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Sanctorii, Loco citato, p

2. Voyez Cornaro, De la Sobriété, traduction nouvelle. Paris,.

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au contraire, que l'usage de boire une petite quantité d'eau fraîche en se levant et au moment même des ablutions matinales; c'est une pratique d'hygiène des plus salutaires.

Mais l'habitude si générale, parmi les classes laborieuses, de boire à jeun de l'eau-de-vie ou quelque liqueur fermentée, est déplorable. Et cependant l'origine de ce funeste usage semble remonter à quelque précepte d'hygiène mal interprété et dont la tradition est encore vivace dans le peuple, qui croit ainsi tuer h ver. Il tue son estomac. Rien de plus meurtrier pour ce viscère que de l'irriter, dans l'état de vacuité, par l'ingestion de liqueurs excitantes. La plupart des maladies organiques de l'estomac prennent leur origine dans cet usage de boire le petit verre ou le vin blanc le matin. Plusieurs médecins pensent que la fréquence des cancers de l'estomac va en augmentant ; il est certain que dans les hôpitaux, quand se présentent ces terribles affections, presque toujours les sujets qui en sont atteints confessent cette funeste habitude matinale ' . Par des raisons de poHce fort sages, on force les débitants de boissons à fermer leurs boutiques à une certaine heure de la nuit. Par des motifs d'hygiène très sérieux, on pourrait les forcer à ne les ouvrir qu'à une certaine heure du matin.

Page 79. — Ordre du dîner.

Dans l'état de santé, il est, selon l'Ecole de Salerne, indifférent de marcher ou de s'asseoir après le dîner. Cependant il vaut mieux faire alors un léger exercice que de rester dans un repos qui ne manque guère d'appeler le sommeil.

I. Voy. Bergeret, De l'abus des boissons alcooliques, dangers et inconvénients pour les individus, la famille et la société. Paris, 1870.

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Page 79. — Règles générales pour tous les repas.

Il n'appartient qu'à un médecin instruit de donner de bons conseils au sujet des aliments : sur leur qualité, leur quantité, le lieu, les heures, le moment où vous devez en user; et l'on conçoit d'abord que le médecin devra prendre en considération une foule de circonstances et d'objets essentiels, qui se rattachent à l'individu, comme l'âge, le tempérament, le sexe, le lieu qu'on habite, la saison de l'année, les heures du jour, l'état du sujet, ses occupations, son moral, ses habitudes surtout, etc. 1.

La même quantité d'aliments , tant solides que liquides , les mêmes mets ne sauraient convenir également à tous :

Il faut qu'un enfant mange beaucoup , un adulte raisonnablement, un vieillard peu et souvent, une femme moins qu'un homme. Un robuste habitant des champs digère, sans peine, ce qui donnerait d'horribles indigestions à un enfant, à un bourgeois, à un citadin délicat ^.

Un enfant doit faire trois ou quatre repas ou plus par jour ; deux suffisent à l'homme adulte, à moins qu'il ne se lève de grand matin, qu'il ne se livre à des travaux pénibles et qu'il ne fasse une grande dépense de force musculaire. On conçoit qu'alors il aura besoin de prendre plus souvent de la nourriture ; tandis que celui qui mène une vie molle, sédentaire, reçoit toujours une alimentation trop considérable, soit relativement à la quantité ou à la qualité trop nourrissante des aliments.

Les hommes d'affaires et les riches citadins ne doivent pas se borner à un repas par jour. Un seul repas dans les vingt heures, ne peut qu'être très nuisible. Deux repas médiocres, mêlés en proportions déterminées d'aliments de nature animale

1. Fonssagrives, Hygiène alimentaire des malades, des convalescents et des valétudinaires, 2° édition, Paris, 1867.

2. Voyez Donné, Hygiène des Gens du Monde, 2" édition. Paris, 1879, P- 389, Hygiène de l'estomac.

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et végétale, sont au moins nécessaires à l'homme qui prend le moins d'exercice.

J'ai cependant connu un confrère, approchant de la soixantaine, qui se portait admirablement bien, exempt de toute infirmité, ni gras ni maigre, mais de cette complexion moyenne qui se rapproche le plus de cet état naturel des animaux vivant en liberté ; depuis l'âge de 20 ans, il ne faisait qu'un seul repas par jour, mais abondant, substantiel et véritablement réconfortant.

On raconte qu'un médecin ayant demandé au Père Gratry quel régime il observait, cet austère religieux lui répondit : « Je ne fais qu'un repas par jour. » — « Gardez-vous, répliqua le médecin, de rendre votre secret public ! Vous nous enlèveriez tous nos malades. »

« Lequel vaut mieux de dîner ou de souper ? » demandait quelqu'un à Mormon. — « Ni l'un ni l'autre, car il ne faut faire qu'un repas, mais qui dure tout le long du jour. »

C'est ainsi que l'empereur Geta passa trois jours consécutifs à table, en se faisant servir une série de mets dont les noms commençaient par chacune des lettres de l'alphabet. L'empire romain n'eut peut-être jamais été troublé, si tous les Césars eussent employé le temps à des occupations aussi innocentes.

(Quelqu'un ayant dit à Montmaur que les médecins grecs soutenaient qu'il fallait dîner légèrement, mais manger davantage à souper, et que les Arabes au contraire croyaient qu'il fallait faire un léger souper, mais un bon dîner : « Eh bien, dit Montmaur, je dînerai avec les Arabes et je souperai avec les Grecs. »

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On a dit, avec raison, que l'habitude est une seconde nature. En effet, l'habitude est, après la nature, le pouvoir le plus grand et le plus durable de tous, chez l'espèce humaine. La santé et la maladie sont soumises à son empire ; tout grand changement dans le régime alimentaire est dangereux. Des aliments peu salutaires conviennent mieux lorsqu'on y est habitué que d'autres plus sains dont on n'a pas l'habitude. Ainsi , lorsqu'on est obligé de faire quelques changements considérables dans le régime, il ne faut le faire que peu à peu, et à la longue; autrement on doit craindre des résultats fâcheux.

Quant à ceux qui n'ont point encore contracté d'habitudes, nous leur dirons avec Celse ' :

« Un homme robuste qui se porte bien et qui est son maître ne doit point s'assujettir à aucun régime. Il n'a nullement besoin de médecin. Il doit mener un genre de vie fort varié : il faut qu'il soit tantôt à la campagne, tantôt à la ville, et plus souvent à la campagne. Qu'il navigue, qu'il chasse, qu'il se repose quelquefois, mais qu'il s'exerce souvent ; car le repos appesantit le corps, le travail le fortifie : l'un hâte la vieillesse, l'autre prolonge la jeunesse. Qu'il ne se prive d'aucun aliment dont le peuple fait usage ; qu'il se trouve quelquefois dans les festins, que d'autres fols il les évite ; qu'il mange tantôt plus qu'il ne faut, tantôt qu'il ne prenne juste que le nécessaire. Qu'il mange plutôt deux fois par jour qu'une. Cette manière de vivre et de s'exercer est autant salutaire qu'une conduite contraire serait dangereuse, car, si quelques affaires obligent d'interrompre l'ordre des exercices et des autres choses auxquelles on s'est accoutumé, le corps s'en trouve mal. »

Les habitudes des anciens , touchant le manger, se rapportent à ce qui se pratique aujourd'hui, avec cette différence que l'on déjeûne à peu près aux heures que l'on dînait autrefois, et que l'on dîne quand nos ancêtres soupaient ; une fois que nous avons

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