‹ L'école de village pendant la RévolutionChapitre 14 sur 50 · LES DOLÉANCES D UN INSTITUTEUR · texte numérisé non relu

LES DOLÉANCES D UN INSTITUTEUR

La municipalité de Rouvre, réunie au conseil général de la commune, avait pris une délibération du 1er prairial dernier pour réclamer le ci-devant presbytère pour en faire une maison commune et servant à loger l'instituteur; cette délibération vous ayant été présentée, vous avezrépondu que lacommune avait un instituteur, le ci-devant presbytère devait servir à son logement et à celui des enfants qui devaient fréquenter son école. On en est resté là; j'avais, dès mon entrée à Rouvre, loué une maison que j'ai occuppée jusqu'au terme du loyer expiré. Cependant la municipalité, toujours insouciante à mon égard et qui a logé un particulier dans cette ci-devant cure, sans en tirer aucun loyer, ne s'est pas inquiétée si j'étais logé ou non.

Pendant ce silence affecté de la part des officiers municipaux, j'ai été et je suis encor obligé d'aller en pension et de cesser mon instruction, faute d'emplacement pour y faire mon école.

Vous savez, citoyens, que les instituteurs ne doivent enseigner à leurs élèves d'autres principes et d'autres maximes que ceux de la morale républicaine ; ce que je faisois ; vous saurez pareillement que depuis la cessation de mon école qui devait être la seule, puisque j'étais le seul qui en eut ouvert une dans la commune, conformément aux loix, la municipalité, qui en avait la surveillance, a souffert que des particuliers ouvrissent des écoles soit disant catholiques, et des officiers municipaux y envoient leurs enfans.

Je demande l'avis de l'administration sur ces objets-" 11 pluviôse, 3e année républicaine.

maisons d'école en 1796.

Extraits du Rapport du commissaire du directoire exécutif du canton de Créney en date du 4 messidor an iv.

Créney. L'école appartenait à la ci-devant fabrique. Elle a 40 pieds de long sur 26 de large ; deux chambres basses à feu. Elle est construite en bois et couverte en paille.

Pont-Sainte-Marie. L'école a 28 pieds sur 26. Au rezde-chaussée se trouve une grande chambre de 22 sur 15. Un appentis sert d'école de filles. Au premier étage, chambre h feu et cabinet. Jardin de six cordes.

Cette maison est occupée depuis quarante ans par le même instituteur.

Sainte- Maure. Le ci-devant presbytère est Vendu. La maison d'école, appartenant ci-devant à la fabrique, a deux chambres à feu ; celle qui servait d'école a 17 pieds sur 17. Elle ne peut tenir que 40 enfants au lieu de 80. Il y a une écurie, mais il n'y a ni cour, ni jardin.

Vailly. Maison en bois et paille. Dimension : 40 pieds sur 22. Deux chambres à feu. Vinée et bûcher.

Luyères. Maison en bois et paille, à la ci-devant fabrique. 33 pieds sur 27. Deux chambres à feu. Bergerie et jardin. La maison est occupée parle berger. L'instituteur est au presbytère.

MAISONS d'école EN 1796. 211

Mesnil-Sellières. Pas de presbytère. Ecole en bois, couverte en tuiles. 40 pieds sur 20. Quatre chambres à feu. Jardin de 34 cordes. La maison est en très bon état.

Assencières. Un presbytère. Pas de maison d'école.

Ecoles du canton de Marigny.

Le canton de Marigny est moins bien partagé en maisons d'école que celui de Gréney ; il n'en a que trois, situées l'une à Marigny, l'autre au Petit-Dierrey, la troisième à Fontaine-les-Grès.

A Marigny, elle se compose de deux chambres à feu de 16 pieds carrés chacune, solivées, planchées [sic] et carrelées, éclairées par quatre croisées qui n'ont point de barreaux.

Elle contient un four qui tombe en ruines ; une écurie de 12 pieds sur 16; un grenier de longueur, planché, en bon état; un jardin d'environ 4 cordes, fermé de murs sur trois faces et non clos sur la rue.

Les portes externes et les croisées sont en briques, la maison est couverte en tuiles...

A Dierrey-Saint-Pierre, deux chambres carrelées, à fou, de -18 pieds carrés, éclairée, la première, par une croisée au midi ; la seconde par deux.

Grenier de longueur; écurie de 15 pieds sur 10; cour au midi, de 3 cordes de longueur sur 1 corde et demie de large, dans laquelle est un puits ; jardin de 3 cordes 12 pieds de longueur sur 2 cordes 8 pieds de large.

A Fontaine-les-Grès : une chambre terrée, de 16 p. sur 12, avec une petite croisée ; une écurie de 16 p. sur 9; une cour de 3 cordes ; un jardin de 2 cordes 6 pieds. Tous les bâtiments sont couverts en chaume ; les bois n'en sont pas bons, et les murs sont très mauvais. Les réparations nécessaires sont évaluées à 200 francs.

On fait remarquer que cette maison a été achetée par les habitants depuis la révolution, pour servir de maison commune et qu'ils désirent la vendre pour se décharger d'une rente annuelle, dont ils sont grevés.

Dans les six autres communes du canton, il n'y avait qu'un presbytère et pas de maisons d'école. Ces presbytères ont d'ordinaire une ou deux chambres à feu, un cabinet et une cuisine, cour, jardin et dépendances, selon l'importance des dîmes.

Voici sur un autre point du département, à Moussey, une maison d'école qui contient aussi :

« 1° Une chambre à cheminée portant 15 pieds carrés.

2° Une autre chambre à cheminée dans laquelle est un four, avec alcôve et cabinet ayant ensemble 22 pieds sur 15.

3° Un appentis de 37 pieds sur 8.

4° 9 cordes de jardin.

Le tout couvert en tuiles.» (Excepté, sans doute, le jardin.)

En supprimant le cabinet et l'alcôve, dit le commissaire cantonal, cette école serait commode et belle. On pourrait pratiquer une vinée et deux cabinets dans

maisons d'école en 1796. 213

l'appentis de derrière, à peu de frais. Il n'y a que des réparations locatives.

Cette maison a toujours été habitée par les maîtres d'école et Test encore.

Le presbytère, dont l'importance est au-dessus de la moyenne, est occupé par l'ancien curé.

(Archives de l'Aube, L. 1475 et 1571.)

Nous ferons remarquer, à l'occasion des ventes des maisons d'école qui eurent lieu à partir de 1793, que ces ventes ont eu pour causes, non-seulement l'affectation des presbytères aux écoles, mais aussi la réduction du nombre des écoles en 1795. Plus tard, lorsque les presbytères furent rendus au clergé, lorsque chaque commune recouvra son école, il fallut racheter les maisons d'école bien plus cher qu'on ne les avait vendues.

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