‹ L'école des belles-mères: comédieChapitre 6 sur 21 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LÊONTINE, ANDRÉ, puis FIFINE.

Bntro Fiâoe avec un petit chien soub le brai. FIFINE.

Je n'ai pas été longtemps...

ANDRÉ

Qu'est'-ce qiîe c'est ique ça?

Est-il gentil, hein? N'est-ce pas qu'il ressemble à ma tante? (a son chien.) Faisez une risette à son père. [a son mari.) Embrasse-le... Approche-toi, il va t'eçi-

brasser... approche-toi donc... (André après résistance, se fait embrasser par le chien. Il s'essuie la figure.) Oh ( tu

n'as pas besoin de t'essuyer comm,e ça. Il n'y a rien de plus sain que la langue d'un chien, (au chien.) Il est messant, §on papa ? Oh I n'amour ! qu'il était zoli zoli, le petit sien sien, à sa mémére... *'

Elle l'embrasse.

• '■ " ANDRÉ

" Je croyais que tu ne devais pas l'acheter.

FIFINE

Je ne l'ai pas acheté, j'ai dite maman que j'en avais envie. Elle m'en a fait cadeau. Regarder, Léontine, s'il est joli, et son petit nez, et ses petites noreilles... Vous allez faire du feu dans la petito chambre et l'installer dans la niche qu'on a apportée... Et puis, il faut lui faire de la soupe, allez cher-

I cher des os, en bas,., et de l'eau,, n'oubliez pas* de j l'eau et un bout de sucre. Allez I (Elle lui donne lecWen. ■ — A son mari.) Non, mais regarde. André, regard^, il veut que tu lui dises bonsoir. On dirait qu'il co'mj prend que tu n'en voulais pas... Pauvre tite bête!.., LBonsoir, mon trésor chéri.

Elle lui envoie un baiser. — Ll^ontine sort, ANDRÉ^ sans m.aairai8e humeur.

Heureux chien!

FIFINE, riant et lui montrant le doigt.

Oh! Je sais pourquoi tu dis « heureux chien ». Assiedg^oi là... Tiens, tu es un bon mari... J'avaia. très peur d'être grondée... mais, c'est maman qui m'a forcée à le prendre. Tu es gentil de ne rien me dire.

Voilà pour ta peine. (Elle l'embrasse. Aiidré'Yeut la retenir.) Non! c'est assez, chut! Soyez sage!

ANDRÉ

Méchante!

FIFINE'

Vas-tu quelque part, tantôt?

ANDRÉ

Je devais aller à une répétition de Topera nouveau,, au théâtre des Arts, je n'irai probablement pas.

FIFINE

Oh I si, vas-y.

•; ANDRÉ

Tu y tiens? •

FtFlNE.

Oui... -«t emmène-moi! " ^ ,..>.-

ANDRÉ

Ma chère enfant^ c'est impossible.

FIFINE

Pourquoi?

ANDRÉ

Ce n'est pas convenable... Il faut passer par les cou. lisses... il faut... Ënfin^ ce n'est pas ta place.

FIFINE

Tu dis tout le temps ça... Et lorsque tu te décides à me prendre avec toi, tu es bien content après... Tes amis le disent bien, qu'on peut conduire sa femme à une foule d'endroits, où tu ne veux pas que j'aille.

ANDRÉ

Oui, mais aucun n'y emmène la sienne. Allons! tu resteras là I tu t'occuperas.

FIFINE

Je resterai là... je resterai là... pas ici toujours. En bas! chez maman.

ANDRÉ

Pourquoi... C'est ici... chez nous, ce n'est pas en bas.

FIFINE

Oh! oui, mais ici, je m'ennuie, toute seule je ne sais pas où sont les cho.ses... Tandis que chez maman, j'ai toutes mes petites affaires à leur place, toutes mes commodités... Enfm, je m'y plais mieux... Mais tu serais si gentil de m'emmener I Si tu savais comme ça m'amuse, de sortir. Je voudrais être toujours dehors^

ANDRÉ

Ce n'est pas possible. ^^

FIFINE

Tant pis !

ANDRÉ

Tu vas comprendre... Il faut t'habituer à rester davantage chez toi^ prendre plus à cœur^ ton rôle de maîtresse de maison.

FIFINE

Puisque maman est là.

AXDRÉ.

Mais nous ne resterons pas éternellement chez tes parents.

FIFINE

Pourquoi pas?

ANDBÉ.

Mais... un jour viendra où j'aurai des clients../ alors...

FIFINE^ s'^chappant.

hh\ Voilà maman!... Voilà maman!

Elle va au dovant de sa mère qui entre.

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