ALAIN, ARNOLPHE, GEORGETTE
ARNOLPHE
Mes amis, c’est ici que j'implore votre aide. Je suis édifié de votre affection :
Mais il faut qu’elle éclate en cette occasion : Et, si vous m'y servez selon ma confiance,
‘COMÉDIE. 59
Vous êtes assurés de votre récompense.
‘homme que vous savez, n’en faites point de bruit,
eut, comme je l'ai su, m'attraper cette nuit,
aus la chambre d’Agnès entrer par escalade ;
ais 1] lui faut, nous trois, dresser une embuscade.
€ veux que vous preniez-chacun un bon bâton, Et, quand il sera près du dernier échelon, Car dans le temps qu’il faut j'ouvrirai la fenêtre, Que tous deux à l’envi vous me chargiez ce traître , Mais d’un air dont son dos garde le souvenir, Et qui lui puisse apprendre à n’y plus revenir; Sans me nommer pourtant en aucune manière, Ni faire aucun semblant que je serai dérrière. Aurez-vous bien l'esprit de servir mon courroux ?
ALAIN
S'il ne tient qu’à frapper, monsieur, tout est à nous; Vous verrez, quand je bats, si jy vais de main morte. GEORGETTE.
La mienne, quoiqu’aux' yeux elle semble moins forte, N'en quitte pas.sa part à le bien étriller.
ARNOLPHE
Rentrez donc, et surtout gardez de babiller.