‹ L'école de village pendant la RévolutionChapitre 28 sur 50 · Ghaource, (26 thermidor an vi · texte numérisé non relu

Ghaource, (26 thermidor an vi

1° Dans les communes de Lajesse, les Granges et la Loge il n'y a point d'instituteurs nommés par l'administration centrale ; mais trois prêtres y ont rempli pendant l'hiver les fonctions d'instituteur, car depuis le mois de ventôse il n'y a plus d'instruction dans ces communes, et lors de la réception du bulletin des lois n° 181 dans lequel se trouve l'arrêté du 17 pluviôse concernant la surveillance des écoles particulières, etc., les écoles des communes de campagne commençaient à ne plus être fréquentées, de sorte qu'il était inutile d'y faire des visites, et je n'ai par conséquent pu m'instruire si les élèves y faisaient des progrès et si les principes qu'on y enseignait n'étaient point contraires aux loix. Cependant je me persuade que l'ancienne méthode d'enseigner y était pratiquée par rapport aux premiers principes de la religion catholique ; car il n'est pas naturel de penser que les prêtres n'eussent pas fait ce que faisaient d'anciens maîtres d'école.

2° Dans les communes de Pargues, Praslin et les

RAPPORTS SUR L INSTRUCTION PRIMAIRE. 22o

Maisons, d'anciens maîtres d'école y ont exercé jusqu'au mois de ventôse dernier les fonctions d'instituteurs. Ces trois anciens maîtres ne jouissent pas d'une réputation recommandable de patriotisme ; ce sont eux qui, à défaut de prêtres, chantent des matines et des vêpres dans l'église les ci- devant jours de dimanche et fêtes ; ceux de Pargues et des Maisons, avant la rentrée des prêtres réfractaires de ces communes, occupaient les maisons presbytérales comme instituteurs, et à l'arrivée de ces prêtres ils les ont cédées. D'où je conclus que l'éducation de la jeunesse doit être mal placée entre leurs mains.

3° Il y avait dans la commune des Loges-Marguerons un instituteur nommé par le département ; cet instituteur est décédé il y quelques mois.

4° Dans la commune de Metz-Robert à cause de son peu de population et de sa proximité de Ghaource, il n'y a jamais eu d'instituteur.

5° Il y a à Ghaource trois écoles publiques, deux de filles et une de garçons. L'instituteur est nommé par le département : sa femme tient une école de filles ; une institutrice qui n'a pas été nommée par le département, parce qu'elle n'a pas été examinée parle nouveau jury, mais seulement par l'ancien et nommée sur son attestation par l'autorité alors compétente.

Les écoles se tiennent en tout temps à Chaource, dans lesquelles, en vertu de l'arrêté du directoire exécutif, des visites ont été faites en présence (de).

L'instituteur et l'institutrice sont en état d'enseigner. L'instituteur enseigne les principes républicains tels que la déclaration des droits, la constitution, etc.

Aussi, cet enseignement lui a valu la désertion d'une partie de ses écoliers qui ont été reçus dans l'école de Tépouse de l'instituteur, où les mêmes principes n'ont pas été enseignés. J'ai néanmoins remarqué que l'instituteur enseignait les éléments de la morale et que quelques-uns de ses écoliers s'instruisaient dans cette partie de l'éducation ; mais j'ai vu avec surprise que tout ce qui s'enseignait ci-devant dans les écoles, tels que premiers principes de religion, etc., se faisait dans son école. Je n'ai pas cru devoir user de sévérité, crainte d'exciter quelque mouvemens, et je me suis contenté d'avoir une conversation particulière avec cet instituteur, auquel j'ai remis sous les yeux les principes qui doivent le guider dans l'enseignement. Il m'observa que s'il était obligé de les suivre,' il craignait de voir déserter son école; je lui fis entendre que cette crainte était chimérique, puisque dans toutes les écoles primaires le même enseignement devait y être observé, que d'un autre côté l'instruction étant nécessaire, en prenant de sages précautions pour faire disparaître les abus, on y parviendrait sans secousse sans que les pères et mères le trouvassent mauvais. Depuis cette explication, quelques réformes se sont opérées sans difficultés. Ce qui me fait présumer que pour peu que Ton veuille donner ses soins, il sera possible de faire disparaître des écoles les abus que l'ignorance et la superstition y avait introduits..,

il, Chesley, (6 fructidor an vi),

L'éducation est la même que dans l'ancien régime. Ce sont des maîtres d'école très ignoràntissimes qui

sont instituteurs. Par conséquent la génération qui s'élève sera ignare et superstitieuse. C'est un malheur que Ton éviterait en salariant ces magistrats do la morale publique.

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