‹ L'école de village pendant la RévolutionChapitre 18 sur 50 · EN · texte numérisé non relu

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Le 19 messidor an VI (7 juillet 1798), le commissaire du directoire exécutif près l'administration centrale de l'Aube envoya une circulaire à tous les commissaires du directoire près les administrations cantonales de son département. Ce commissaire se nommait Bosc; il était frère d'un naturaliste distingué; aussitôt installé dans ses fonctions, il voulut se rendre compte de la situation morale et matérielle des différents cantons. Il se rappelait que le ministre de l'intérieur avait dit qu'un commissaire du directoire exécutif doit être en quelque sorte une glace pure et fidèle où le gouvernement doit voir se réfléchir les événements tels qu'ils sont. En conséquence, Bosc appela l'attention de ses collaborateurs sur seize objets différents : 1° esprit public; 2° instruction publique ; 3° sûreté des personnes et des propriétés ; 4° circulation des subsistances ; 5° police rurale ; 6° cultes; 7° hospices et établissements de bienfaisance ; 8° épidémies ; 9° prisons ; 10° contributions; 11° grandes routes ; 12° chemins vicinaux ; 13° agriculture ; 14° forêts nationales ; 15° industrie ; 16° force armée. La liasse L. 1480 des archives de l'Aube contient une grande partie des réponses, qui furent faites à cette circulaire ; la publication de ces réponses constituerait un tableau aussi complet qu'authentique de l'état

du département en 1798 ; nous n'avons en ce moment à nous occuper que de la partie qui a trait à l'instruction publique.

Voici dans quels termes Bosc s'adressait aux commissaires cantonaux. « C'est par l'éducation, disaitil, que les gouvernements forment les citoyens, fécondent le génie et perfectionnent les talens... Chez un peuple libre, les fonctions d'instituteurs de la jeunesse sont les plus nobles des fonctions civiles ; ce sont les magistrats de la morale publique. Faisons en sorte que la génération qui s'élève... soit digne de ses hautes destinées. Affranchissons-la des préjugés de l'ignorance qui la rendraient barbare et des erreurs de la superstition qui l'aviliraient. Les hommes étant meilleurs, le gouvernement sera plus respecté : pénétrez-vous bien de la loi du 3 brumaire an IV, vous y verrez qu'elle proscrit sévèrement l'enseignementd'aucun culte religieux ; je vous invite en conséquence à me rendre un compte exact des talens et de la moralité des instituteurs de la jeunesse, des principes qu'ils professent et de la moralité de la jeunesse. »

A cette demande les réponses suivantes furent adressées par la majorité des cantons ; il est inutile de faire ressortir d'avance l'importance et l'intérêt de ces témoignages officiels :

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