‹ L'école des femmesChapitre 41 sur 44 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

ENRIQUE, CHRYSALDE, ORONTE, ARNOLPHE , AGNÈS, ALAIN, GEORGETTE, HORACE.

SI Qt

(Alain amène Agnès, en la tenant par les deux mains. )

ARNOLPIHE , à Agnès.

Venez, belle, venez, u’on ne saurait tenir, et qui vous mutinez.

Voici votre galant, à qui, pour récompense, Vous pouvez faire une humble et douce révérence. (à Horace.)

Adieu. L'événement trompe un peu vos souhaits;

Mais tous les amoureux ne sont pas satisfaits. AGNÈS.

Me laïssez-vous, Horace, emmener de la sorte ? HORACE,

Je ne sais où j'en suis, tant ma douleur est forte !

Allons, causeuse , allons.

Je veux rester ici. (1) (elle court se réfugier près d'Horace.) ORONTE.

Dites-nous ce que c’est que ce mystère-ci.

Nous nous regardons tous sans le pouvoir comprendre. HE. HMRNOLPHE, ee Avec plus de loisir je pourrai vous l’apprendre. Jusqu'au revoir. MGR ORONTE.

Où donc prétendez-vous aller ?

Vous ne nous parlez point comme il nous faut parler. ARNOLPHE.

Je vous ai conseillé, malgré tout son murmure, D'achever l’hyménée. : | ORONTE.

Oui : mais pour le conclure, Si l’on vous a dit tout, ne vous a-t-on pas dit Que vous avez chez vous celle dont il s’agit, La fille qu’autrefois de l’aimable Angélique Sous des liens secrets eut le seigneur Enrique ? Sur quoi votre discours était-il donc fondé?

CHRYSALDE.

Je m’étonnais aussi de voir son procédé.

ARNOLPHE

Quoi?

CHRYSALDE.

D'un hymen secret ma sœur eut unefille, :

Dont on cacha le sort à toute la famille.

ORONTE

Et qui, sous de feints noms, pour ne rien découvrir, Par son époux aux champs fut donnée à nourrir. Et, dans ce temps, le sort, lui déclarant la guerre, L'obligea de sortir de sa natale terre.

ORONTE

Et d'aller essuyer mille périls divers Dans ces lieux séparés de nous par tant de mérs,

à (1) Enrique, Chrysalde, Arnolphe, Oronte, Alain, Georgette, Horace,

gnés.

COMÉDIE. : 77 CHRYSALDE.

Où ses soins ont gagné ce que dans sa patrie . vaient pu lui ravir l’imposture et l'envie.

| ORONTE. | Et, de retour en France, il a cherché d’abord, Celle à qui de sa fille il confia le sort.

à = CHRYSALDE.

Et cette paysanne a dit avec franchise, u’en vos mains à quatre ans elle l'avait remise. ORONTE.

“ Et qu’elle l'avait fait harité , Étquelle ait sur votre charité, Par un accablement d’extrème pauvreté.

© CHRYSALDE * Et lui, plein de transport et d’allégresse en Tâme, À fait jusqu’en ces lieux conduire cette femme. - ORONTE.

ne vous allez enfin la voir venir ici, our rendre aux yeux de tous ce mystère éclairci. Ë CHRYSALDE, à Arnolphe.

Je devine à peu près quel est votre supplice : Mais le sort en cela ne vous est que propice. Si n'être point cocu vous semble un si grand bien, Ne vous point marier en est le vrai moyen.

ARNOLPHE, s’en allant tout transporté, et ne pouvant parler.

Ouf !

(Alain et Georgette suivent Arnolphe.) . = | « SCENE XIV et dernière.

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