‹ L'école des journalistesChapitre 21 sur 55 · MARTEL, CHARLES · texte numérisé non relu

MARTEL, CHARLES

CHARLES

Monsieur, la copie.

MARTEL

Ah! malédiction! déjà! me voilà bien!

CHARLES

Avez-vous quelque chose à donner?

MARTEL

Je n'ai rien.

CHARLES

Monsieur, les ouvriers attendent.

Qu'ils attendent.

CHARLES

J'arrive du bureau, ces messieurs vous demandent Le feuilleton des arts.

MARTEL

Eli bien ! va le chercher.

Griffaut...

CHARLES

H est malade et vient de se coucher.

On ne peut pas le voir, et sa mère le garde.

MARTEL

Quoi, pas de feuilleton !

SCEXE XL

MARTEL, CORNÉLIE, un manuscrit à la main; CHARLES.

CORNÉLIE

r.on, ceci me regarde.

Un feuilleton, Edouard ? raoi.j'ai ce qu'il vous faut, Et cet article-là vaut tous ceux de Griffaut.

Ah! tu viens me sauver. Ouelle excellente idée! Voyons ce manuscrit?

CORXÉLIE , à part.

Je vais être grondée.

A Charles.

Tiens, petit.

MARTEL

Non, donnez, donnez donc.

CORNÉLIE

Le voilà.

MARTEL, parcourant le manuscrit.

Je ne veux point du tout qu'on imprime cela. Pour madame Guilbert le tour serait infâme.

CORNÉLIE

Vous avez toujours dit du mal de cette femme; Je ne sais d'où vous vient cette prompte amitié.

MARTEL

Mais sa fille est un ange.

CORXÉLIE.

Eh bien !

MARTEL

J'en ai pitié.

Ce serait la frapper, elle aime tant sa mère!

CORNÉLIE , avec affectation.

Madame de Dercourt vous est-elle si chère ? Jevous trouve,vraiment, très-sensible aujourd'hui,

MARTEL, déjà ébranlé.

D'ailleurs, monsieur Guilbert...

CORNÉLIE

Gênez-vous donc pour lui !

■Se vous souvient-il plus de ses grosses injures A propos de vos goûts et de vos mœurs impures, Et ne trouvez-vous pas qu'il ait bien mérité Qu'on l'épargne à son tour dans sa moralité ? Son indignation était trop pathétique.

CHARLES

3Ionsieur ne donne pas l'article politique?

CORNÉLIE, reprenant le manuscrit.

Donnez ce feuilleton...

MARTEL

Laissez-moi le revoir...

CORNÉLIE

Vous le corrigerez aux épreuves ce soir.

Elle donne l'article h Cliarles , qui sort. Des marchands envahissent le théâtre.

MARTEL

Maintenant laissez-moi travailler, je vous prie.

CORNÉLIE, à part.

Malgré sa volonté, malgré sa brusquerie. Quand il est en retard j'en fais ce que je veux.

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SCÈIVE XIL

MARTEL, CORNÉLIE; UN POÈTE tenant un gros livre; UN EDITEUR portant plusieurs volumes; UN ABONNÉ, UN NÉGOCIATEUR DE MARIAGES; MARCHANDS de toute espèce:

l'un porte un parasol, l'autre un fusil, l'autre un fourneau, l'autre un chapeau; plusieurs marchandes de modes portent des cartons ; BAPTISTE.

UN MARCHAND de cosméHques, à Cornélie.

Madame, c'est une eau pour teindre les cheveux.

LE POÈTE, à Martel.

C'est vous, monsieur Martel, le fameux journaliste?

CORNÉLIE, voyant toute cette foule.

Que de monde, grand Dieu!

MARTEL

D'où sortent-ils?

CORNÉLIE et VIARTEL.

Baptiste!

CORNÉLIE, à Baptiste.

Qu'est-ce que ces gens-là?

BAPTISTE

Ce sont... des inconnus.

CORNÉLIE

Le sot, je le sais bien.

-MARTEL

Par où sont-ils venus?

BAPTISTE

Par la porte, monsieur. Ce gamin veut ma perte, 11 a laissé la-bas la porte toute ouverte.

LE POÈTE, à Martel, en lui offrant un livre. Monsieur Martel, ce livre est un petit recueil De vers badins , daignez y jeter un coup d'œil. UN LIBRAIRE-ÉDITEUR, offrant quatre volumes Daignez lire, monsieur, ce traité de morale.

UN PHARMACIEN, offrant une boîte.

Daignez goûter, monsieur, ma pâte pectorale.

MARTEL, impatienté.

Les annonces, messieurs, ne me regardent point.

MAGASIN THÉÂTRAL

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