MAGASIN TH
Ah! sans doute, etjcsouiîie en pensant que des fous Griffonnant en riant auprès lIo leurs maîtresses Entre deux bols de punch,nièineentredeu\ ivresses, Peuvent avec un mot absurde, irréfléchi. Perdre un homme d'état dans les travaux blanchi.
Regardant l'IucliarJ, qui reste immobile. Qu'en dites-vous, monsieur? votre sang-froid m'é- PLUCHAUD. [tonne.
Je suis si malheureux, que je ne plains personne. Je le crois comme vous, ce journal est mauvais; 31ais cela m'est égal, je ne le lis jamais.
CL'ILBEUT.
Ah! c'est charmant, monsieur; vous en lisez un
[autre?
PLUCHARD.
Est-ce que j'ai le temps?
GUILBERT
Mais cependant, le vôtre?
PLUCHARD,
Le lire est un ennui que je peux m'épargner. C'est déjà bien assez, vraiment, de le signer.
GUILBERT
Quoi ! pas un numéro ?
PLUCHARD.
Pas une seule ligne ; Et la preuve, monsieur, c'est... c'est que je le signe. Leur article d'hier, il est incriminé.
Il me faudra subir, si je suis condamné, Frais, amende et prison. Ah! pour moi c'est très-
[grave.
On dit notre prison froide comme une cave. Les maux de dents, monsieur, sont mon infirmité; Ce que je crains le plus, moi, c'est l'humidité. Vali'iitine se met à rire, madame Guilbert la gronde.
GUILBERT, salisfait.
Ma foi !
PLUCHARD.
J'avancerai les fonds de leur amende; Mais je n'espère pas du tout qu'on me les rende. Non, je connais, monsieur, ce monde intelligent : Ils on tbeaucoupd'esprit, mais ils n'ont pas d'argent. Force dettes ! que moi je suis chargé d'éteindre. Ah! loin de m'accuser,nionsieur,il faut me plaindre. J'ai d'aimables amis qui me font bien souffrir.
GUILBERT
Vosmalheursnesauraientaujourd'huim'attendrir. Dans tout cela je perds une très-t'orte somme,
PLUCHARD. [homme!
Et moi donc! moi, j'y perds un oncle, le pauvre L'n riche fabricant... Ils l'ont si mal traité Qu'il en est furieux, et m'a déshérité.
GUILBERT
Ils me forcent d'aller, bégayant une excuse, Porter chez un ministre une mine confuse. J'ai manqué de tomber dans un abîme affreux,
PLUCHARD.
Et moi donc, j'ai manqué de me battre pour eux! Je leur donne un dîner dont ils font une orgie.
EATRAL.
Ils changent un salon tout neuf en tabagie!
GUILBERT
Ils me causent à moi les plus grands embarras,
PLUCHARD,
Ils m'ont gâté,monsîeur,tout un meuble cnlampas,
GUILBERT
Mon gendre est indigné.
PLUCHARD,
Ma femme est furieuse!
VALENTIXE, éclatant de rire.
Le plaisant désespoir!
M™'= GUILBERT
Mais tais-toi donc, rieuse.
GUILBERT
J'ai peur du président,
PLUCHARD,
J'ai peur du tribunal.
GUILBERT
Ah! le maudit journal!
PLUCHARD.
Ah! le maudit journal!
EDGAR
Je le vois, les journaux nuisent à tout le monde: A celui qui les lit!
GUILBERT
A celui qui les fonde!
PLUCHARD,
A celui qui les signe!
EDGAR
Oui, c'est un vilain jeu.
L'homme le plus adroit se brûle avec le feu,
M™^ GUILBERT
JMais il est tard : venez, monsieur Guilbert, de grâce, J'ai hâte de savoir au moins ce qui se passe. Partons vite.
VALEXTiXE, courant après ,}I™« Guilbert.
Et mon bal? nous irons, je le veux.
Mais, ma mère, pourquoi cacher vos beaux cheveux? Pourquoi mettre aujourd'hui cette lourde coiffure?
M"^ GUILBERT
Enfant, il s'agit bien vraiment de ma parure, Quand ta position est près de s'écrouler! Mais toi, fais-toi très-belle.
VALEXTIXE,
Oui, pour dissimuler, M"e GUILBERT, revenant sur ses pas.
A Edgar.
Vous m'avez annoncé pour ce soir la visite D'un de vos vieux amis, homme d'un grand mérite-
EDGAR
Le célèbre Morin,
M'ne GUILBERT.
J'aurais voulu le voir; Mais Valentine est libre et va le recevoir.
Elle sort, Valeutinc court l'embrasser.
EDGAR, les regardant.
Quelle charmante mère et quelle aimable fille! 11 me tarde déjà d'être de la famille. Qu'une telle union doit avoir de douceur!