Homère, /liade
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toire : O Nestor, s'écrie Idoménée, monte sur ton char, que Machaon y monte avec toi; dirige tes coursiers vers les vaisseaux ; un homme qui sait, comme lui, retirer le fer d'une plaie, et par d'heureux secrets guérir les blessures, vaut lui seul mille guerriers. »
Aprés qu'Alexandre eut été percé d'une fléche sur les remparts de la ville des Oxidraques, Aristobule, en retirant le fer de la plaie qu'il avait débridée, et en arrétant une hémorrhagie formidable, ne parut pas moins grand que les premiers officiers du roi.
La garnison de Metz, ayant avec elle Ambroise Paré, se regardait comme invincible; ce chirurgien célébre aurait été enveloppé dans le massacre de la Saint-Barthélemy, si Charles IX lui-méme ne l'eüt caché dans sa chambre.
Les noms de Desgenettes, de Percy, de J.-D. Larrey, etc., s'associent glorieusement à ceux des grands capitaines de la République et de l'Empire. En s'inoculant le pus d'un bubon pestilentiel à Jaffa, le premier releva le courage du soldat. Aprés la bataille de Lutzen, J.-D. Larrey sauva l'honneur de nos armes par un mensonge patriotique.
L’hygiène publique ouvre un vaste champ à l'activité et au dévouement du médecin.
La question des quarantaines ! a prouvé une fois de plus avec quel succés la science peut intervenir dans la politique internationale.
Pariset, Foderé, Ramazzini? et Parent Duchâtelet ? consacrérent leur vie à signaler les causes d'insalubrité et à améliorer la condition des malheureux ouvriers.
1. Voyez Prus, Rapport sur la peste et les quarantaines. Paris, 1846.
2. Ramazzini, Z'raité des maladies des artisans et de celles qui résultent des diverses professions, par Ph. Patissier. Paris,
3. Parent Duchatelet, Annales d'hygiène publique et de médecine légale, nombreux mémoires de 1829-1836, passim.
Pratique médicale. ' 583
aux premiers postes de l'État, et, s'ils n'y déployèrent pas le génie des grands politiques, personne du moins ne les surpassa en intelligence et en probité.
La politique fut toujours fatale au médecin.
Un siècle s'est écoulé depuis que Lestocq, médecin d'Elisabeth, parvint, au prix des plus grands périls, à placer cette princesse sur le trône de Russie. D'abord comblé d'honneurs, calomnié ensuite, il fut renfermé dans une forteresse, dont il ne sortit qu’à l'avènement de Pierre III.
Struensée, médecin de Christian VII, devenu son favori, et chargé de l'éducation du prince royal, fut enfin nommé premier ministre en 1771. Son avénement au pouvoir fut signalé par d'utiles réformes; il accomplit une révolution complète dans l'État. Mais bientôt, accusé de conspiration et d'un commerce criminel avec la reine, il fut arrêté, mis en jugement, et eut la tête tranchée, en 1772.
Malheur donc au médecin qui s'expose aux orages de la vie politique, lui dont la mission est d'étancher le sang, de calmer les souffrances et de tarir les pleurs des infortunés! On peut s'intéresser vivement aux destinées de sa patrie, sans se mêler aux passions de la foule et 4 des luttes fratricides. Au milieu des agitations du monde et des partis qui le divisent, attachons-nous À la science, réfugions-nous dans l'étude. C'est dans la retraite, c'est déjà condamné à mort, privé de livres et en proie à tant d'angoisses, que Condorcet composa l'Esquisse des progrès de l'esprit humain, son plus remarquable ouvrage. Le spectacle des guerres civiles semble avoir inspiré à Cicéron ses traités philosophiques De la nature des dieux, Du destin, De la divination, ses Tusculanes enfin, Il sentait que tout lui échappait, la liberté, la gloire, sa douce patrie, et pressentant sa fin prochaine, détournant sa pensée du monde, il projetait son regard vers la tombe et l'infini, qui lui répondaient : immortalité ! L'immortalité! pensée divine qui consolait son àme de l'injustice des triumvirs et lui faisait tendre tranquillement la tête au glaive du licteur.
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Restons médecins, et vouons-nous à la science ; c'est le conseil que nous donnent à la fois la raison, l'expérience et la philosophie, ce guide fidèle de la vie : Vite philosophia dux.
Le nombre toujours croissant des médecins leur a fait perdre, il est vrai, une partie du prestige qui, dans les temps antiques, S'attachait à ces vénérables bienfaiteurs de l'humanité. Mais le praticien modeste, qui vit et meurt obscurément dans un humble village, n'en a pas moins une place utile dans l'ordre social.
Tous les auteurs conviennent que la médecine a une origine mystérieuse et en quelque sorte divine : Apollon, dans Ovide, se proclame l'inventeur de cette science.
Inventum medicine meum est : opiferque per orbem Dicor; et herbarum subjecta potentia nobis.
Suivant Quintilien, les anciens ne pouvaient se figurer que l'art de guérir eût pu être inventé par le génie de l'homme : credebant eam vix bumanis poluisse ingeniis inveniri. Aussi, dit Cicéron !, bomines ad deos nulla re propius accedunt quam salutem. bominibus dando. On lit dans Suétone que César conféra le droit de cité à tous les étrangers qui pratiquaient la médecine à Rome, et dans Pline que la Gréce rendit à Hippocrate les mémes honneurs qu'à Hercule. De grands hommes et des rois mémes s'honoraient de leurs connaissances dans l'art de guérir. Achille aimait la médecine, la poésie et la musique; Mithridate le Grand et Attale III, celui qui légua ses Etats au peuple romain, furent de savants médecins; le pape Jean XXII a laissé plusieurs traités de médecine et entre autres Thesaurus pauperum.
Du reste, la religion reconnait en' termes formels la mission divine de celui qui pratique l'art de guérir.
Rendez, dit l’Ecclésiaste, rendez au médecin l'honneur qui lui est dà, à cause de la nécessité; c'est le Très-Haut qui l'a créé,