LA METHODE REVOLUTIONNAIRE I
qu'il prononçait le 7 mai 1794 sur les rapports des idées religieuses et morales avec les principes républicains. Derechef il louait Bara : « Jeunes Français, s'écriait-il, entendez-vous l'immortel Bara qui, du sein du Panthéon, vous appelle à la gloire? » Et il révélait à la Convention un héros plus jeune encore et que l'assemblée devait tirer de l'oubli, devait placer, comme Bara, au Panthéon, Agricol Viala : « Respectable enfant, que la patrie s'enorgueillisse de t'avoir donné le jour 1 Avec quel orgueil la Grèce et Rome auraient honoré ta mémoire si elles avaient produit un homme tel que toi ! »
Robespierre fut donc le premier qui, selon le mot d'un contemporain, jeta des fleurs sur la tombe de Bara et de Viala, le premier qui offrit à leurs mânes les regrets dus à leur courage et à leur jeunesse. L'hommage éclatant de Robespierre fît de ces deux enfants l'objet de l'admiration universelle. Ils furent mis sur la scène: Bara, par Brioîs, par Léger, par Lévrier; Viala, par Philipon et Jadin. Dans des stances patriotiques, Andrieux chanta ces « soldats avant l'âge » que les jeunes Français brûlaient d'imiter :