‹ L'école des belles-mères: comédieChapitre 2 sur 21 · FIFINE.ANDRÉ · texte numérisé non relu

FIFINE.ANDRÉ

André entre par la porte^ en bras de chemise^tenant sajaquetté à la main. Il ne voit pas Fifine qui met son chapeau.

ANDRÉ. ,

C'est trop fort! (ll appuie avec force à plusieurs reprise» sur uii bouton ôlectrique* il va à la porte du fond et l'ouvro ex

criant.) Léonlinc î Léonlinc î

FIFINE est arrivée sur la pointe des pieds jusqu'auprès de son mari qui se l'a pas cncoro vuC) elle cria également;

Léontino! Léonlinc!

Elle éclate da rire et descend en scène» î - ANDRÉ.

Ah I lu es là ! Et la bonne ?

FIFINE

Léontine ?

f-/:-: '■"-•-: r. ^' • : A^DRÉ-. •' .• - -

Oui, ma jaquette n'est pas brossée.

FIFINE

Tu vas voir des malades, ce matin, monsieur le dtîcteart — --

ANDRÉ

Tu sais bien que je n'en ai pas. Depuis un mois que j'ai passé mon dernier examen... Mais je sonne depuis une heure.

FIFIKE.

Et personne ne répond?

Non!

FIFINE

Ça ne m'étonne pas I

ANDRÉ

Pourquoi?

FIFINE

Parce qu'il n'y a personne.

EHe rit.

ANDRÉ

Tu ne seras jamais sérieuse.

FIFINE

Si, quand j'aurai vingt ans.

• ANDRÉ

Mais moi, j'en ai vingt-cinq et jie...,

FIFINE.- • • '

Mon pauvre André... Faut te brosser toi-même comme pendant notre voyage de noces à Paris.

,JP^T-^1

Xf'ÉGOLJE; DES BBLLE^-MÊREg 7

Je n'ai pas trouvé la brosse.

FIFINE

Ail ! attends t (sue lui prend la jaquette des mains et 1a secoue un peu.) Là ! .

ANDRÉ^ mettant sa jaquette.

Et Léontine ?

FIFINE

Elle est sortie pour chercher une place.

ANDRÉ

Une place I On l'a donc mise à la porte?

FIFINE

Oui 1

ANDRÉ

Qui?

FIFINE

Maman, parbleu !

ANDRÉ

Pourquoi?

FIFINE

Je ne sais pas... Qu'est-ce que ça peut te faire?

ANDRÉ

Et l'autre ?

L'autre, elle est allée faire une course.

ANDRÉ

Où ça ?

FIFINE, riant.

En voilà, des questions l Est-ce que je sais. — C'est maman qui l'a envoyée. Tu es fâché ? ^

ié^ >

h t'£GOLK DES BELLES-MÈRES

Non!

FIFINE

Faisez une risette 1

AKDRÉ^ riant.

Embrasse-moi.

FIFINE

Encore?.. N'abîme pas mon chapeau, (ii l'embrasse.) Là !... C'est assez... Gomment le trouves-tu, ipon chapeau?

ANDRÉ

Très gentil.

Tu dis ça ; tu ne l'as pas regardé. *

ANDRÉ

Mais si... Tu sors?

FIFINE

Tu vois.

ANDRÉ

N'oublie pas de passer chez le tapissier.

FIFINE

Maman y est allée.

ANDRÉ

Qu'est-ce qu'il a répondu ?

FIFINE

Elle te le dira.

ANDRÉ

Où vas-tu ?

FIFINE

Je vais avec maman.

ANDRÉ

Quoi faire ?

FIFINE

Ah ! voilà !... Acheter un chien !

ANDRÉ

Un chien?

FIFINE

Oui ! Oh ! il est si petit, (jue tu ne t'apercevras pas de sa présence. C'est un amour, gros comme ça, avec des petites oreilles, des yeux noirs... tu ver* ras. Il ressemble à ma tante. Tu sais, ma vieille tante. Je le ferai jou.er. Nous jouerons tous les deux. Tu lui apprendras à faire le beau. (Elle saute do joie.) Ce qu'on va s'amuser. .

ANDRÉ^ riant.

Et combien, cet amour ?

FIFINE

Cher !... mais c'est comme en tout quand on veut avoir du beau, ij faut y mettre le prix.

ANDRÉ

Combien encore ?

FIFINE

Cent cinquante francs.

ANDRÉ

Tu es folle, ma petite Eifine... Voyons, réfléchis... Tu ne l'auras pas huit jours, que tu en seras lasse...

Tu crois?

ANDRÉ

^ * Certainement. Et puis... je né sais pas -bien com-

"Wn

^0 ViCOLt DES BELLES-MÈRES

ment te dire cela.... il faut un peu surveiller nos dépenses.

FIFINE, sans mauvaise humeur.

C'est bon ! Je ne rachèterai pas... Es-tu content?..*

ANDRÉ

Ouil

FIFINE

Au revoir I Au revoir \ •

Elle sort en courant.

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