SCE^E PREMIERE
GLILBERT, EDGAR.
EDGAR
Eh bien ! monsieur Guilbert, vous faites des journaux?
GuiLBERT, avec humeur.
Tout le monde aujourd'hui m'accueille par ces EDGAR. mots!
Ah! c'est qu'ils ont acquis dans cette circonstance, Ici, pour tout le monde, une grande importance. L'article d'aujourd'hui produit un tel effet!...
GUILBERT
ParJ>leu, vous savez bien que je ne l'ai pas fait. Je ne me suis jamais donné les airs d'écrire.
EDGAR
Vous ne l'avez pas fait, mais vous l'avez dt lire ; On ne croira jamais qu'un article pareil, Contre le maréchal président du conseil. N'ait pas été dicté, soufflé par votre gendre.
GUILBERT
Mais mon gendre est ministre...
11 a beau ^'en défendre,
On affirme partout que l'article est de lui. On dit qu'à ce journal il donne son appui. Qu'il veut dans le conseil susciter une guerre Pour former à lui seul un nouveau ministère. Ceci doit amener un fâcheux résultat.
GUILBERT
Quel supplice d'avoir un gendre homme d'état ! On ne peut pas tenir une affaire secrète ; On ne peut dire un mol sans qu on ne l'interprète. On trouve a cliaque pas quelques pièges nouveaux.
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SCEKE II,
Les MÊMES , M""" GUILBERT.
Elle est en grande parure et coiffée d'un turban.
M™^ GtnLBERT.
Comment! monsieur Guilbert, vous faites des GUILBERT. journaux!
Ah! voilà maintenant ma femme qui me gronde! Aujourd'hui je serai grondé par tout le monde , C'est mon sort, et je sens que je lai mérité.
M"« GLTLBERT.
Pourquoi faire un journal?
f.UlLBERT.
Quelle fatalité!
M'"<" GtlLBEUT.
Dans quel but, s'il vous plaît?
&rrLBERT.
Vous i;jnorez, ma chère.
Qu'un journal peut servir beaucoup dans mainte
a Ha ire.
H""^ GLILBEllT.
Soit, mais pour profiter d'un semblable moyen, On dit aux rédacteurs...
GLILBERT.
Vous les connaissez bien !
Cfe sont des indiscrets, des fous que rien n'arrête. Ils ont l'air de comprendre, et ne font qu'à leur tête. Répondant, sans égard pour le plus maltraité, Qu'ils doivent avant tout dire la vérité. Mais, grâce au ciel ! je suis sorti de leur galère.
M™*^ GVILBERT.
Oui, mais vous sortirez aussi du ministère, Si vous ne vous hâtez de réparer le mal Que nous fait, malgré vous, ce malheureux journal. Totre gendre demain ne sera plus ministre.
GLILBERT.
Courage, on peut encore éloigner ce sinistre. Ses collègues, ma chère...
M"* GUILBERT
Ah! dites ses rivaux!