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COMMENTAIRES

Page 53. — Dépicacr.

B] x appelle santé cet état du corps où les fonctions

L'hygiène est l'art de conserver la santé, c'estdcdire d'entretenir l'exercice régulier des fonctions du corps humain. Cet art sublime, quoi qu'en disent et la plaisanterie bavarde et la paradoxale misanthropie, est de tout temps parvenu à son but, et a constamment rempli son objet, quand il & été secondé par la volonté.

L'usage des choses connues sous la dénomination de choses wutwrelles est l'affaire essentielle à diriger, et l'aphorisme les désigne presque toutes : le boire et le manger, l'exercice et le repos, le sommeil et la veille, les excrétions et les rélentions, les Affections de l'âme. ll n'y a que l'air dont il ne fasse point de mention, mais l'Ecole en traitera bientót.

Regardez cet homme qui s'avance la téte levée, la vue errante sur tout, porté sur deux jambes nerveuses, et les bras pendants sur les côtés ou pliés l'un sur la hanche et l'autre sur la poitrine. Avec quelle assurance il marche! quelle agilité dans les mouvements de son corps! quel coloris sur son visage! quel écarlate sur ses lèvres ! quelle vivacité dans ses yeux ! L'épiderme transparent des joues laisse apercevoir cet agréable réseau vasculaire

l'envi la plus heureuse condition de l’intérieur, En effet, avec quelle harmonie le cœur do sang! Quel concert entre les artères qui le distril

RE ducens ste re ESS

ments solides et liquides. La digestion eft assidüment à la plus exacte nutrition ; et les sucs bientôt changés en substance animale, vont

mutuelle, et brüle de se répandre pour les plus doux plaisirs.

Dédicace. 277

Quel trésor es-tu donc, à santé! qu'avec raison on te désire! qu'avec extravagance on t'expose !

Voici un autre portrait de l'homme qui doit vivre longtemps 1.

Sa taille est convenable et bien proportionnée sans être trop grande; il est de grandeur moyenne et un peu gros; son teint n'est pas trop vermeil; trop de couleur dans la jeunesse est rarement un signe de longévité. Ses cheveux sont plutôt blonds que noirs; sa peau est ferme sans être rude; sa tête n'est pas trop grosse; de larges veines sillonnent ses extrémités. Ses épaules sont plutót rondes que plates. Son cou n'est pas trop long et son abdomen pas trop proéminent, Ses mains sont larges et ses doigts pas trop longs, Ses pieds sont plutôt gros que longs, ses cuisses fermes et arrondies. Il a une poitrine grande et bombée, une voix forte; il peut facilement retenir son haleine pendant un temps prolongé.

Tl a de l'harmonie dans toutes ses parties; ses sens sont bons sans étre trop délicats; son pouls est lent et régulier.

Son estomac est excellent, son appétit bon et ses digestions faciles, Les plaisirs de la table sont pour lui de nulle importance; il ne mange pas simplement pour manger, mais chaque repas est pour lui tous les jours une heure de douce gaieté ; il mange lentement, sans être trop altéré, ce qui est toujours un indice de rapide consomption.

Il est loquace, actif, capable de joie, d'amour et d'espérance, mais insensible aux sentiments de haine, de colére et d'avarice. Ses passions ne sont jamais violentes et dangereuses; si jamais il s'adonne à la colère, il en éprouve plutôt une chaleur douce et bienfaisante, une fièvre artificielle et modérée qu'un débordement désordonné de la bile. Il a une grande tendance aux calmes méditations et aux agréables spéculations,

1, New-York medical Journal, traduit par l'Abeille médicale. ÉCOLE. 16

Dédicace. 279

général de conduite. La société asservit trop la nature À cet égard, et prescrire à quelqu'un d'être gai dans la majeure partie des circonstances, c'est recommander de bien marcher à un prisonnier dans les fers.

ll dépend de l'homme, de sa raison et de sa volonté d'être sobre en toutes choses, modéré dans ses désirs, et de fuir les excès de tout genre ; c'est ce qui constitue l'homme fort, l'homme moral, et, à ce point de vue, l'hygiène n'est qu'un traité de sagesse, car la morale, a-t-on dit, est l'hygiène de l'áme!.

Arnauld de Villeneuve fait un tableau effrayant des effets de la colère sur les tempéraments ardents, par suite de la chaleur extréme qu'elle développe dans tout l'organisme. Mais il reconnait, avec Hippocrate et Galien, qu'elle est utile aux natures froides, qu'elle leur fouette le sang et qu'elle les tire de la torpeur.

Franklin disait que la mauvaise humeur était la malpropreté de l'âme. Charron, et après lui Saint-Simon, ont appelé Équanimité cette sérénité heureuse que certaines âmes savent conserver au milieu de circonstances difficiles ou opposées.

Mais il n'est pas toujours au pouvoir de l'homme de chasser « les noirs soucis », « les maux, les chagrins », de se donner « un esprit vif, content ». Le degré d'impressionnabilité aux douleurs morales forme un tempérament particulier, ce que, dans le langage de l'école, on appelle une idiosyncrasie, et cette condition psychique est trés peu modifiable, Souvent, trop souvent, la sécheresse du coeur se cache sous une apparente résignation philosophique ou sous une hypocrite soumission aux décrets de la Providence, L'âme humaine est sensible : c'est là sa force, c'est aussi sa faiblesse, car c'est par cette porte qu'entrent en grand nombre les maladies et les infirmités,

La gaieté est réservée à l'enfance, qui ne réfléchit point, et à cette classe d'hommes qui n'ont pas plus à réfléchir que les enfants,

t. Voyez E. de Feuchtersleben, Hygiène de l'áme. 3e édition. Paris, 1870.

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pour qu'ils se débarrassent de ce qui leur nuit, et se rendent ainsi victimes de l'imperfection de leurs connaissances.

La diéte a ses lois, que la médecine seule connait, peut seule interpréter et appliquer. Elle dépendent des circonstances, des temps, des mœurs et des lieux, aussi bien que de l’âge, du sexe, des constitutions et des climats. Il n'en est qu'une seule générale à laquelle tout le monde peut atteindre et se conformer; elle consiste À ne porter rien à l'excès : ul me quid nimis, rien de trop en tout!

Du reros. — Rien n'est en repos dans la nature; tout se meut, se modifie. Les corps les plus insensibles, les plus stables ne sont point exempts de la loi générale qui anéantit et qui crée. Mais les animaux paraissent surtout étre tout mouvement. La vie et l'action les composent en entier.

Combien de fois n'avons-nous pas vu des personnes opulentes et livrées à la mollesse, qui étaient en proie à des maladies que l'exercice, méme un peu pénible, aurait prévenues et bientôt guéries? Il est une grande vérité difficile à persuader aux individus à qui les dons de la fortune permettent de satisfaire leurs goûts : c'est que l'homme est né pour le travail, et que celui qui me prend point de l'exercice ne doit pas s'attendre à conserver longtemps une santé robuste 1.

Nous avons vu plusieurs de ces individus habituellement malades ou valétudinaires, à cause du repos et de la bonne chère auxquels ils se livraient; nous leur avons conseillé d'acheter un jardin ou un champ, et d'y aller fréquemment arroser, et méme se livrer aux travaux les plus rudes du jardinage, afin d'exciter, d'augmenter les sécrétions et les excrétions, particulièrement celle de la transpiration; nos conseils ont été pour eux vox cla-

1. Voyez A. Donné, Hygiène des gens du monde, »* édition. Paris, 1879, p. 35.

Dédicace. 283

« lesquelles la médecine agissante est préférable à l'expectante, « et celle-ci à l'agissante, et à quels signes le médecin recon- « naítra-t-il qu'il doit agir ou rester dans l'inaction, en attendant «le moment favorable pour placer les remèdes? » question admirable, qui, bien développée, semble pouvoir s'entendre de cette manière : Que faire au lit des malades, à l'aspect des infirmutés humaines? Le médecin tentera-t-il d'enlever les maux, comme un conquérant les villes qu'il attaque, et, dans le dessein de soulager la nature de son fardeau, selon l'expression et le wœu de Van Helmont. entreprendra-t-il tout à force ouverte et S'opinitrera-t-il à donner de l'âme aux médicaments? Si la mature est lente, se chargera-t-il d'en háter les opérations, de les mürir, de-les achever? S'il s'élève quelque symptôme effrayant, 'se mettra-t-il aussitôt en devoir de le dissiper? Enfin, suffira-t.il, du côté de la nature, que la maladie soit bien caractérisée, pour que l'art suffise du sien à la guérison? Ou bien, spectateur patient et attentif, le médecin se bornera-t-il à une sagesse humaine? Convaincu que l'homme est essentiellement borné, faudra-til qu'il se contente d'étudier les mouvements de la mature, sa marche, ses révolutions, ses crises, ses ressources, afin de m'en venir qu'au point de savoir l'aider, quand elle sera insuffisante; de la soutenir, quand il la verra plier; de la contenir et de la régler, quand elle sortira de ses routes salutaires; à savoir ne se tourmenter jamais, pour lui faire opérer autre chose que ce qu'elle peut opérer par elle-même, et rien produire que ce qu'elle produit de son plein gré; en un mot, à savoir n'agir que suivant ses vues et selon ce qu'elle indiquera ?

La première de ces méthodes constitue la médecine agissante, et la seconde la médecine expectante. Elles ont chacune un côté favorable à considérer, sont de mise en certains cas l’une préférablement à l'autre, et partagent les praticiens de nos jours. Mais déterminer en quelles maladies il faut agir, et dans quelles

M il ne faut rien faire, c'est, conformément au précepte de l'École “de Salerne, assigner exactement les cas généraux et les circon-

Air. 285

Comme notre corps est environné d'air, qu'il en est perpétucllement affecté, on a cherché à déterminer ses effets sur lui, tant dans l'état naturel que dans l'état contre nature.

Le premier phénomène qui nous frappe, c'est la respiration; le second, c'est cette immersion dans un milieu, tantót chaud, tantót froid, tantót sec, tantót humide, tantót rare et tantót dense, en un mot dans un fluide doué de toutes les qualités physiques qu'on vient de rapporter.

L'air entre dans notre substance, non seulement par les pores absorbants de la surface extérieure du corps, mais encore par les vaisseaux lactés dans la digestion, et par l'absorption intérieure dans la respiration; il se dégage de la substance des aliments, dans les intestins, méme de nos humeurs naturelles.

D'après ces données, on a déduit les conclusions suivantes des effets de l'air sur nos corps,

L'air procure un rafraichissement au sang, dans la respiration; 3l sert, par la méme opération, de véhicule à une trés grande quantité de vapeurs animales, et complète, ainsi, une excrétion des plus abondantes par sa continuité ; il produit, contre la pres- Sion de l'atmosphére sur nous, une réaction qui entretient entre elle et nos humeurs un équilibre nécessaire à la vie et à la santé; n sortant par les pores exhalants de la surface du corps, il entraîne avec lui beaucoup de parties animales, excrémentitielles, qui auraient nui à l'économie du corps, si elles y eussent séjourné plus longtemps; il est le moyen d'audition dans la cavité des oreilles; celui de la parole et de la voix, dans les sinus frontaux et maxillaires; il est la matière des vents dans la cavité du basventre; il enfle les veines et le tissu cellulaire dans la fausse pléthore; il entre comme principe intégrant et constitutif dans les solides et dans les fluides, dont la machine humaine est composée, et forme ainsi, entre nous et l'air extérieur, une sorte de communication. Enfin, l'air, qu'il soit combiné en nous, ou qu'il agisse à l'extérieur sur nous, est toujours le principe des diverses altérations que nous éprouvons dans les différents climats, aux

Air. 287

me sont pas en notre puissance, en sont la cause. Mais, si l'on veut se fonder une demeure, se bâtir une maison, on est le maître de choisir la campagne préférablement à la ville.

Si cest à la campagne que l'on veut s'établir, il faut alors

faire choix d'un lieu aéré, loin des boues, des fruits vendangés, des eaux croupissantes. L'exposition à l'orient, ou au midi, est préférable à celle du nord ou du couchant; elle est plus salubre, Si c’est à la ville que l'on se propose de passer ses jours, on peut choisir une habitation qui soit petite et située sur les rives d'une eau salutaire, sur une'colline où l'air pur et serein donne appétit, les forces, la paix, la gaicté.

Rien n'est plus malsain que l'air des grandes villes où les habitants, amoncelés les uns sur les autres péle-méle avec toute sorte d'animaux dont les excrétions abondantes et fétides corrompent au plus vite l'air le plus utile, se dépravent eux-mêmes mutuellement et comme à l'envi. Rien n'est plus incommode, plus pénible pour la poitrine, plus fatigant pour l'esprit, qu'un air toujours ébranlé par le bruit des voitures, les cris des pasants. Il faut alors, autant qu'on le peut, se fixer dans un quartier libre et sain, où l'on trouve à peu près les avantages d’une Habitation champétre !.

La pureté de l'air est la première condition de la salubrité d'une contrée; malheureusement et malgré les immenses progrès de la science, cette condition n'est pas toujours appréciable À nos moyens d'investigation, L'analyse de l'air des marais Ponns ne donne pas des résultats différents de l'analyse de l'air des vallées les plus salubres et ce n'est que par les résultats qu'il est possible d'apprécier le degré de salubrité de telle ou telle localité.

1, Voy. Fonssagrives, Hygiène et assainissement des villes.

París, 1874.

Du régime suivant les saisons. 289

vision est fondée sur les divers points que la terre présente au soleil en parcourant l'écliptique.

Chacune de ces saisons a un caractère qui lui est propre, tiré de la modification de la température. Ainsi, l'hiver est froid et humide; le printemps, chaud et humide; été, chaud et sec et l'automne, froid et sec. Les maladies qui se manifestent sont en rapport avec l'état de l'atmosphère ou avec les saisons diverses !.

L'influence de la constitution de l'air et de chaque saison sur la production des diathèses, et sur le traitement des maladies, est une vérité reconnue par tous les praticiens, et qui doit former la base et le principe de leur art, Hippocrate revient sans cesse sur la nécessité de l'étude des constitutions.

Le temps doux relâche les fibres, amollit le corps; la chaleur dilate les pores, gonfle les humeurs, fait languir les fonctions. La transpiration, qui seule augmente alors, n'est pas un bien sans danger.

Les saisons humides nous altérent d'une autre façon : tantôt ce sont des fluxions, des rhumes, des douleurs, et tantót les maladies les plus graves.

Le froid resserre, engourdit, favorise les affections aiguës,

En un mot, les variations du milieu qui nous environne exposent notre vie et notre santé au moins tous les trois mois.

L'ancienne médecine considérait le renouvellement des saisons comme une époque critique pour le corps humain.

Hippocrate observe que, comme dans la succession des périodes des temps de l'année on voit régner tantôt l'hiver, tantôt le printemps, tantôt l'été ou l'automne: de même dans le corps humain on voit prédominer successivement la pituite, Je sang, la bile, l'atrabile.

Les quatre saisons sont les véritables images des quatre áges

1. Voy. Donné, Hygiène des gens du monde, a* édition. Paris, 1879. Hygiène des saisons, p. 23.

290 Commentaires de l'École de Salerne.

de la vie, et il y a.un grand rapport entre l'influence des saisons et celle des Ages sur la production des maladies. En effet, la mucosité prédomine dans l'enfance; le sang, à l’âge de la puberté; la bile, à l’âge viril, qui est l'été de la vie; et l'atrabile et la mucosité, dans la vieillesse, ou l'automne et l'hiver.

Il existe encore des relations intimes entre les saisons, les constitutions, les Ages, les maladies diverses, les révolutions diurnes, les organes et les tempéraments.

Page 58. — PRINTEMPS.

Le printemps, cette riante saison chantée par les poètes, est, aux yeux du médecin, la plus triste, la plus sombre et la plus cruelle des saisons, du moins sous le climat tempéré de l'Europe centrale. C'est le printemps qui fournit le chiffre le plus élevé de malades, c'est le printemps qui paye à la mort le plus large tribut.

Le printemps était considéré dans l'ancienne médecine comme une période de rénovation compléte, et de cette opinion analogique, basée sur lobservation des phénoménes de la nature, si éclatants à cette époque de l'année, on concluait à une révolution semblable dans l'organisme humain. Cette tradition s'est transmise d'âge en âge jusqu'à nous; mais l'observation moderne l'a réduite à un fait météorologique.

C'est aux transitions brusques de température, si communes au printemps, qu'il faut rapporter la fréquence des maladies et surtout des phlegmasies de l'appareil respiratoire qui forment le plus fort contingent des maladies vernales. C'est à la méme cause qu'il faut rapporter la mortalité si considérable des phthisiques au printemps, contrairement 4 l'opinion ancienne qui plagait au commencement de l'automne, à la chute des feuilles, la terminaison fatale de cette terrible maladie.

Été et. Automne. 291

Page $9. — Éré.

Ce que l'École de Salerne dit de l'été, tout le monde l'éprouve : rien n'est plus incommode que la chaleur excessive et la sécheresse.

Les sueurs auxquelles nous sommes exposés épuisent les forces, épaississent le sang, en le dépouillant de sa partie la plus fluide. On se sent pesant, accablé, sans goût, méme pour le plaisir.

Il est utile alors d'user de nourritures légères et rafraichissantes, de boissons acides, de repos. On évite ainsi la déperdition excessive de substance; on pare à l'alcalisation des humeurs, qui deviennent dans cette saison plus susceptibles de corruption. Jeüner, c'est frustrer le corps d'une portion de sa nourriture accoutumée, C'est le soumettre à des pertes sans réparation. Or les pertes peuvent être plus ou moins grandes dans une saison que dans l'autre, et elles sont en effet trés considérables en été : si donc on perd plus et on répare moins en été, le jeüne ajoute encore à la diminution du corps, à l'exténuation et 4 l'épuisement.

L'abstinence des bains chauds et des plaisirs de l'amour est utile aussi : les bains chauds et les pertes vénériennes augmentent trop sensiblement la faiblesse que cause la chaleur de l'atmosphère.

Page 60. — AUTOMNE.

Je ne peux approuver la proscription des fruits de l'automne. A la condition d'avoir été colorés et müris par le soleil, je ne connais rien de plus sain que la poire et le raisin, dont il ne faut jamais faire excès, sans doute, mais qui complètent si agréablement les repas de cette saison, à moins de prédisposition maladive particulière, Une belle grappe de chasselas de Thomery n'a jamais indisposé personne. Quoi de plus suave que ces déli-

292 Commentaires de l'École de Salerne.

cats doyennés, que ces beurrés parfumés : Capiaumont, d'Amanlis, Pickeren, ce dernier surtout, la reine des poires d'automne.

Page 67. — POUR FORTIFIER LE CERVEAU, POUR RÉCRÉER LA VUE ET LES AUTRES ORGANES.

Nous ne saurions approuver la conduite de ceux qui, tous les matins en se levant, plongent leur téte dans l'eau froide.

Un léger exercice au sortir du lit dégourdit les membres, facilite et augmente la transpiration, ainsi que les autres sécrétions et excrétions.

Le conseil de nettoyer les dents et de laver la bouche ne saurait qu'étre bon pour conserver les dents saines et blanches.

La propreté des mains peut éviter un grand nombre d'incommodités, de maladies méme, Dans les classes laborieuses, dans celles surtout qui manient des substances toxiques, le lavage fréquent des, mains est une pratique d'une immense utilité, Depuis que les ablutions des mains avant les repas des ouvriers sont devenues obligatoires dans les fabriques de céruse, la colique de plomb est devenue infiniment plus rare.

L'usage de se laver les mains avant et aprés chaque repas, si général dans l'antiquité et qui s'est conservé parmi nous jusqu'à la fin du dernier siécle, n'apparait plus que comme une tradition effacée dans l'emploi malpropre de ces sortes de gobelets que l'on sert aujourd'hui aux convives après le dessert. Autrefois, c'était dans des aiguiéres d'or et d'argent que les valets répandaient sur les mains des convives de l'eau tiède parfumée.

Pour fortifier le cerveau. 293

Le soin de changer souvent de linge et de tenir toutes les parties du corps propres est encore plus indispensable à la santé. Comme il n'y a pas de partie du corps qui ne transpire abondamment, la sueur, en s'accumulant sur la peau, y produit une certaine crasse qui contracte une odeur désagréable et devient rance et âcre, d’où résultent souvent des exanthèmes prurigineux et difficiles à détruire; mais le plus mauvais effet de l'accumulation de cette crasse, c'est de boucher les pores de la peau et de mettre par là obstacle à la sortie de l'humeur de la transpiration et de la refouler dans l'intérieur, d'où naissent mille maux : éruptions de la peau, fluxious catarrhales, etc.

Les anciens ne portaient pas, ainsi que nous, des chemises ou du linge dont ils pussent changer souvent; et les plus belles dames de la Gréce et de Rome n'avaient que des vétements de laine ou de lin, car on ne connaissait pas alors le chanvre, ni la soie, ni le coton : aussi était-on beaucoup plus sujet à la vermine que de nos jours. Plusieurs philosophes de la Gréce avaient des poux de corps : Phérecyde mourut de la maladie pédiculaire, ainsi que le roi d'Espagne Philippe II. Cependant, dans ces siècles reculés, on suppléait au défaut de linge par les lotions et bains fréquents. C'est dans un but de propreté et de conservation de la santé que les législateurs de l'Orient ont commandé, au nom de la divinité, les ablutions solennelles et réitérées..

Il ne faut point toutefois que les soins de la propreté soient portés à l'excès et aillent jusqu'à la mollesse. Personne n'imitera sans doute la belle Poppéa, femme de l'empereur Néron, qui, pour adoucir et blanchir sa peau, se faisait suivre partout, dans ses voyages, de cinq cents Anesses, destinées à fournir le lait de ses bains, Martial ! a dit :

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