SÉMIOTIQUE DE LA SUEUR
L'abondante sueur du malade exhalée
Dénote une matière abondante, troublée,
Fluide, intérieure et filtrant au dehors.
Dont le départ soulage et raffermit le corps.
Petite, la sueur apprend que la matière
Sous autre forme sort par autre barrière ;
Brûlante, la sueur marque un échauffement
Ou quelque mal chronique ; et froide, un mal dormant ;
Intermittente et rare, une douleur intense.
Une humeur allumée en accroît la naissance.
Si rufus, pulcher sit et unda pulchra parumper,
Est talis sanus, non tibi sit dubium.
Si natitant globuli, désignât ulcéra carni. Sanguis purpureus cito lenis, et undique spissus, Indicat hominem tibi marem fore sanum.
SEMIOTICE SUDORIS.
Multam materiam multus sudor notât a^gri, Aut fluidam, sed in hoc naturam fortificatani : Paucus, contrariam, sed hanc alibi vacuatam ; Fervorem, calidus, notât aut morbum diuturnum ; Frigidus in lento ; dubius, parcens in acuto ; Sudor habet magis a calidis humoribus ortum ;
L'humeur âcre produit une acre exhalaison,
Et la crise bientôt, favorable ou non,
Si du corps tout entier la sueur coule, espère ;
Sort-elle uniquement d^un membre, elle est contraire;
De la tête ou du cou, Tindice est alarmant ;
Quand la syncope amène un engourdissement,
Si la sueur alors distille, froide et fade,
Elle entraîne la vie, et c'est fait du malade.
SÉMIOTIQUE DE L'EXCRÉMENT.
L'excrément tour à tour trop fréquent ou trop rare, Le défaut d'habitude est un mal qui prépare De fâcheux résultats : épais, gras et visqueux, Il marque la faiblesse ; il dénote, glaireux, L'échauffement, les vers ; approuvez-le jaunâtre. Ou par le phlegme teint d'une couleur blanchâtre ;
Humores fœtens corruptos sigaat ubique ; Sudor laudatur, crisis quœlibet habeatur : Universalis bonus est, sed particularis, Vel si capite fit, vel collo desuper adsit, Ipse loco morbi malus est, si syncopis adsit. Vitam detexit, si sudor frigidus exit. .
SEMIOTICE STERCORIS.
Si stercus passim nimiura aut magis ratione, Tempore non solito si fit, dépravât utrumque ; Crassum vel pingue, viscosum, membra resolvit ; Venter spumosus lumbricos, caumata signât ;
Sixième partie. — Sémiotique. 201
Mais, si d'un vert noirâtre il paraît à vos yeux, Du trépas imminent c'est le signe odieux.
SÉMIOTIQUE DES VENTS.
Un vent qui sort sans bruit est de meilleur présage Qu'un vent retentissant qui s'échappe avec rage ; S'il n'est pas spontané quand il fuit sa prison, Il marque ou la douleur ou bien la déraison.
SÉMIOTIQUE DU SOMMEIL.
Le sommeil de la nuit est d'excellent présage, De la bonne santé c'est l'ordinaire gage ; Son absence dénote un esprit tourmenté, Ou de vives douleurs un malade agité.
Aux heures de la nuit le sommeil salutaire S'étend même avec fruit quand renaît la lumière ;
Et subcitrinum, laudabile ; phlegma dat album. Si livens, viride, nigrum, de morte figurât.
SEMIOTICE VENTOSITATIS.
Ventulus absque sono figurât melïora sonore ; Pessimus inclusus, nisi claustris sponte fit usus ; Bombus non sponte phrenesim notât atque dolores.
SEMIOTICE SOMNI.
Somnus nocturnus et curtus est bonus usus, Sed nil dormire phrenesim notât atque dolores. Somnus conveniens nocturnis competit horis, Et si raane, valet ; sed nil dormire, fluoris
Mais si, quand on Tinvoque, il s'enfuit, malheureux, Tremble, la mort approche ou quelque mal affreux. Le sommeil, partageant au corps sa nourriture. Rajeunit Pâme, y verse une clarté plus pure, D'une vigueur nouvelle y rallume les feux ; Les membres, assouplis dans un repos heureux, Se raniment ; le corps rasséréné digère, Et, frais retrempé, goûte une paix entière.