‹ L'école des femmesChapitre 25 sur 44 · ALAIN, ARNOLPHE, GEORGETTE · texte numérisé non relu

ALAIN, ARNOLPHE, GEORGETTE

ALAIN, Monsieur.

ARNOLPHE

Approchez-vous, vous êtes mes fidèles, Mes bons, mes vrais amis, et j'en sais des nouvelles. ALAIN. | Le notaire.

ARNOLPHE

Laissons, c’est pour quelque autre jour.

On veut à mon honneur jouer d’un mauvais tour; Et quel affront pour vous, mes enfans, pourrait-ce être, Si l’on avait ôté l'honneur à votre maître !

COMÉDIE. % Vous n'oseriez, après, paraître en nul endroit ; Et chacun, vous voyant, vous montrerait au doigt. Donc, puisqu'attant quemmoi l'affaire vous regarde, Il faut, de votre part, faire uné telle garde, Que ce galant ne puisse en aucune façon...

GEORGETTE

Vous nous avez tantôt montré notre leçon.

© ARNOLPHE

Mais à ses beaux discours gardez bien de vous rendre. ALAIN. |

Oh vraiment !

GEORGETTE

Nous savons comme il faut s’en défendre.

ARNOLPHE

S'il venait doucement : Alain, mon pauvre cœur, : Par un peu de secours soulage ma langueur.

ALAIN

Vous êtes un sot.

ARNOLPHÉ.

(à Georgette.) Bon. Georgette, ma mignonne, Tu me paraïs si douce , et si bonne personne... GEORGETTE.

Vous êtes un nigaud.

(à Alain.)

Bon. Quel mal trouves-tu Dans un dessein honnête et rempli de vertu ?

ALAIN

Vous êtes un fripon. à ARNOLPIE.

(à Georgette.) Fort bien. Ma mort est sûre Si tu ne prends pitié des peines que j'endure. : ; GEORGETTE.

Vous êtes un benèt , un impudent.

“ARNOLPHE

Fort bien.' (à Alain.) l Je ne suis pas un homme à vouloir rien pour rien;

Ba L'ÉCOLE DES FEMMES,

Je sais, quand on me sert, en garder la mémoire : Cependant par avance, Alain, voilà pour boire ; Et voilà pour t'avoir, Georgette, un cotillon.

(ils tendent tous deux la main , et prennent l'argent.) Ce n’est de mes bienfaits qu’un simple échantillon. Toute la courtoisie enfin dont je vous presse ;' C’est que je puisse voir votre belle maîtresse.

GEORGETTE, le poussant.

A d’autres.

Bon cela.

ALAIN, le poussant,

Hors d'ici.

ARNOLPHE

Bon.

GEORGET®FE, le poussant:

Mais tôt. Ra ARNOLPHE.

Bon. Holà ! c’est assez.

GEORGETTE

Fais-je pas comme il faut?

ALAIN

Ésco de la façon que vous voulez l’entendre ? ARNOLPHE.

Oui, fort bien, hors l’argent qu’il ne fallait pas prendre. GEORGETTE. | Nous ne nous sommes pas souvenus de ce point. ALAIN.

Voulez-vous qu’à l'instant nous recommencions ?

ARNOLPHE

Point :

Suffit. Rentrez tous deux.

ALAIN

Vous n’avez rien qu à dire.

ARNOLPHE

Non, vous dis-je, rentrez, puisque je le désire. Je vous laisse l’argent. Allez. Je vous rejoins. Ayez bien l'œil à tout, et secondez mes soins.

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