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CHAPITRE IX Conclusion

Les Ecoles de Mars. — Résultats de rétablissement de 1794. — Les conscrits de l'an VIL — Destinée de quelques élèves. — Les généraux : Manhès, Lemarois, Morio et LafFaille. — L'intendant Fromentin de Saint-Charles — Husson — Ransonnet — Diettmann — Victor Dupuy — Châtain — Coffin — Lamotte — Charmet — Vimont — Labeyrie — Heydenreich — Majorelle — Bardin — Chenel — Savoy e — Soulard — ApfiFel — Langlois.

L'Écofe de Mars avait coûté fort cher (1) et elle ne répondit pas aux espérances de ses fondateurs. Trop rapidement, trop fiévreusement organisée, en un clin d'œil et comme par une sorte de gageure, pour montrer que le génie

(1) Les entrepreneurs employés à la construction des bâtiments de TEcoIe reçurent 775.953 livres 3 deniers. Deux architectes, Poyet et Kaynal, étaient chargés non seulement de diriger et de surveiller les travaux du camp, mais de lever les plans, de dresser les devis, de vérifier, régler et arrêter les mémoires des entrepreneurs et ouvriers; ils eurent comme honoraires, à raison de douze deniers pour livre, 34.797 livres 13 sous.

révolutionnaire vient à bout de tout, ce fut une improvisation curieuse, inefficace pourtant et stérile. Il n'en resta rien ou presque rien.

Mais le Comité se garda d'avouer son erreur, et le public, trompé par le brillant rapport de Guyton, crut que l'entreprise avait réussi. « On a fait l'École de Mars, disait le conventionnel Ehrmann dans la séance du 30 octobre 1794, et le succès de cette École répond pour les établissements qu'on voudra créer. » Comme si en quatre mois — ou mieux, en trois mois et demi, du 8 juillet au 23 octobre — il était possible de former, selon le vœu de Barère, des officiers de toutes armes, voire des ingénieurs et des commissaires des gue: res !

Trois ans plus tard, Jourdan et d'autres hommes du métier projetaient de fonder une grande École de M&rs, et l'on a la lettre que Jourdan envoyait alors à Blanchard, commissaire ordonnateur de la 17^ division militaire. Il dit que le gouvernement a l'intention de faire cinq écoles de Mars qui contiendront chacune trois mille élèves, et il pose à Blanchard les questions suivantes : Quelle dépense extraordinaire entraînerait le campement de quinze mille jeunes gens

dans cinq camps différents pendant trois mois? Quelle dépense causerait leur installation dans cinq quartiers différents pendant le reste de Tannée? Quelle dépense, la route des élèves, soit pour se rendre aux camps et quartiers, soit pour rentrer chez eux lorsqu'ils auraient terminé leur cours d'instruction qui durerait trois ans? (1)

Ce projet de Jourdan était celui de Jean de Bry. Il y aurait cinq écoles de Mars : à La Fère, à Metz, à Toulouse ou à Bordeaux, à Marseille ou à Toulon, et dans un endroit à ving^t kilo* mètres de la ville où siégeait le Corps législatif, sans doute à Versailles. Les élèves ne seraient pas admis, comme en 1794, sans certificat d'instruction; ils auraient assisté régulièrement aux exercices décadaires pendant les trois années précédentes ; ils connaîtraient déjà le maniement des armes et les évolutions militaires par pelo-^ tion, section et compagnie; ils sauraient leur déclaration des droits et leur Constitution républicaine (2).

L'École de Mars eut néanmoins quelques résul*

(1) Lettre de Jourdan du 17 veudémiaire an VI (A. G.)

(2) Rapport de Jean de Bry, 23 Tendémiaire an VI.

tats. Les milices de l'Europe lui doivent, comme on Ta dit (1), les cheveux à la Titus, les nids d'hirondelles qui décoraient les épaules des tambours^ le shako d'infanterie, le pantalon collant, la demi -guêtre, le soulier carré, le sabre-poignard, les sacs de peau en forme de valise, les fourneaux économiques, les infirmeries établies au quartier même ou sous la tente, l'enseignement mutuel.

Elle ne forma que des soldats. Mais ces jeunes gens possédaient la connaissance des manœuvres et le maniement des armes lorsque la réquisition les appela sous les drapeaux. Nombre d'entre eux appartenaient à ces demi-brigades qui luttèrent avec tant d'ardeur et de courage au commencement de la campagne de 1799 contre les Autrichiens. « Les conscrits, s'écriait Serurier, c'étaient eux qui menaient les colonnes, il n'y avait pas moyen de les arrêter (2) I »

Parmi ces conscrits de l'an VII étaient des élèves de l'École de Mars comme Fabre (3) et

(1) BardiOt Dictionnaire de Vannée de terre, art. Ecole de Mars,

(2) Louis Tuetey, le Général Serurier, p. 2il.

(3) Jean-Pierre Fabre, du district de Saint-Chely, sert jusqu'au 29 mars 1800 à l'armée d'Italie et appartient ensuite, comme sergent» pendant huit moiS) jusqu'au 5 mai ISOl, à la colonne mobile de la Lozère.

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Dupuy à l'armée d'Italie, comme Majorelle et Yimont à l'armée du Rhin. Les leçons qu'ils avaient reçues au camp des Sablons ne leur furent donc pas inutiles. Yimont, soldat le 24 août 1799, est promu sergent moins d'un mois après, le 23 septembre, et Dupuy reconnaît que lorsqu'il entra dans un régiment do cavalerie, il fut, grâce à l'instruction militaire qu'il tenait de l'École de Mars, promptement mis aux premières classes à pied et à cheval (1).

Il est impossible de dire quel fut le destin de tous ces jeunes gens envoyés en 1794 au camp des Sablons par les districts de la République. A peine sait-on ce que devinrent quelques-uns.

Quatre généraux, Manhès, Lemarois, Morio, Laffaille, et un intendant, Fromentin, sont sortis de l'École de Mars.

Manhès (2), capitaine en 1806, chef d'escadron en 1807, aide de camp du grand-duc de Berg qui le chargea d'accompagner à Rayonne le malheureux Godoï, suivit Murât à Naples, pacifia les Calabres et conserva, lorsqu'il fut réadmis au

(1) Souvenirs militaires de Victor Dupuy, p. 2. (S) Voir plus haut, p. 228.

CONCLUSION 24 ï

service de France, le grade de divisionnaire qu'il avait en Italie.

Lemarois, qui fut aide de camp de Napoléon, et, do même que Manhès, général de division, avait déjà servi dans la garde nationale de Briquebec, sa commune natale, comme lieutenant de la compagnie de canonniers lorsque Tagent national du district de Yalognes le désigna pour l'École de Mars. « Il suivit les cours, a-t-il dit, tant dans la cavalerie que dans rartillerie. » A sa sortie, il se rendit aussitôt à l'armée de l'Ouest où il fut nommé, dès le 15 décembre 1794, adjoint provisoire aux adjudants-généraux. Envoyé l'année d'après à Toulon pour prendre part à l'expédition de Corse, il y connut Bonaparte qui fit sa fortune.

Annet Morio-Delisle — frère du Morio qui fut grand écuyer du roi Jérôme — était élève du district de Gannat. Il fut en 1797 adjoint provisoire du génie dans les départements de la mer Egée et à l'armée de réserve. Nommé souslieutenant, puis lieutenant au régiment de dragons que commandait Louis Bonaparte, il rappelait alors qu'il appartenait en 1794 à la cavalerie de l'École de Mars. Il suivit le roi de

Hollande en qualité d'aide de camp, rentra comme colonel d'un régiment de ligne au service de France et devint général de brigade en 1813.

Laffaille, élève de l'École polytechnique, employé à Tétat-major du génie, notamment en Italie et en Espagne, monta le premier à l'assaut de Gironeen 1808, regut à Barcelone, en 1811, les éloges de Macdonald, servit avec distinction à Besançon en 1814 et à Douai en 1815, assista comme chef de l'état-major de son arme au siège de la citadelle d'Anvers et obtint en 1833 le brevet de maréchal de camp (1).

Charles Fromentin, dit Fromentin de Saint- Charles, fut commissaire des guerres et ensuite intendant militaire. Trompé par sa mémoire ou plutôt par le désir de grossir ses services, bien qu'il eût été simplement élève de l'École, bien qu'il n'ait peut-être eu, pour parler comme un de ses camarades, que les honneurs transitoires et factices de décurion ou de centurion, il prétendait plus tard qu'il avait été capitaine instructeur d'artillerie au camp des Sablons (2).

(1) Cf. sur Laffaille p. 150.

(2) Né le 11 janvier 1777, il n*est mort que le 24 mars 1860, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans.

D'autres élèves de Mars ont fait, quoique plus modestement, leur chemin dans l'armée.

François-Louis Husson, du district de Bar-le- Duc, élève de TÉcole polytechnique, lieutenant après Austerlitz, chef d'escadron après Esslinp^, commanda la place de Giudad -Rodrigo et devint colonel et directeur d'artillerie.

Ransonnet, — dont les trois frères moururent, l'un àËssling, l'autre à Friedland et le troisième à Saint-Domingue, — entra dans la marine en 1798 et il était lieutenant de vaisseau et commandant de la corvette la Diane lorsqu'il fut en 1814 nommé capitaine aide de camp du général de division Carnot, qui défendait Anvers. « Comme il est de la ville de Liège, disait Carnot, il connaît très bien tout le théâtre* de la guerre et particulièrement Anvers et ses environs. » L'année suivante, Carnot, ministre de l'intérieur, lui fit donner le grade de chef de bataillon et le prit encore pour aide de camp(l).

Georges Diettmann,fiis du général de ce nom, avait été envoyé par le district de Lunéville au camp des Sablons où il fut élève instructeur de

(1) Voir plus haut p. 229.

cavalerie. Après avoir étudié les mathématiques et le dessia pendant un an pour se présenter à rÉcole du génie, il perdit patience et se rendit à l'armée de Rhin et-Moselle, près d'un camarade de son père^ le général Montaigu, qui le prit comme officier d'ordonnance. Il fit sans interruption huit campagnes de la liberté, se signala par sa bravoure à la bataille de Hohenlinden, devint capitaine au régiment des grenadiers à cheval de la garde et il était major au 5^ chasseurs lorsqu'il fut tué d'un coup de feu, le 28 mai 1807, en exerçant les recrues du dépôt de Clèvos.

Victor Dupuy, du district de Cognac, voulait, en 1793, une année avant d'entrer à TÉcole de Mars, s'enrôler au 27® bataillon de la Charente. Au sortir du camp des Sablons, il se plaça dans une maison do banque. Blessé au 13 vendémiaire sur le pavé de la rue Saint-Roch, dans les rangs de sa section qui s'était prononcée contre la Convention, il fut tendrement soigné par des demoiselles du Palais-Royal. En 1798, il devança la conscription de peur d'être appelé dans l'infanterie et s'engagea au 11® régiment do chasseurs à cheval. En 1812, après la bataille do la

Moskowa, il était chef d'escadron. Le gouvernement de juillet le fit sous-préfet de Cognac.

Jean-Baptiste Châtain, du district de Màcon, élève de l'École polytechnique, était capitaine du génie lorsqu'il fut enlevé par la fièvre jaune à Saint-Domingue. Le 6juin 1800, de Mâcon, il avait demandé à Carnot un emploi actif : « J*ai été assez heureux, écrivail-il, pour être distingué avantageusement de mes chefs à l'École de Mars, et c'est sur les rapports favorables qu'ils vous firent de moi que vous contribuâtes à me faire admettre à l'École polytechnique dont personne n'oublie que vous fûtes un des plus zélés fondateurs. >) Moreau, l'ancien représentant, que Châtain retrouvait à Màcon receveur-général du département, appuyait en ces termes la pétition de l'officier : « Un ancien élève de l'École de Mars, que vous fîtes placer à l'École polytechnique, me prie de vous faire passer cette lettre: c'est un brave garçon qui a justifié les bontés que vous avez bien voulu avoir pour lui. »

Nicolas Coffin, du district de Bourbonne-les- Bains, resta trois ans à l'École polytechnique, regagna ses foyers, entra dans une demi-brigade en 1799, fit les campagnes de l'armée du Rhin

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et celles de la Grande Armée: il était capitaine depuis 18H, lorsqu'il fut admis à la retraite en

Avant d'être envoyé à l'École de Mars par le district de Besse, Nicolas Lamotle était souslieutenant au l®"* bataillon des volontairesdu Puyde-Dôme et il avait été en 1793 au siège de Lyon blessé d'un coup de feu à la jambe droite. Réintégré le 6 décembre 1799 dans son grade au l^*" bataillon auxiliaire de son département, incorporé dans une demi-brigade, il fut nommé capitaine en 1804 au 28^ de ligne et fit avec ce régiment les campagnes de Prusse et d'Espagne.

Simon Charmet, de Besancon , s'engagea, dès le mois de décembre 1794, quelques semaines^ après avoir quitté TÉcole de Mars, au 4* régiment de hussards oij il devint capitaine en 1810. Il servit trois ans en Espagne sous les ordres de

Suchet, qui demandait pour lui le grade de chef d'escadron : les événements de 1814 empêchèrent sa nomination.

César-Alexandre Vimont, du district de Châteauneuf-en-Thimerais, fît toutes les campagnes du Consulat et de l'Empire; il était capitaine

lorsqu'il quitta Tarmée en 1820, et il avait eu ce grade en 1810, onze ans après son entrée au service.

Barthélémy Labeyrie, du district de Saint- Sever, soldat en 1800, sergent-major à Eylau où il reçut un coup de sabre à la tète, était capitaine en 1811 et obtint, pendant la campagne de Russie, lacroix d'officier de la Légion d'honneur.

Frédéric-Auguste Heydenreich, du district de Wissembourg, capitaine-trésorier au 7® régiment de hussards, où il étaitentré comme soldat en 1799, se distingua, au rapport de ses chefs, par de rares talents do comptabilité et regut sous la Restauration la croix du mérite militaire.

Jean-Baptiste Majorelle, du district de Lunéville, soldat au 8® régiment de cuirassiers en 1798, sous-lieutenant en 1807, lieutenant en 1809, meurt à Bonn au mois d'avril 1812.

Gilbert Bardin, de Paris, s'enrôle en 1800 dans l'infanterie, devient sergent-major, tombe en 1806 aux mains des Anglais qui le gardent huit ans prisonnier, et se retire en 1834 avec le grade de lieutenant: on lui trouvait, comme à la plupart des élèves de Mars, plus d'esprit naturel et d'intelligence que d'instruction.

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Pierre-Joseph Chenel, de Comraercy, fusilier au 1®'' bataillon auxiliaire de la Meuse en juillet 1799, était sous-lieutenant l'année suivante dans une demi-brigade d'infanterie ; mais en février 1802, lorsqu'il voit la paix assurée^ il sollicite la faveur d'être dispensé définitivement du service militaire : marié depuis plusieurs années, obligé de pourvoir aux besoins d'une famille dont il est l'unique soutien, il pense, dit-il, être plus utile à l'État en contiuuant son commerce que s'il restait dans l'armée. Sa démission fut acceptée quatre mois plus tard.

Jean-Louis Savoye ou Desavoye, du district d'Etampes, n'entre au service qu'en septembre 1805, à l'âge de vingt-huit ans, comme volontaire au 10® régiment d'infanterie légère, et il est fourrier le premier jour de l'année 1806 : une blessure reçue à Austerlitz le condamne à la retraite.

Voilà pour l'armée, et il a été long et difficile de tirer des archives du ministère de la guerre cette poignée de noms. A plus forte raison est-il impossible de trouver, de citer les élèves do Mars qui marquèrent dans d'autres carrières.

Parmi ces trois mille quatre cents jeunes gens,

il n'y eut pas, sans doute, comme l'avait prédit Liégeard dans son discours du 15 septembre, des savants laborieux et d'industrieux artistes dont les découvertes et les chefs-d'œuvre enrichirent la patrie. Y eut-il même dans le nombre, selon les termes de Liégeard. des fabricants ingénieux et des agriculteurs qui surent améliorer leur art? Y eut il des fonctionnaires, des magistrats de quelque réputation ? Et un séjour de quatorze semaines au camp des Sablons put* il avoir de l'influence sur leur esprit et leur talent ?

Albert-Louis Soulard, élève du district de Vihicrs, fut chef de comptabilité à la recette générale de Maine-et-Loire et plus tard conseiller d'arrondissement de Segré et conseiller général du canton du Lion d'Angers (i).

Louis -Guillaume Apffel, de Wissembourg, était un des élèves les plus distingués de l'École. Il avait fait do bonnes études aux collèges de Bouxwiller et de Strasbourg: il avait partagé la chambre d'Eugène de Beauharnais qui lui écrivait au mois d'avril 1793: «aime-moi comme

(1) Port. Dict, de Maine-et-Loire ^ arL Soulard; mais Port ignore que Soulard avait été élève deTËcolo de Mars,

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je t'aime; » il avait en mars 1794 rendu service à Hoche qui ]e qualiGail de « brave sansculotte » et le priait de « compter sur son éternelle reconnaissance ». Au sortir de l'École de Mars, il regagna l'Alsace et se voua au droit. II était secrétaire de l'administration provisoire du canton de Wissembourg en 1799, lorsque la conscription l'incorpora, comme son compariole et camarade Heydenreich, au 7* régiment de hussards. Mais le 14 mars 1800, à Besançon, il recevait son congé de réforme pour cause de myopie et de gale opiniâtre. Il fut juge au tribunal et maire de sa ville natale. Son testament a fait vivre son nom. Il légua dix-huit cent mille francs de biens-fonds à la commune de Strasbourg, à condition que cette somme fût consacrée au développement de l'art dramatique et musical. Grâce au legs d'Apffel, Strasbourg a pu non seulement couvrir chaque année une grande part du budget de son théâtre, mais encore créer et entretenir son Conservatoire municipal (1).

Hyacinthe Langlois, de Pont-de-l'Arche, au

(i) Rod. Reuss, Vieux noms et ntes nouvelles de Slrasbota^gy pp. £68-281.

district de Louviers, entra dans Tatelier de David, et l'auteur du tableau des Sabines le prit pour modèle de son Roniulus. Il fut, lui aussi, atteint par la conscription^ par cette conscription qu'il a personnifiée dans une vigoureuse allégorie sous les traits d'une ogresse qui dévore la provision de malheureux sans cesse apportée par l'aigle impérial, son pourvoyeur. Sur la recommandation de Joséphine, il obtint son congé et alla vivre d'abord à Pont-de-l'Arche, assez obscurément, puis à Rouen, où il languit misérable, tout en dessinant avec une verve ardente soit des monuments, soit des scènes du moyen-âgô. C'est le seul des élèves de l'École qui nous ait laissé des mémoires sur le camp des Sablons, et son nom clora dignement cette étude qui, sans les souvenirs du spirituel graveur, eût été moins complète.

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