.

PflARE DE PLANIKIi

Dépenses de premier établissement

Construction de la tour 210 911 fr.

Mur d^enceinte 35 505

Démolition de l'ancienne tour et construction de logements pour les 4 gardiens 58 ()83

Bâtiment des machines 41 225

Logements pour les nouveaux gardiens 18 152

2 machines à ?apeur fixes avec condenseurs de surface, 2 chaudières verticales, tuyauterie, transmiBsibns,

montage, forge, ctc 30 609

2 dynamos- 22 379

512 l/l':GLAIIlA(iK KLKCÏUIQUi:

4 lampes Serrin. .•,..•.....••• 6 000

Appareil optique et son mécanisme i5 46ô

Lanterne à montants inclinés de 4 mètres de diamètre. 22 042

Dépenses diverses, transports, etc 41 371

ToTAi 486 343 fr.

Les dépenses d'exploiiaiioii pour 49 mois, du l^*" décembre 1881 au 21 décembre 1885 oui élé :

Salaires de 6 gardiens et frais de chauffage 214 . • • 5 813 fr.

Quarts aux machines 770

Vivres de mer 1 119

Transport» par mer i 430

Crayons pour les lampes 985

Réparations des lampes 120

Combustible pour les machines 4 0S4

Ëau douce 170

Suif, graisses, etc 1129

Réparations aux machines 2 438

Entretien des bâtiments et mobiliers 2 474

Frais de surtreillance 275

Divers 2 474

ToTAî 22 535 f p.

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